Mylène Demongeot

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Détails

Autre nom Marie-Hélène Demongeot
Âge
Nationalité
Filmographie 4 films

Biographie

Mylène Demongeot est née le 29 septembre 1935 à Nice, en France, et s’est éteinte le 1er décembre 2022 à l’âge de 87 ans. Actrice à la carrière longue de plus de 70 ans, Mylène Demongeot a traversé toutes les époques du cinéma français, du noir et blanc aux blockbusters, du cinéma d’auteur à la comédie populaire.

Avec son élégance naturelle, sa blondeur de star hollywoodienne et son tempérament bien français, elle a toujours navigué entre deux mondes : l’icône glamour et la femme engagée, l’actrice populaire et l’artiste libre.

Elle est née Marie-Hélène Demongeot, d’un père français et d’une mère ukrainienne. Si son prénom d’artiste sonne déjà comme une promesse de carrière cinématographique, sa vie elle-même aurait pu faire l’objet d’un film : entre beauté lumineuse, rôles marquants, amours passionnées et combats personnels, Mylène Demongeot a toujours cultivé cette image de femme indépendante, audacieuse et pleine de vie.

Une ascension rapide sous les projecteurs du cinéma des années 50

Mylène Demongeot débute au cinéma à la fin des années 1950, dans un contexte encore marqué par l’influence du cinéma classique d’après-guerre. Très vite, elle attire l’œil des réalisateurs et des producteurs : son charme naturel, sa photogénie et son charisme l’imposent comme une figure prometteuse. Elle tourne notamment avec Raymond Rouleau, Marc Allégret et René Clair, et se fait remarquer dans Les Sorcières de Salem (1957) aux côtés de Simone Signoret et Yves Montand.

Mais c’est avec Faibles Femmes (1959) de Michel Boisrond que le public tombe définitivement sous le charme. Elle incarne un certain idéal féminin de l’époque : belle, libre, un peu impertinente, mais toujours classe. Ce rôle la projette sur le devant de la scène, aussi bien en France qu’à l’international.

Elle fait alors partie de cette génération d’actrices vues comme les "rivales françaises" de Brigitte Bardot, même si elle se distingue rapidement par un jeu plus sobre, une présence moins provocante, mais tout aussi magnétique. Elle tourne avec Jean Marais, Jean-Paul Belmondo, Alain Delon, David Niven ou encore Tony Curtis, et s’impose même dans des productions britanniques et italiennes. Oui, Mylène Demongeot, c’était déjà une actrice européenne avant l’heure.

Des rôles mythiques… et un flair pour la comédie populaire

Dans les années 60, Mylène Demongeot devient l’une des grandes figures du cinéma français. Elle incarne Hélène, la complice de Fantômas dans la trilogie culte réalisée par André Hunebelle, aux côtés de Jean Marais et Louis de Funès. Ces films, devenus cultes au fil du temps, participent à forger son image d’actrice à la fois glamour et accessible, capable d’évoluer dans un cinéma à grand spectacle sans jamais perdre en crédibilité.

Elle tourne aussi dans Bonjour Tristesse (1958) d’Otto Preminger, adaptation du roman de Françoise Sagan, dans Le monocle noir, La bataille de Marathon ou encore Le grain de sable. Elle alterne les genres, des péplums aux drames psychologiques, en passant par des aventures romanesques, sans jamais s’enfermer dans une seule case.

Dans les années 70, elle ralentit un peu sa carrière, se faisant plus rare sur les plateaux. Mais à partir des années 2000, elle opère un retour remarqué dans des comédies comme Camping (2006), où elle joue la mère de Patrick Chirac (Franck Dubosc), avec une autodérision jubilatoire. Ce rôle, aussi léger soit-il, la remet dans le cœur d’un nouveau public, qui découvre une actrice à l’aise dans tous les registres, drôle, libre et pleine d’autodérision.

Une femme de caractère, engagée et sans langue de bois

Ce qui fait aussi la singularité de Mylène Demongeot, c’est son franc-parler. Très tôt, elle s’affirme comme une actrice qui pense par elle-même, qui refuse les étiquettes, et qui ne craint pas de dire ce qu’elle pense du monde du cinéma, des hommes, ou des combats sociaux. Elle dénonce les abus de pouvoir, défend la cause animale, et s’engage sur des sujets écologiques bien avant que ce soit à la mode. Elle n’a jamais hésité à prendre position, que ce soit dans les médias ou dans ses prises de parole publiques.

Elle a également publié plusieurs livres autobiographiques où elle revient, avec beaucoup de lucidité et d’humour, sur son parcours, ses amours, ses blessures, et les coulisses d’un métier parfois ingrat. Loin des discours formatés, elle y livre une parole sincère, nourrie d’expérience, parfois piquante mais toujours humaine.

Sa relation avec l’écrivain Marc Simenon, son mari pendant plus de trente ans, a aussi marqué sa vie. Leur complicité intellectuelle et artistique a laissé une empreinte durable dans ses choix de carrière.

Une trajectoire unique, entre icône et actrice de terrain

Contrairement à beaucoup de comédiennes de sa génération, Mylène Demongeot a su traverser les décennies sans chercher à rester figée dans une image de jeunesse éternelle. Elle a accepté de vieillir à l’écran, de jouer des rôles de mère, de grand-mère, de femme fatiguée, sans jamais perdre sa classe naturelle ni sa présence magnétique.

Elle n’a jamais cherché à "revenir" ou à relancer sa carrière artificiellement. Elle a simplement continué à jouer, à écrire, à parler, à être présente. Et jusqu’à la fin, elle est restée curieuse, vivante, et résolument moderne, même quand elle évoquait des souvenirs d’une époque que le cinéma français regarde parfois avec nostalgie.

Une disparition qui laisse un vide… mais aussi une mémoire lumineuse

Le décès de Mylène Demongeot en décembre 2022 a suscité une vague d’hommages sincères. Parce qu’au-delà de son impressionnante filmographie, elle représentait une certaine idée de la liberté artistique, de l’élégance française et de la parole franche. Elle était à la fois l’actrice star des années 50, l’icône populaire des comédies modernes, et la femme lucide sur son époque.

Aujourd’hui, ses films continuent d’être diffusés, redécouverts, aimés. Sa voix, elle, reste dans les esprits : directe, drôle, intelligente, pleine de panache. Et son image, loin de se figer dans un passé révolu, reste celle d’une actrice profondément vivante, qui n’a jamais cessé d’exister autrement qu’à travers ses rôles.

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