Michel Gondry
- Réalisation
- Production
- Écriture
Détails
| Âge |
|
Nationalité |
|---|---|
| Filmographie | 4 films |
Biographie
Michel Gondry est né le 8 mai 1963 à Versailles, en France. Réalisateur, scénariste, producteur, musicien, inventeur d’univers visuels inclassables, Michel Gondry s’est imposé comme l’un des créateurs les plus singuliers du cinéma et du clip, aussi à l’aise dans le cinéma indépendant américain que dans les expérimentations artistiques les plus artisanales. Réputé pour son imagination débordante, ses dispositifs de mise en scène à la fois complexes et faits à la main, il navigue entre humour, mélancolie et fantaisie avec une touche très personnelle, reconnaissable au premier coup d’œil.
Une formation musicale et graphique avant le cinéma
Avant de devenir cinéaste, Michel Gondry étudie les arts appliqués à l’École Estienne, où il développe une appétence pour le dessin, le design et l’expérimentation visuelle. Parallèlement, il est batteur dans le groupe Oui Oui, dont il réalise lui-même les clips. Ces premières vidéos, déjà marquées par des effets visuels en prise de vue réelle, du stop-motion et des objets animés, attirent l’attention à une époque où le clip devient un terrain d’expression artistique à part entière.
C’est ainsi que Michel Gondry entre dans le monde du clip professionnel, un univers dans lequel il va rapidement s’imposer comme un créateur à part, au style reconnaissable entre mille.
La révolution du clip : Björk, Daft Punk, The White Stripes…
Dans les années 1990, Michel Gondry devient l’un des noms les plus demandés du clip musical. Il collabore avec Björk sur une série de vidéos devenues cultes (Human Behaviour, Bachelorette, Army of Me), dans lesquelles il mêle narration poétique, décors bricolés et effets analogiques spectaculaires. La chanteuse islandaise trouve en lui un alter ego visuel, capable de traduire en images l’étrangeté sensible de sa musique.
Il travaille aussi avec The Chemical Brothers, Beck, The Rolling Stones, Daft Punk (Around the World, une chorégraphie géométrique fascinante) ou encore The White Stripes, pour qui il réalise le clip culte de Fell in Love with a Girl, en lego animé image par image. Ce clip est l’un des plus emblématiques des années 2000, et résume bien la philosophie gondrienne : inventivité formelle, budget limité, idée forte.
Dans ses clips, Michel Gondry privilégie souvent la mécanique visible, les effets pratiques plutôt que le numérique, et un style visuel qui s’émerveille de la technique autant que de l’émotion. Son univers est à la fois enfantin et conceptuel, naïf et rigoureux, toujours traversé par une joie de fabriquer.
L’irruption au cinéma : Eternal Sunshine of the Spotless Mind et la consécration
En 2004, Michel Gondry réalise Eternal Sunshine of the Spotless Mind, sur un scénario de Charlie Kaufman, avec Jim Carrey et Kate Winslet. Ce film marque un tournant : il rencontre un immense succès critique et public, et obtient l’Oscar du meilleur scénario original.
Ce récit d’amour déconstruit, dans lequel les souvenirs d’un couple sont effacés un à un dans un laboratoire, permet à Michel Gondry de déployer tout son talent visuel au service d’une histoire profondément humaine. Le film conjugue réalisme émotionnel et inventions formelles, avec des effets de transition dans la caméra, des décors mouvants, des personnages qui disparaissent en un plan… mais sans jamais perdre de vue la tendresse, la douleur et la complexité des sentiments amoureux.
Eternal Sunshine reste à ce jour l’œuvre la plus emblématique de Michel Gondry, celle qui a définitivement inscrit son nom dans le cinéma mondial, et qui est régulièrement citée parmi les meilleurs films du XXIe siècle.
Un artisan de l’imaginaire entre poésie, absurde et bricolage
Après Eternal Sunshine, Michel Gondry poursuit sa route avec des films inégaux mais toujours audacieux. La Science des rêves (2006), avec Gael García Bernal, revient à un univers plus intime, plus onirique, et résolument français. Il y multiplie les techniques visuelles artisanales : stop-motion, carton-pâte, effets maison… Le rêve devient un territoire de création pure.
Il enchaîne ensuite avec Be Kind Rewind (2008), où Jack Black et Mos Def refont eux-mêmes des films cultes en version « suédée », c’est-à-dire avec les moyens du bord. Un hommage touchant et drôle au pouvoir du cinéma amateur, et à la fabrication collective d’histoires. Là encore, Michel Gondry démontre qu’il préfère l’imagination au budget, le jeu à la perfection numérique.
Il s’essaie aussi au blockbuster, avec The Green Hornet (2011), mais le résultat, s’il reste signé Gondry dans certaines idées de mise en scène, ne trouve pas son public. L’univers des studios hollywoodiens se prête sans doute mal à son approche artisanale, plus libre et expérimentale.
Michel Gondry, ou l’art du cinéma fait main
Ce qui définit Michel Gondry, c’est son amour du cinéma tactile. Là où d’autres misent sur le virtuel et les effets spéciaux numériques, lui préfère le carton, la peinture, les mécanismes à manivelle, les astuces de prestidigitation à l’ancienne. Il célèbre l’imperfection poétique, la triche visible, et défend une forme de cinéma qui ressemble à un atelier de bricoleur inspiré.
Il n’est pas seulement réalisateur : il a aussi écrit, dessiné, réalisé des documentaires (L’épine dans le cœur, sur sa tante institutrice), et même inventé des machines à dessiner automatiques. Michel Gondry, c’est aussi un touche-à-tout créatif, toujours curieux, un peu lunaire, et surtout résolument hors normes.
Il a marqué des générations de spectateurs avec un regard unique sur le monde, où la mélancolie se mêle à l’émerveillement, et où chaque idée visuelle devient un petit acte de magie artisanale.
Filmographie
4 sur 4 films