Mohammed Lakhdar-Hamina
Casting Images Réalisation Production Écriture
- Nationalité
- Algérie
- Naissance
- 26 février 1934
- Mort
- 23 mai 2025
- Âge
- 91 ans
- Récompenses
- 2 nominations et 2 victoires
- Filmographie
- 4 films
Biographie
Mohammed Lakhdar-Hamina est un réalisateur, scénariste et producteur algérien, né le 26 février 1934 à M’Sila, en Algérie, et mort le 23 mai 2025 à Alger. Figure majeure du cinéma algérien et arabe, Mohammed Lakhdar-Hamina demeure associé à l’une des pages les plus marquantes de l’histoire du Festival de Cannes, dont il fut le premier cinéaste arabe et africain à remporter la Palme d’or.
Formation et premiers pas dans le cinéma
Né dans les hauts plateaux algériens, Mohammed Lakhdar-Hamina effectue une partie de ses études en France avant de se tourner vers le cinéma. Sa formation se poursuit à Prague, où il étudie la prise de vues, à une époque où de nombreux cinéastes issus des pays nouvellement indépendants trouvent dans les écoles d’Europe centrale un espace de formation particulièrement structuré. Cette rigueur formelle marque durablement son approche de la mise en scène.
Ses premiers travaux apparaissent dans les années 1960, avec plusieurs courts et moyens métrages, avant son premier long métrage, Le Vent des Aurès (Rih al awras), sorti en 1966. Le film, centré sur la quête d’une mère à la recherche de son fils arrêté durant la guerre d’Algérie, reçoit le prix de la première œuvre au Festival de Cannes et installe immédiatement Mohammed Lakhdar-Hamina parmi les voix majeures du jeune cinéma algérien.
Une œuvre profondément liée à l’histoire algérienne
Le cinéma de Mohammed Lakhdar-Hamina s’inscrit dans une réflexion constante sur l’histoire coloniale, la guerre d’indépendance et la mémoire collective algérienne. Ses films, souvent construits à grande échelle, privilégient une narration ample, portée par des figures symboliques autant que par des personnages singuliers. Cette orientation se retrouve dans Décembre (1973), huis clos dramatique situé durant la guerre d’Algérie.
Son style se distingue par une mise en scène volontiers épique, un usage expressif des paysages et une attention constante à la dimension politique du récit. Chez Mohammed Lakhdar-Hamina, l’histoire nationale ne constitue pas seulement un décor, elle devient le sujet même de la dramaturgie. Cette ampleur visuelle et narrative lui vaut une place centrale dans le cinéma du tiers-monde des années 1960 et 1970.
Chronique des années de braise et la Palme d’or
Le nom de Mohammed Lakhdar-Hamina reste indissociable de Chronique des années de braise (Chronicle of the Years of Fire), réalisé en 1975. Fresque historique de près de trois heures, le film retrace plusieurs décennies de l’histoire de l’Algérie coloniale jusqu’aux prémices de l’insurrection nationale. Œuvre monumentale, il conjugue souffle romanesque, ambition politique et ampleur plastique.
Présenté au Festival de Cannes la même année, le film reçoit la Palme d’or, distinction historique puisqu’il s’agit du premier film arabe et africain à obtenir cette récompense. Cinquante ans plus tard, cette distinction demeure un jalon majeur dans l’histoire du cinéma mondial, et l’un des repères essentiels de la reconnaissance internationale du cinéma algérien.
Filmographie ultérieure et place dans l’histoire du cinéma
Après ce succès, Mohammed Lakhdar-Hamina poursuit une œuvre plus espacée mais toujours marquée par une forte ambition formelle, avec notamment Vent de sable (1982), La Dernière Image (1986) et, bien plus tard, Crépuscule des ombres (2014). Sa filmographie, moins abondante que celle de certains contemporains, se caractérise par une cohérence thématique remarquable.
Réalisateur, producteur et scénariste, Mohammed Lakhdar-Hamina a également occupé une place importante dans les institutions du cinéma algérien après l’indépendance. Son nom demeure attaché à une conception du cinéma comme geste historique et culturel, où l’image porte autant la mémoire d’un peuple que la signature d’un auteur. Chez lui, le grand écran n’a jamais été petit.
Filmographie
-
J'accuseTout publicPendant les 12 années qu'elle dura, l'Affaire Dreyfus déchira la France, provoquant un véritable séisme dans le monde entier. Dans cet immense scandale, le plus grand sans doute de la fin du XIXe siècle, se mêlent erreur judiciaire, déni de justice et antisémitisme. L'affaire est racontée du point de vue du Colonel Picquart qui, une fois nommé à la tête du contre-espionnage, va découvrir que les preuves contre le Capitaine Alfred Dreyfus avaient été fabriquées. À partir de cet instant et au péril de sa carrière puis de sa vie, il n'aura de cesse d'identifier les vrais coupables et de réhabiliter Alfred Dreyfus.
2019 2h12 Bachir
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Le BalTout publicDans une salle de bal redéfile l'histoire de la France, des années 20 aux années 80, au gré des musiques qui ony rythmé ces décennies. Le Front Populaire, la Seconde Guerre mondiale, la Libération et Mai 68 sont ainsi évoqués sur fond de jazz, de rock'n'roll et de musique disco.
1983 1h52 Producteur
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Chronique des années de braiseTout publicFestival de Cannes, 1975, Chronique des années de braise de Mohamed Lakhdar-Hamina reçoit la Palme d'or. C'est une première pour un film africain. Minutieuse chronique de l'évolution du mouvement national algérien de 1939 jusqu'au déclenchement de la révolution le 1er novembre 1954, le film démontre sans appel que la « guerre d'Algérie » n'est pas un accident de l'histoire, mais un lent processus de révoltes et de souffrances, ininterrompu, du début de la colonisation en 1830, jusqu'à cette « Toussaint rouge » du 1er novembre 54. Composé de six chapitres, le film brosse l'impitoyable tableau de l'histoire politique et guerrière de l'Algérie coloniale. En son centre, Ahmed s'éveille peu à peu à la conscience politique contre la colonisation, sous le regard de son fils, symbole de l'Algérie nouvelle, et celui de Miloud, harangueur mi-fou, mi-prophète, incarnation de la mémoire populaire de la révolte, de la libération de l'Algérie et de son peuple.
1975 2h57 Miloud, Le conteur Cadreur Réalisateur Producteur Scénariste
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Le Vent des AurèsTout publicLe Vent des Aurès, premier road movie du cinéma algérien, décrit les des transformations du quotidien du peuple algérien durant la destructrice occupation française, puis lors de la guerre de libération. Alors que la répression militaire bat son plein, une paysanne se retrouve seule dans sa maison à la montagne lorsque son fils unique est enlevé par des soldats français peu après la mort de son mari lors d'un raid. Un jour, voyant un poulet mort, ce qu'elle considère comme de mauvais augure, elle décide de quitter la maison et se lance dans un pénible voyage à travers les montagnes. Accompagnée d'un couple de poules, elle se déplace d'un camp de détention à l'autre dans une recherche désespérée de son fils disparu. Le film s'inspire des événements vécus par la famille du réalisateur.
1967 1h35 Cadreur Réalisateur Scénariste
Récompenses
2
nominations
2
victoires
-
1
1975
-
1
1967
Festival de Cannes #20
- Prix de la mise en scène pour Le Vent des Aurès (Prix de la première œuvre)