Mickey Knox
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 4 films |
Biographie
Mickey Knox, né le 24 décembre 1921 à New York (États-Unis) et mort le 15 novembre 2013 à Los Angeles, était un acteur, dialoguiste, scénariste et adaptateur américain, surtout connu pour son travail en coulisses, en particulier dans le domaine du doublage et de l’adaptation de dialogues étrangers pour le marché anglophone.
Bien qu’il ait été brièvement acteur à Hollywood, c’est principalement en Europe qu’il laisse sa marque, dans une carrière atypique, parfois marginale, mais toujours connectée aux grands mouvements du cinéma international. Mickey Knox appartient à une génération d’artistes pour qui le cinéma n’était pas qu’un métier, mais aussi un engagement. Et dans son cas, cet engagement a eu un coût : blacklisté pendant le maccarthysme à la fin des années 1940, il est contraint de s’exiler, comme tant d'autres, et de réinventer sa carrière loin des studios américains. Ce revers va paradoxalement lui ouvrir des portes ailleurs, notamment en Italie, où il deviendra un acteur-clé de l’ombre du cinéma populaire européen.
Du petit rôle à Hollywood à l’exil en Europe
Au début de sa carrière, Mickey Knox apparaît dans des rôles secondaires au cinéma, notamment dans Knock on Any Door (1949) avec Humphrey Bogart. Mais sa carrière d’acteur à Hollywood est interrompue brutalement lorsqu’il est cité devant la Commission des activités anti-américaines (HUAC). Refusant de dénoncer qui que ce soit, il est mis sur liste noire et n’obtient plus de rôles. Plutôt que de plier, il quitte les États-Unis.
Son exil en Europe, et en particulier en Italie, va marquer un tournant inattendu. À Rome, il se reconvertit comme adaptateur de dialogues, un métier de l’ombre, mais crucial, en particulier dans l’âge d’or des coproductions européennes. Son anglais impeccable, sa connaissance des subtilités culturelles, et sa sensibilité d’acteur lui permettent de signer les versions anglaises de dizaines de films, y compris des classiques.
La voix anglaise du cinéma italien
Ce qui fait la renommée de Mickey Knox, c’est son travail dans les années 1960 et 1970 sur les films de Sergio Leone, notamment Il était une fois en Amérique et Le Bon, la Brute et le Truand. Même si son nom n’apparaît pas toujours au générique, il est responsable de l’adaptation anglaise des dialogues, parfois également du casting vocal pour les versions doublées.
Il travaille également avec Bernardo Bertolucci, Federico Fellini, et d’autres grands noms du cinéma italien, sur des films qui ont ensuite circulé à l’international. Mickey Knox devient ainsi l’un des passeurs essentiels entre les cultures, traduisant non seulement les mots, mais aussi les intentions, les tons, les sous-entendus, un travail bien plus délicat qu’il n’y paraît.
Ce rôle discret, mais central, lui vaut un respect profond dans les cercles du cinéma, même si son nom reste peu connu du grand public. Il est aussi l’un des rares Américains à être aussi intégré dans la production italienne de cette époque, jusqu’à apparaître parfois à l’écran dans de petits rôles ou à conseiller des metteurs en scène sur les tournages.
Un acteur de l’ombre revendiqué
Si Mickey Knox est souvent resté en retrait, c’est par choix autant que par circonstances. Son engagement politique, son opposition farouche au maccarthysme, et son indépendance d’esprit ont contribué à faire de lui une figure respectée mais rarement mise en avant. Il publie ses mémoires en 2004 sous le titre The Good, the Bad and the Dolce Vita: The Adventures of an Actor in Hollywood, Paris and Rome, où il revient avec humour et lucidité sur son parcours hors normes.
Dans ce livre, il raconte les coulisses de l’industrie, ses rencontres avec les grands noms du cinéma, et ses propres désillusions. Il y parle aussi de ce que signifie être un outsider à l’intérieur du système, d’exister dans un monde où l’on est utile mais rarement mis en lumière. Un témoignage précieux sur une époque, et sur une profession rarement valorisée : celle de ceux qui traduisent, adaptent, ajustent, pour que le cinéma circule au-delà des langues.
Une mémoire vivante du cinéma européen et de ses marges
Mickey Knox reste aujourd’hui une figure un peu oubliée, mais dont la contribution à l’histoire du cinéma est loin d’être mineure. Sans lui (et d’autres comme lui), de nombreux films européens n’auraient jamais trouvé leur public anglophone, ou auraient perdu une partie de leur subtilité dans des traductions approximatives.
Son parcours rappelle aussi combien le cinéma est fait de métiers invisibles, d’artisans de la langue, de médiateurs culturels. Et combien une carrière “ratée” à Hollywood peut parfois devenir une réussite inattendue ailleurs. En filigrane, Mickey Knox, c’est une leçon de résilience, d’adaptation (au sens propre comme figuré), et d’amour pour le cinéma, pas celui des tapis rouges, mais celui des salles obscures, des studios romains, des versions alternatives, et des voix qu’on n’entend pas toujours... mais qui font toute la différence.
Filmographie
4 sur 4 films