Micheline Presle
- Casting
Détails
| Autre nom | Micheline Nicole Julia Émilienne Chassagne |
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Nationalité |
| Filmographie | 6 films |
Biographie
Micheline Presle est née le 22 août 1922 à Paris, en France et décédée le 21 février 2024. Actrice emblématique du cinéma français, elle a traversé près d’un siècle de films, de théâtre et de télévision, avec une élégance discrète et une longévité rare. Sa carrière, qui a débuté dans les années 1930, a su évoluer avec les époques, sans jamais perdre ce mélange de charme et de caractère qui la distingue encore aujourd’hui dans les mémoires cinéphiles.
Une ascension rapide dans le cinéma des années 1930 et 1940
C’est à la fin des années 1930 que Micheline Presle commence à se faire remarquer, notamment avec le film La Fessée en 1937. Très vite, elle séduit les réalisateurs par sa photogénie, sa voix douce et son jeu tout en finesse. Elle devient l'une des jeunes actrices les plus prometteuses du cinéma français pendant l’Occupation, période au cours de laquelle elle enchaîne les rôles dans des films populaires ou de prestige.
Son rôle dans Paradis perdu (1940) de Abel Gance, mais surtout dans Le Diable au corps (1947) aux côtés de Gérard Philipe, la propulse au rang de vedette. Le film, sulfureux à sa sortie pour son ton antimilitariste et sa passion dévorante, marque durablement la carrière de Micheline Presle et reste une œuvre de référence du cinéma d’après-guerre.
Une incursion américaine dans les années 1950
En 1950, Micheline Presle tente l’aventure hollywoodienne. Elle signe un contrat avec la 20th Century Fox et tourne sous le nom de Micheline Prelle, une variation imposée par le studio, sans doute dans une tentative de la rendre plus "bankable" pour le public anglo-saxon. Elle joue notamment dans Adventures of Captain Fabian (avec Errol Flynn) et dans quelques autres productions américaines, sans toutefois y trouver de rôles à la hauteur de son talent.
Son mariage avec le réalisateur américain William Marshall, dont elle aura une fille, l’actrice Tonie Marshall, la rapproche un temps de l'industrie américaine, mais elle finit par revenir en France où elle retrouvera une carrière plus riche et variée.
Une actrice fidèle au cinéma d’auteur et aux figures féminines fortes
De retour en France, Micheline Presle ne cherche pas à reconquérir une image de jeune première. Au contraire, elle s’oriente vers des rôles plus profonds, plus complexes, dans des films d’auteurs ou des comédies fines. Elle travaille avec Jacques Demy (Peau d’Âne), Claude Chabrol, André Téchiné, et plus tard avec sa fille, Tonie Marshall, dans Vénus Beauté (Institut).
Au fil des décennies, Micheline Presle s’impose comme une actrice capable d’habiter ses rôles avec une classe naturelle, qu’elle joue une femme du monde, une figure maternelle ou un personnage plus fantasque. Sa voix chaude, son regard vif et son sens du second degré en font une présence inoubliable à l’écran.
Une longévité exceptionnelle, entre mémoire vivante et modernité
Ce qui frappe chez Micheline Presle, c’est la durée et la constance de son engagement dans le métier. Elle a tourné avec plusieurs générations de cinéastes, sans jamais céder à la facilité ni chercher à capitaliser sur sa notoriété passée. Sa carrière couvre plus de soixante-dix ans, ce qui en fait une véritable mémoire vivante du cinéma français.
Elle a également participé à des documentaires, des hommages, et pris la parole sur l’évolution du cinéma, toujours avec lucidité et humour. Jusqu’à un âge très avancé, elle est restée active et curieuse, fidèle à l’idée que le métier d’acteur ne se résume pas à la jeunesse ou à la beauté.
Une figure respectée du patrimoine cinématographique français
Micheline Presle a reçu plusieurs distinctions au cours de sa carrière, dont un César d’honneur en 2004, pour l’ensemble de son œuvre. Ce type de reconnaissance est à la mesure de son apport au cinéma français : discret mais fondamental. Elle fait partie de ces actrices qui ont accompagné les mutations du 7e art sans jamais perdre leur intégrité artistique.
Elle est également l’une des rares actrices françaises à avoir connu la gloire sous l’Occupation, traversé l’âge d’or du cinéma d’auteur des années 60-70, et continué à travailler dans les années 2000 sans jamais devenir une relique nostalgique. Micheline Presle, c’est un peu une passerelle entre plusieurs âges du cinéma français, toujours avec élégance… et parfois une petite touche de malice dans le regard.