Nonzee Nimibutr
- Réalisation
- Montage
- Production
- Écriture
Détails
| Autre nom | นนทรีย์ นิมิบุตร |
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| Âge |
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Nationalité |
| Filmographie | 4 films |
Biographie
Nonzee Nimibutr est né le 18 décembre 1962 en Thaïlande, dans un pays dont il est aujourd’hui l’un des cinéastes les plus influents. Réalisateur, scénariste et producteur, il est considéré comme l’une des figures majeures du renouveau du cinéma thaïlandais à la fin des années 1990.
À travers une œuvre éclectique, souvent traversée par des thèmes sociaux, historiques ou fantastiques, Nonzee Nimibutr a réussi à conjuguer ancrage culturel et ambition formelle, tout en participant à l’émergence d’une nouvelle génération de cinéastes thaïlandais. Son style, visuellement audacieux et thématiquement riche, le distingue dès ses premiers films. Il incarne un cinéma à la fois populaire et ambitieux, souvent ancré dans le patrimoine national mais toujours ouvert à l’expérimentation narrative.
Des débuts flamboyants qui marquent un tournant
C’est en 1997 que Nonzee Nimibutr signe un premier long-métrage qui frappe fort : Dang Bireley’s and Young Gangsters. Avec ce film de gangsters inspiré de faits réels, situé dans le Bangkok des années 1950, il revisite le genre avec un regard stylisé et nerveux. La mise en scène est soignée, les références assumées, et le ton résolument moderne. Le succès critique et commercial est immédiat. On parle déjà d’un renouveau pour le cinéma local.
Ce n’est pourtant qu’un début. En 1999, il réalise Nang Nak, un film d’horreur basé sur une légende populaire thaïlandaise. Contrairement aux clichés habituels du genre, Nonzee Nimibutr livre une œuvre esthétique, sensible, et d’une grande poésie visuelle. Le film rencontre un immense succès en Thaïlande et s’exporte dans plusieurs festivals. Il devient, en quelque sorte, un film manifeste du potentiel narratif et artistique du cinéma thaïlandais contemporain.
L’audace de Jan Dara : érotisme et mémoire familiale
En 2001, Nonzee Nimibutr change de registre et réalise Jan Dara, une adaptation d’un roman érotique bien connu en Thaïlande. Ce film, sensuel, oppressant, d’une grande maîtrise visuelle, explore les dynamiques familiales, la sexualité et le pouvoir à travers l’histoire d’un jeune homme élevé dans un environnement marqué par le désir, l’interdit et la domination.
Le projet est risqué dans un pays où la censure reste présente, mais Nonzee Nimibutr assume son ambition artistique. Jan Dara provoque le débat, fascine autant qu’il divise, mais renforce son statut de cinéaste qui n’hésite pas à bousculer les conventions.
Il poursuivra même cette démarche plus tard avec Jan Dara: The Finale, adaptation complémentaire tournée par un autre réalisateur, dont Nonzee Nimibutr reste l’initiateur à travers sa structure de production.
De l’intime au spectaculaire : diversité et constance
Au fil des années 2000, Nonzee Nimibutr explore d’autres genres, d’autres formats. Il réalise OK Baytong (2003), drame social centré sur la cohabitation entre bouddhistes et musulmans dans le sud du pays. Le film est plus modeste dans sa forme, mais riche en portée symbolique, dans un contexte politique local parfois tendu. Encore une fois, il mêle finesse narrative et regard critique sans jamais sombrer dans la lourdeur.
En 2008, il revient au spectaculaire avec Queens of Langkasuka, fresque historique et fantastique dans laquelle il mêle combats maritimes, politique, sorcellerie et effets spéciaux. Plus ambitieux que jamais, Nonzee Nimibutr tente ici un cinéma à grand déploiement visuel, sans renier ses racines narratives. L’accueil est plus mitigé, mais l’ambition du projet témoigne de sa volonté de porter le cinéma thaïlandais vers des territoires rarement explorés à cette échelle.
Un producteur au service d’un cinéma national fort
Au-delà de ses propres réalisations, Nonzee Nimibutr joue un rôle essentiel dans la production de films d’autres auteurs. Il soutient des projets comme Bang Rajan (film historique à succès), Tears of the Black Tiger (western baroque et stylisé signé Wisit Sasanatieng), ou encore Monrak Transistor (fable sociale de Pen-Ek Ratanaruang). Autant de films qui font aujourd’hui partie de la cinémathèque idéale du cinéma thaïlandais contemporain.
Sa maison de production, Cinemasia, devient un acteur important du secteur, offrant aux cinéastes émergents un espace de création souvent difficile à trouver dans une industrie dominée par la télévision et les comédies commerciales.
Une figure centrale mais volontairement à l’écart du système
Malgré son influence, Nonzee Nimibutr reste une figure plutôt discrète dans les médias. Peu présent dans les campagnes promotionnelles, rarement dans la lumière en dehors des festivals, il semble préférer le travail de fond à la mise en avant personnelle. Il n’en reste pas moins une figure respectée, souvent mentionnée comme l’un des architectes du retour en grâce du cinéma thaïlandais à l’international.
Son cinéma, bien que parfois inégal, témoigne d’une volonté constante d’ouvrir de nouveaux chemins, que ce soit dans la narration, la forme, ou les thèmes abordés. Loin de se contenter d’un style figé ou d’un genre unique, il privilégie la prise de risque, la construction d’univers forts, et le dialogue entre tradition et modernité.
Nonzee Nimibutr, c’est donc une colonne vertébrale du cinéma thaïlandais contemporain, un cinéaste qui a permis à son pays de regagner une place sur la carte du cinéma mondial, sans jamais renier son héritage culturel. Un artisan, un visionnaire mesuré, et un passeur de récits.
Filmographie
4 sur 4 films