Michel Serrault

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Biographie

Michel Serrault, acteur français né le 24 janvier 1928 à Brunoy (Essonne) et décédé le 29 juillet 2007 à Équemauville (Calvados), est l’une des figures les plus respectées du théâtre et du cinéma français du XXe siècle. Il laisse derrière lui plus de 130 films, une dizaine de rôles marquants sur scène, et une réputation d’acteur caméléon capable de passer du burlesque à la noirceur, de l’exubérance à la pudeur, avec une aisance qui forçait l’admiration… et parfois la crainte.

Des débuts dans le rire, des bases solides au théâtre

Avant le cinéma, Michel Serrault est un homme de scène. Il suit des études religieuses avant de bifurquer vers le théâtre, et intègre le Centre du Spectacle, futur Cours Simon. Il fait ses débuts dans des petites salles de boulevard, où il affine déjà son art du rythme et de la répartie. C’est avec le duo qu’il forme avec Jean Poiret, dans les années 1950, que le public commence à le remarquer.

Ensemble, ils jouent des sketches humoristiques à succès, mais aussi des pièces plus ambitieuses, posant les jalons d’un style comique caustique, souvent audacieux, qui trouvera son apogée dans La Cage aux Folles. Serrault sait déjà jouer des personnages en décalage, avec une forme de gravité cachée sous le rire.

La Cage aux Folles : le rôle qui rend Serrault immortel

C’est en 1973, au théâtre, puis en 1978 au cinéma, que Michel Serrault endosse son rôle le plus célèbre : Zaza Napoli alias Albin, dans La Cage aux Folles, aux côtés de Jean Poiret. Ce personnage de transformiste sensible et excessif, engagé dans une relation de longue date avec un patron de cabaret, devient immédiatement culte.

Le film, réalisé par Édouard Molinaro, est un succès international. Il attire un large public, séduit par son humour, mais aussi par la sincérité des relations entre les personnages, dans une époque où l’homosexualité au cinéma était rarement traitée avec tendresse. Michel Serrault, dans ce rôle à la fois flamboyant et vulnérable, livre une performance d’une finesse bouleversante. Il évite tous les clichés, construit un personnage entier, douloureux, hilarant… et profondément humain.

Il reprendra ce rôle dans deux suites au cinéma, et à chaque fois, il y met plus que de la comédie : de l’amour, de la peur, de la vérité.

Le virage vers le drame : une intensité nouvelle

À partir des années 1980, Michel Serrault change peu à peu de registre, multipliant les rôles dramatiques. Il joue dans Garde à vue (1981) de Claude Miller, face à Lino Ventura, un huis clos oppressant où il incarne un notable soupçonné de crimes odieux. Sa prestation, toute en ambivalence, lui vaut le César du meilleur acteur.

Ce tournant marque la reconnaissance de ses pairs, qui voient en lui un acteur bien plus vaste que l’image comique dans laquelle il était parfois cantonné. Serrault excelle à jouer l’ambiguïté, le malaise, le double fond. Il enchaîne alors des rôles sombres, troubles ou tragiques : Docteur Petiot (1990), Nelly et Monsieur Arnaud (1995), Le Bon Plaisir, Un homme regarde une femme...

Mais même dans ces rôles, il conserve une forme de légèreté, une façon de laisser planer une touche d’ironie, de distance, parfois même d’autodérision.

Une voix, un regard, une densité unique

Au-delà de son registre comique ou dramatique, Michel Serrault impose une manière d’occuper l’écran qui lui est propre. Il parle lentement, souvent avec des silences, des respirations inattendues. Il regarde ses partenaires avec intensité, sans surjeu, comme s’il les découvrait en temps réel.

Il savait aussi ne rien faire, et c’était là l’une de ses grandes forces. Certains réalisateurs, comme Claude Sautet, ont su capter cette capacité rare à habiter l’espace, sans mouvement, sans dialogue. Il n’en faisait jamais trop, mais tout passait dans les yeux, dans le ton, dans l’attente.

Il n’a jamais voulu devenir un "acteur à image", refusant systématiquement de se laisser enfermer dans un type de rôle. Et c’est sans doute pour cela que ses performances, même tardives, restaient profondément vivantes.

Un homme pudique, fidèle à ses convictions

En dehors des plateaux, Michel Serrault reste un homme discret, voire secret. Il ne cherche pas la lumière, évite les mondanités, et reste très marqué par sa foi catholique. La perte de sa fille, en 1990, le touche profondément et change définitivement son rapport au métier. Il en parlera peu, mais ce drame donne un poids nouveau à son regard, à sa présence, et sans doute aussi à son besoin d’interpréter des rôles plus sombres, plus intérieurs.

Il continue à tourner jusqu’à la fin de sa vie, apparaissant dans des films aussi divers que Les Enfants du marais, Une hirondelle a fait le printemps, ou Le Papillon. Il reçoit un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, et reste jusqu’au bout un acteur profondément respecté, aussi bien par les jeunes que les anciens.

Filmographie

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