Norma Varden
- Casting
Détails
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| Filmographie | 3 films |
Biographie
Norma Varden est une actrice britannique, née le 20 janvier 1898 à Londres et décédée le 19 janvier 1989 à Santa Barbara, en Californie, à la veille de son 91e anniversaire.
Formée à la scène et à la musique dans l'Angleterre édouardienne, elle s’est imposée dans le cinéma américain comme une figure récurrente de la dame bien mise, un brin snob ou excentrique, incarnant à la perfection l’aristocrate compassée, la voisine indignée, ou encore la chaperonne rigide. Toujours en retrait mais jamais insignifiante, Norma Varden fait partie de ces second rôles d’exception qui donnent toute leur saveur aux scènes où ils apparaissent. Une actrice à l’élégance flegmatique, qui n’a pas besoin de prendre la lumière pour exister, elle l’attire sans effort.
Une formation classique avant Hollywood
Avant d’embrasser le métier d’actrice, Norma Varden est formée comme pianiste professionnelle au Conservatoire de Paris, un fait peu connu qui témoigne d’une sensibilité artistique précoce et polyvalente. Mais elle bifurque finalement vers le théâtre et se forme à la Royal Academy of Dramatic Art (RADA) à Londres, avant de commencer sa carrière sur scène dans les années 1920.
Elle joue dans le théâtre de répertoire britannique, avant de débuter au cinéma muet. Sa diction parfaite, sa prestance naturelle et son sens du comique raffiné la destinent rapidement à des rôles de composition bien précis. Et quand le cinéma parlant arrive, elle est prête : l’accent britannique devient son passeport pour toute une série de personnages stéréotypés, mais jamais stériles.
Hollywood adopte la lady
Dans les années 1930, Norma Varden s’installe aux États-Unis, et trouve très vite sa place dans le système des studios. Elle devient l’une de ces actrices de caractère qu’on appelle dès qu’il faut une femme de la haute société un peu dépassée par les événements, une duchesse pince-sans-rire, une propriétaire tatillonne, ou encore une gouvernante sarcastique.
Elle apparaît dans une impressionnante série de classiques hollywoodiens, parfois pour une scène, parfois un peu plus, mais toujours avec un sens du détail comique ou dramatique qui capte l’attention.
Parmi ses rôles les plus marquants :
Dans The Sound of Music (La Mélodie du bonheur, 1965), elle joue la baronne Ebberfeld, l’une des invitées guindées de la réception donnée par les von Trapp.
Dans Witness for the Prosecution (1957) de Billy Wilder, elle campe Janet MacKenzie, la gouvernante au témoignage décisif, et à la mauvaise humeur redoutable.
Et dans Strangers on a Train (1951) d’Alfred Hitchcock, elle incarne la mère du personnage de Bruno, avec ce mélange savoureux de naïveté et de verve british qui donne au film une touche de légèreté inquiétante.
Une comédienne de l’équilibre subtil
Ce qui fait la force de Norma Varden, c’est sa capacité à donner du relief à des rôles parfois très courts. Elle entre dans une scène, dit deux lignes, lève un sourcil… et tout est dit. Elle apporte de l’ironie dans le drame, du sérieux dans la farce, et surtout, elle ne caricature jamais totalement, même lorsqu’elle joue des personnages volontairement ridicules.
Ses personnages peuvent être snobs, étouffants, prétentieux, mais il y a toujours un soupçon d’humanité ou de dérision dans son regard. Elle ne se prend jamais tout à fait au sérieux, et c’est ce recul qui rend ses rôles si savoureux.
Télévision, théâtre, et une élégante sortie de scène
À partir des années 1950, Norma Varden apparaît également dans de nombreuses séries télévisées, à l’époque où la télévision devient un nouvel eldorado pour les seconds rôles de prestige. On la voit dans Perry Mason, I Love Lucy, Bewitched (Ma sorcière bien-aimée), ou encore Batman, où elle continue à incarner ces personnages "plus âgés que leur âge", avec toujours autant de brio.
Elle se retire discrètement du métier à la fin des années 1960, après une carrière de plus de 40 ans, et s’éteint paisiblement en 1989, la veille de son 91e anniversaire.
L’art du second rôle, porté à la perfection
Norma Varden, c’est l’exemple même de cette élite discrète d’acteurs et d’actrices dont le nom n’apparaît pas toujours en haut de l’affiche, mais sans qui la mécanique des films classiques ne fonctionnerait pas aussi bien. Elle a traversé les genres, comédie, drame, polar, musical, avec une constance, une classe, et une justesse de ton rares.
Elle appartient à cette tradition du cinéma où chaque rôle, aussi petit soit-il, compte, et où l’élégance de l’interprétation passe avant la vedette. Ce sont ces actrices qui font vivre un monde, qui peuplent l’arrière-plan… tout en attirant l’œil sans forcer.
Norma Varden n’a peut-être jamais eu de rôle principal, mais elle a eu le rôle de toujours bien faire, et ça, au cinéma, c’est inoubliable.