Najwa Nimri
- Casting
- Sons
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 8 films |
| Récompenses | 5 nominations et 0 victoire |
Biographie
Najwa Nimri est née le 14 février 1972 à Pampelune, en Espagne, d’un père jordano-libanais et d’une mère espagnole. De nationalité espagnole, elle incarne depuis les années 90 une figure à part dans le paysage culturel hispanique.
À la fois actrice et chanteuse, Najwa Nimri évolue dans un univers où se croisent les rôles de femmes mystérieuses, les ambiances électriques et les projets à contre-courant. Une artiste instinctive, inclassable, qui dégage une présence magnétique à l’écran comme sur scène.
Elle s’est d’abord illustrée dans un cinéma d’auteur exigeant, avant de devenir, un peu à sa façon, une icône de la pop culture espagnole, notamment grâce à des séries à succès international comme La Casa de Papel ou Vis a Vis. Mais chez Najwa Nimri, la notoriété semble davantage une conséquence qu’un objectif. Ce qu’elle cultive, c’est une trajectoire libre, volontiers abrasive, où la marge devient le centre.
Des débuts cinématographiques marqués par le cinéma indépendant espagnol
C’est au milieu des années 1990 que Najwa Nimri se fait remarquer, notamment dans Salto al vacío (Le Saut dans le vide) en 1995, réalisé par Daniel Calparsoro, qui sera aussi son compagnon à la ville pendant un temps. Ce rôle de femme marginale, violente, déchirée intérieurement, lui colle longtemps à la peau, et elle l’habite avec une intensité rare.
Elle enchaîne avec des collaborations notables, notamment avec Julio Medem, dans Les Amants du cercle polaire (1998) puis Lucía et le sexe (2001), où elle incarne des personnages complexes, souvent marqués par un désir contrarié, une sensualité troublante, ou une douleur rentrée. Elle devient alors une muse du cinéma espagnol contemporain, régulièrement associée à des rôles féminins qui refusent les conventions, souvent à la limite du drame et du fantastique.
Vis a Vis et La Casa de Papel : explosion internationale et virage vers la série
Si le public espagnol la connaît depuis longtemps, Najwa Nimri devient une figure internationale à partir de 2015, avec son rôle dans Vis a Vis (distribué en anglais sous le titre Locked Up), une série carcérale haletante dans laquelle elle incarne Zulema Zahir, détenue redoutée, manipulatrice et imprévisible. Un rôle physique, brut, où elle impose une tension permanente, sans jamais sombrer dans le cliché.
Ce personnage devient emblématique, au point de survivre à plusieurs saisons et de revenir dans un spin-off. Elle y déploie une puissance dramatique mêlée à une fragilité presque invisible, mais toujours prête à exploser. Avec Zulema, Najwa Nimri trouve un rôle à sa démesure : dérangeant, fascinant, ambigu.
En 2019, elle rejoint l’autre série phénomène espagnole : La Casa de Papel (Money Heist), dans le rôle de Alicia Sierra, enquêtrice tenace, enceinte, cynique et parfaitement impitoyable. Encore une fois, Najwa Nimri s'impose par sa manière d’interpréter des figures du pouvoir qui ne cherchent pas à séduire, mais à contrôler, à dominer… tout en dévoilant, par petites touches, une humanité fêlée.
Ces deux rôles la projettent dans la culture populaire mondiale, tout en confirmant qu’elle n’a pas besoin d’adoucir son jeu pour convaincre.
Une carrière musicale parallèle, entre électro et expérimentation
Depuis les années 90, Najwa Nimri mène aussi une carrière musicale, d’abord au sein du duo Najwajean avec Carlos Jean, puis en solo. Leur son, très électro-trip-hop, tranche avec les productions musicales espagnoles de l’époque. Le duo propose une esthétique sombre, épurée, parfois minimaliste, qui accompagne parfaitement l’image que l’actrice renvoie à l’écran.
En solo, elle poursuit cette recherche de sonorités introspectives, de textures électro-pop parfois dérangeantes, toujours enveloppées dans une ambiance hypnotique. Ses albums (Carefully, Walkabout, Donde rugen los volcanes, AMA, etc.) montrent une artiste qui ne cherche pas le tube, mais l’exploration émotionnelle.
La musique n’est jamais une "parenthèse" dans son parcours : c’est un prolongement naturel de son univers intérieur, avec les mêmes obsessions, le contrôle, la fuite, la solitude, le désir, le vide.
Une image publique volontairement insaisissable
Najwa Nimri n’a jamais cherché à construire une image lisse. Interviews rares, propos tranchants, look souvent androgynes, elle cultive une certaine distance, une forme de mystère revendiqué. Elle n’a rien d’une star fabriquée, et encore moins d’une figure consensuelle. Son rapport au métier semble plus viscéral qu’ambitieux.
Elle ne cherche pas à plaire, et c’est peut-être ce qui la rend aussi intéressante : il y a chez elle une authenticité rugueuse, un refus des artifices, une volonté d’être à côté, voire à contre-courant.
C’est aussi ce qui explique son aura auprès d’un public fidèle, qui voit en elle bien plus qu’une actrice ou une chanteuse : une artiste totale, aux émotions brutes, capable de briser les formats, de dérouter autant que de captiver.
Filmographie
8 sur 8 films