Nastassja Kinski
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Détails
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| Filmographie | 6 films |
Biographie
Nastassja Kinski, née le 24 janvier 1961 à Berlin-Ouest (Allemagne), est une actrice germano-américaine au parcours aussi singulier que marquant. Fille du très controversé acteur Klaus Kinski, elle a très tôt baigné dans un univers artistique complexe, où se mêlaient talent, tension et provocation. Pourtant, malgré cet héritage pesant, Nastassja Kinski s’est forgé une identité propre, à la croisée du cinéma d’auteur européen et des productions hollywoodiennes. Sa beauté singulière, son jeu souvent silencieux et chargé de mystère, ainsi que ses choix de carrière parfois déroutants, en ont fait une figure atypique du grand écran.
Premiers pas d’une enfant du cinéma allemand
Le parcours de Nastassja Kinski débute dès l’adolescence, dans un contexte familial et culturel loin d’être simple. Elle grandit dans une atmosphère instable, marquée par l’ombre écrasante de son père, dont elle s’éloignera très tôt, tant sur le plan personnel qu’artistique. À 13 ans, elle décroche son premier rôle au cinéma dans La mauvaise fréquentation de Wim Wenders, avec qui elle nouera un lien artistique fort.
Son apparition dans L’Hôtel de l’amour (1975), puis surtout dans Tess (1979) de Roman Polanski, où elle incarne le rôle-titre avec une maturité bluffante malgré ses 17 ans, la propulse sur la scène internationale. Le film, adaptation du roman de Thomas Hardy, lui vaut un Golden Globe de la révélation féminine et installe durablement Nastassja Kinski comme une actrice à part, aussi magnétique qu’énigmatique.
Un visage emblématique du cinéma des années 80
Les années 1980 sont sans doute la période la plus emblématique de la carrière de Nastassja Kinski. Elle enchaîne alors les rôles marquants dans des films qui oscillent entre sensualité, étrangeté et intensité émotionnelle. Dans La Féline (Cat People, 1982) de Paul Schrader, elle incarne une femme mystérieuse liée à une lignée mythique, dans un film où l’érotisme et le surnaturel s’entremêlent.
Cette décennie voit également sa collaboration répétée avec Wim Wenders, notamment dans Paris, Texas (1984), où elle apparaît dans une scène restée culte, face à Harry Dean Stanton, à travers une vitre, dans un peep-show. Cette séquence suffit à résumer son style : une émotion retenue, une vulnérabilité palpable, sans besoin de grandes déclarations.
Nastassja Kinski traverse ces années avec une élégance qui échappe aux codes hollywoodiens traditionnels. Elle ne cherche pas à devenir une star commerciale, elle choisit ses rôles avec une logique plus artistique qu’opportuniste, quitte à refuser des propositions plus grand public.
Une trajectoire volontairement en retrait des projecteurs
À partir des années 90, Nastassja Kinski ralentit volontairement le rythme de ses apparitions à l’écran. Elle tourne encore, mais moins fréquemment, et surtout dans des productions plus confidentielles, européennes ou indépendantes. Ce retrait partiel ne marque pas une disparition mais plutôt une volonté de distanciation, presque méditative, par rapport à l’industrie du divertissement.
Elle collabore avec des réalisateurs comme David Lynch ou Abel Ferrara, explore des rôles plus intimistes, moins centrés sur l’image qu’elle renvoyait auparavant. La beauté qui avait tant marqué les photographes et les cinéastes (notamment dans le célèbre cliché avec le serpent signé Richard Avedon) laisse place à une présence plus intérieure, moins photogénique mais toujours habitée.
Malgré cette discrétion, Nastassja Kinski reste une figure respectée du cinéma international, une actrice qui, sans multiplier les apparitions, conserve un certain mystère que le temps ne semble pas dissiper.
Un héritage entre indépendance et traces indélébiles
Il est difficile d’évoquer Nastassja Kinski sans mentionner l’héritage familial complexe qu’elle porte. Fille de Klaus Kinski, personnage aussi célèbre que dérangeant, elle a toujours tenu à se définir en dehors de cette filiation. Elle a d’ailleurs exprimé publiquement le traumatisme de son enfance, se positionnant clairement à distance de son père et de ce qu’il représentait.
Ce besoin d’émancipation transparaît dans toute sa carrière : elle n’a jamais cherché à reproduire un modèle ou à séduire selon les standards imposés. Elle a construit un parcours personnel, souvent en marge, parfois incompris, mais toujours fidèle à une certaine idée du cinéma : celui qui laisse la place au doute, à la suggestion, à l’émotion contenue.