Nicolas Winding Refn

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Détails

Âge
Nationalité
Famille
Filmographie 7 films
Récompenses 2 nominations et 1 victoire

Biographie

Nicolas Winding Refn, né le 29 septembre 1970 à Copenhague, au Danemark, est un réalisateur, scénariste et producteur danois, connu pour son esthétique visuelle tranchée, son goût pour les personnages mutiques et son obsession pour la violence stylisée.

Avec son nom souvent abrégé en NWR, il s’est taillé une place à part dans le cinéma d’auteur contemporain, quelque part entre le film de genre et l’expérimentation artistique.

Fils du réalisateur danois Anders Refn et de la photographe Vibeke Winding, Nicolas Winding Refn baigne dès l’enfance dans un environnement artistique. Il quitte cependant très tôt les sentiers classiques, préférant suivre ses instincts que les règles du métier. Et dans son cas, les instincts ne manquent ni de couleurs ni de contrastes.

Des débuts fulgurants avec Pusher : le réalisme nerveux des rues de Copenhague

Le premier long métrage de Nicolas Winding Refn, Pusher, sort en 1996. Tourné à petit budget, ce film sombre et brut sur le milieu criminel de Copenhague devient rapidement un classique du cinéma danois. Il révèle au passage Mads Mikkelsen, qui deviendra un collaborateur régulier et une star internationale.

Avec Pusher, puis ses deux suites (Pusher II et Pusher III), Nicolas Winding Refn met en place plusieurs éléments caractéristiques de son style : des récits centrés sur des marginaux, une tension sourde, une violence réaliste mais toujours filmée avec une précision presque clinique. Ce triptyque lui ouvre les portes du cinéma international, tout en gardant une patte très européenne.

Drive : la consécration esthétique et mondiale

C’est en 2011, avec Drive, que Nicolas Winding Refn atteint une reconnaissance mondiale. Porté par Ryan Gosling et une bande-son rétro synthétique désormais culte, le film mélange le polar, la romance silencieuse et l’hommage assumé aux années 1980. La mise en scène y est millimétrée, chaque plan composant une sorte de tableau clignotant entre violence et beauté glaciale.

Drive décroche le prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 2011. Le film devient une référence visuelle dans la pop culture, et propulse Nicolas Winding Refn dans la catégorie des cinéastes qui ne laissent personne indifférent. Il y a ceux qui adorent, et ceux qui décrochent rapidement — ce qui, pour lui, est sans doute un compliment.

Des choix radicaux, des films toujours plus sensoriels

Après Drive, Nicolas Winding Refn poursuit dans une veine de plus en plus stylisée, presque abstraite. Only God Forgives, toujours avec Ryan Gosling, divise profondément le public avec son esthétique ultra léchée, son rythme lent et ses dialogues quasi inexistants. Même chose pour The Neon Demon, plongée vénéneuse dans l’univers de la mode à Los Angeles, où l’horreur côtoie le glamour le plus glacial.

Dans ces films, l’image prend souvent le pas sur la narration classique. Les couleurs sont saturées, les cadres précis, les dialogues rares. Chez Nicolas Winding Refn, le silence est une forme d’expression aussi importante que la parole. Et la violence — brutale, frontale, parfois choquante — est rarement gratuite, mais toujours chorégraphiée avec soin. Certains y voient de la prétention, d’autres de la poésie.

Séries et plateformes : l’univers Refn se prolonge à la télévision

Avec Too Old to Die Young (2019), série produite par Amazon Prime Video, Nicolas Winding Refn poursuit son exploration de la noirceur et de la lenteur contemplative. Les épisodes, parfois très longs, suivent des personnages évoluant dans un monde de corruption, de violence ritualisée et de rédemption impossible. Une fois encore, l’image y est reine, et la narration volontairement déroutante.

Plus récemment, il est revenu au Danemark avec Copenhagen Cowboy, une mini-série diffusée sur Netflix. On y retrouve l’esthétique familière de Nicolas Winding Refn : teintes bleues, personnages énigmatiques, violence latente, et une ambiance qui oscille entre le rêve, le cauchemar et la bande dessinée. Toujours aussi clivant, toujours aussi personnel.

Un cinéaste qui préfère l’icône au réalisme

Nicolas Winding Refn n’a jamais caché son admiration pour les films de genre, les westerns, les polars japonais ou les thrillers italiens. Ses personnages sont souvent réduits à des archétypes : le héros silencieux, le méchant charismatique, la femme fatale… Mais ces figures sont traitées comme des icônes, presque religieusement, et non comme des individus ordinaires.

Il se revendique volontiers comme un "fétichiste de l’image", et assume un cinéma qui privilégie l’expérience sensorielle à la logique narrative. Ses films se vivent autant qu’ils se regardent, et ne cherchent pas à tout expliquer. C’est ce qui les rend fascinants pour certains, hermétiques pour d’autres.

En dehors du cinéma, Nicolas Winding Refn s’intéresse aussi à la conservation du patrimoine cinématographique. Il a lancé byNWR, une plateforme en ligne qui propose des films rares ou oubliés, restaurés avec soin, souvent accompagnés de contenus éditoriaux. Une manière pour lui de rendre hommage au cinéma qui l’inspire, tout en continuant à bousculer les formes établies.

Filmographie

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