Montgomery Clift
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 2 films |
| Récompenses | 2 nominations et 0 victoire |
Biographie
Montgomery Clift est né le 17 octobre 1920 à Omaha, Nebraska, États-Unis, et est décédé le 23 juillet 1966 à New York, à seulement 45 ans. Acteur intense et magnétique, Montgomery Clift a marqué l’âge d’or d’Hollywood par ses performances profondément humaines, mais aussi par son parcours torturé, reflet d’une époque peu clémente pour les sensibilités hors normes. Son style de jeu, en rupture avec les codes rigides du cinéma classique, a influencé toute une génération d’acteurs, de Marlon Brando à Robert De Niro.
Une ascension fulgurante sur les planches comme à l’écran
Avant de faire vibrer les salles obscures, Montgomery Clift fait ses armes très jeune au théâtre. Il débute à Broadway à l’âge de 13 ans, une précocité rare qui ne doit rien au hasard. Doté d’un charisme troublant et d’une discipline rigoureuse, il s’impose vite dans des rôles exigeants. Contrairement à bon nombre de stars issues des studios, il ne passe pas par le moule hollywoodien. Pas d’école d’acteur en série, pas de formation standardisée : Montgomery Clift cultive d’emblée un parcours atypique, centré sur l’intériorité et la sincérité du jeu.
C’est en 1948 qu’il fait une entrée remarquée au cinéma avec Red River, aux côtés de John Wayne. L’année suivante, il confirme son immense potentiel dans The Search, qui lui vaut une nomination à l’Oscar du meilleur acteur. Il devient rapidement l’un des visages les plus convoités de l’écran, mais à l’opposé des figures viriles et lisses de l’époque, il impose une nouvelle sensibilité, plus vulnérable, plus moderne. Montgomery Clift incarne souvent des personnages tourmentés, en quête d'identité, ce qui donne à ses rôles une résonance troublante avec sa propre vie.
Le trio magique : Clift, De Havilland et Taylor
Au fil des années 1950, Montgomery Clift enchaîne les films marquants, travaillant avec les plus grands réalisateurs du moment. Dans A Place in the Sun (1951), il forme un duo inoubliable avec Elizabeth Taylor. Leur alchimie à l’écran est d’une intensité rare, et leur amitié hors champ devient l’une des plus durables et sincères d’Hollywood. On retrouve cette même proximité dans Raintree County, tourné quelques années plus tard, dans des conditions pourtant dramatiques.
Car en 1956, la trajectoire de Montgomery Clift bascule. Victime d’un grave accident de voiture après une soirée chez Elizabeth Taylor, son visage est partiellement défiguré. Malgré plusieurs opérations, il ne retrouvera jamais totalement ses traits d’avant, et l’accident marque une césure autant physique que psychologique dans sa carrière. Hollywood, peu enclin à célébrer la fragilité, le marginalise peu à peu. Mais il continue de tourner, porté par une volonté farouche de jouer, coûte que coûte.
Une carrière marquée par la profondeur émotionnelle
Parmi les performances les plus mémorables de Montgomery Clift, difficile de ne pas citer From Here to Eternity (1953), qui lui vaut une nouvelle nomination aux Oscars. Il y campe un soldat au bord de la rupture, dans une performance d’une intensité à couper le souffle. Plus tard, dans Judgment at Nuremberg (1961), il livre un rôle bouleversant, presque à nu, qui montre toute l’étendue de sa sensibilité.
Son jeu d’acteur, influencé par la méthode de Stanislavski et le travail introspectif de l’Actors Studio, tranche radicalement avec le style académique dominant de son temps. Il n’interprète pas ses personnages, il les vit de l’intérieur. Cela se voit, se ressent, et bouleverse encore aujourd’hui. Montgomery Clift n’est jamais dans l’esbroufe ni dans la démonstration, mais dans la justesse la plus viscérale.
Un homme en tension, entre secret et isolement
Si la carrière de Montgomery Clift est marquée par l’excellence, sa vie personnelle reste empreinte d’un profond mal-être. Il lutte avec ses démons intérieurs, notamment en raison de son homosexualité, qu’il ne peut pas vivre ouvertement dans une société et une industrie où l’hétéronormativité est la règle. Cette pression constante l’isole, alimente ses troubles, et le pousse vers l’alcool et les médicaments.
Il devient, malgré lui, une figure tragique du Hollywood classique. Le contraste entre la beauté intense de ses débuts et son apparence affaiblie des dernières années est souvent commenté, parfois avec cruauté. Mais Montgomery Clift reste, jusqu’au bout, un acteur exigeant, capable de performances poignantes. Il tourne encore dans The Defector en 1966, peu avant sa mort, et laisse derrière lui une œuvre dense, marquée par une rare honnêteté émotionnelle.
Une légende discrète, mais durable
Contrairement à certaines stars de son époque, Montgomery Clift n’a jamais été un produit marketing. Il ne chantait pas, ne dansait pas, ne jouait pas les séducteurs de studio. Il était un acteur, dans le sens le plus noble du terme. Son influence est profonde, même si elle est parfois moins visible que celle de ses contemporains plus flamboyants. Son travail a inspiré des générations de comédiens qui cherchent, eux aussi, à incarner leurs rôles avec sincérité, douleur et vérité.
Aujourd’hui encore, Montgomery Clift reste une figure fascinante : à la fois idole et anti-idole, icône du classicisme hollywoodien et précurseur du jeu moderne. Son nom évoque cette tension permanente entre lumière et obscurité, entre succès et souffrance, entre apparence et vérité. Et c’est peut-être justement cette contradiction qui le rend inoubliable.