Michel Robin
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Détails
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| Filmographie | 4 films |
Biographie
Michel Robin est né le 13 novembre 1930 à Reims, en France, et est décédé le 18 novembre 2020 à l’âge de 90 ans. Acteur discret mais inoubliable, Michel Robin fait partie de ces figures du paysage artistique français dont on connaît immanquablement le visage, même si l’on peine parfois à retrouver le nom.
Avec sa silhouette frêle, sa voix douce, son regard espiègle et son jeu empreint d’une profonde humanité, il s’est imposé comme l’un des plus grands seconds rôles du cinéma français, tout en menant une carrière exceptionnelle sur les planches. Il n’a jamais eu besoin d’être une “star” pour marquer les esprits. Michel Robin, c’est ce genre de comédien qui donne à une scène tout son poids avec deux phrases, un silence bien placé, ou un sourire à demi-effacé. Une présence rare, précieuse, presque invisible, jusqu’à ce qu’elle devienne incontournable.
Une formation classique et une vocation durable
Formé au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, Michel Robin s’inscrit d’abord dans une tradition très française du jeu de théâtre, fondée sur le texte, le rythme, la voix. Il commence sa carrière sur scène dans les années 1950, avant de s’imposer peu à peu dans tous les registres : tragédie, comédie, absurde, contemporain. Il rejoint la Comédie-Française en 1996, où il sera sociétaire jusqu’à la fin de sa vie, ce qui en dit long sur l’estime dont il jouissait dans le monde du théâtre.
Sur les planches, il a tout joué, ou presque, de Molière à Beckett, en passant par Ionesco, Anouilh ou Tchekhov. Il était particulièrement à l’aise dans les rôles où le burlesque côtoie le tragique, où l’absurde surgit dans le quotidien, un terrain parfait pour son style de jeu à la fois tendre, inquiet, et profondément juste.
Une filmographie dense et une reconnaissance tardive
Au cinéma, Michel Robin multiplie les apparitions à partir des années 1970. Il travaille avec les plus grands : Bertrand Tavernier, Claude Chabrol, Jean-Pierre Jeunet, Yves Robert, Alain Resnais, Costa-Gavras, ou encore Coline Serreau. Il joue dans Buffet froid de Bertrand Blier, Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (où il interprète le peintre au visage figé), Merci la vie, Effroyables jardins, et des dizaines d’autres films.
Son style ? Celui d’un homme toujours un peu à côté, un peu rêveur, parfois maladroit, mais jamais ridicule. Il excelle dans l’art de faire exister l’ordinaire, de donner une épaisseur inattendue à des rôles secondaires : concierge, voisin, instituteur, vieux sage ou solitaire touchant. Il apporte souvent au film une touche de mélancolie, ou au contraire, une bouffée de légèreté dans un drame. Toujours avec subtilité.
En 1990, il reçoit un Molière du meilleur second rôle pour Temps contre temps, puis un Molière d’honneur en 2016. En 2001, il est aussi nommé aux César dans la catégorie meilleur second rôle pour Tanguy. Des reconnaissances tardives, mais largement méritées.
Une voix douce, une humanité tranquille
Au-delà de ses rôles, Michel Robin se distingue par sa voix inimitable : légèrement tremblante, douce, presque timide, mais toujours claire. Une voix qui semble porter le poids du monde avec une forme de bienveillance amusée. Elle a fait de lui un raconteur naturel, et il a d’ailleurs prêté sa voix à plusieurs documentaires, lectures et émissions culturelles.
Sa discrétion médiatique contraste avec l’ampleur de sa carrière. Peu d’interviews, peu de coups d’éclat, encore moins de polémiques. Il a toujours préféré le travail au commentaire, le jeu à la mise en scène de soi. Et pourtant, dans le cœur des spectateurs, Michel Robin laisse une empreinte d’une rare délicatesse.
Une figure familière du cinéma français… sans jamais être banale
Michel Robin, c’était un peu le vieil oncle attendrissant du cinéma français, celui qui ne parlait jamais fort, mais qu’on écoutait toujours. Il n’avait pas besoin de scènes spectaculaires ni de dialogues flamboyants : son humanité suffisait. Il jouait des personnages qui avaient du vécu, des blessures discrètes, et une manière bien à eux de traverser la vie. Des personnages à hauteur d’homme.
Et dans un monde qui valorise souvent la performance tape-à-l’œil, Michel Robin a prouvé qu’on pouvait émouvoir sans en faire trop, toucher sans forcer, durer sans crier.
Un comédien profondément français, dans ce que cela a de plus noble : le goût du texte, la finesse de jeu, la discrétion du geste, et une forme d’élégance fatiguée, comme une vieille chanson qu’on fredonne sans même s’en rendre compte… mais qu’on n’oubliera pas.