Michel Galabru

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Filmographie 11 films

Biographie

Michel Galabru est né le 27 octobre 1922 à Safi, au Maroc, alors sous protectorat français, et il est décédé le 4 janvier 2016 à Paris, à l’âge de 93 ans. Comédien au visage familier et à la voix chaude, Michel Galabru a incarné pendant plus de soixante ans une certaine idée de la comédie française : généreuse, accessible, enracinée dans le terroir et l’absurde du quotidien.

Mais derrière cette figure joviale et exubérante, se cache aussi un immense comédien de théâtre, un tragédien discret et un travailleur infatigable.

S’il est longtemps associé à des films comiques, et notamment aux Gendarmes de Saint-Tropez, Michel Galabru a su, au fil de sa carrière, révéler une palette bien plus large. Il était capable d’alterner les grands éclats de rire et les silences lourds de sens, les pitreries de gendarme moustachu et les personnages sombres rongés par la solitude.

Une formation classique et un amour du théâtre

Issu d’une famille d’origine catalane, Michel Galabru grandit en France et se passionne très tôt pour le théâtre. Il entre au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris, où il obtient un Premier Prix de comédie classique. Il côtoie les grandes figures du théâtre d’après-guerre et intègre la Comédie-Française en 1950, où il reste plusieurs années.

Cette formation classique, souvent méconnue du grand public, est pourtant au cœur de son style : diction parfaite, sens du rythme, profondeur du texte. Michel Galabru n’a jamais cessé d’aimer la scène, même lorsqu’il était au sommet de sa carrière au cinéma. Il disait volontiers que c’était sur les planches qu’il se sentait vraiment acteur.

Un visage incontournable de la comédie française des années 60 à 80

Le grand public découvre Michel Galabru au cinéma surtout dans des comédies populaires. Il devient un acteur fétiche du duo Jean Girault et Louis de Funès, notamment dans la série des Gendarmes, où il incarne l’inénarrable adjudant Gerber. Ce rôle, qu’il reprendra à six reprises entre 1964 et 1982, le rend instantanément identifiable. L’alchimie comique avec Louis de Funès fonctionne à merveille : Galabru, grand, bougon, soupe au lait, fait parfaitement contrepoids à l’hyperactivité nerveuse de son partenaire.

Mais il ne se limite pas à ces films à succès. On le retrouve dans de nombreuses comédies, souvent dans le rôle de Français moyen, râleur, tendre, parfois lâche, mais toujours humain. Il tourne avec Claude Zidi, Jean Yanne, Jean-Pierre Mocky, Gérard Oury… et dans une infinité de rôles secondaires où il impose sa silhouette, sa voix et sa capacité à faire rire en un mot ou une mimique.

Michel Galabru devient une sorte de repère familier dans le paysage cinématographique français. On le reconnaît immédiatement, on l’attend presque, et il ne déçoit jamais.

Une reconnaissance tardive comme acteur dramatique

En 1976, Michel Galabru surprend tout le monde avec son rôle bouleversant dans Le Juge et l’Assassin de Bertrand Tavernier, aux côtés de Philippe Noiret. Il y incarne Joseph Bouvier, un vagabond instable et violent, inspiré d’un tueur en série réel du début du XXe siècle. Ce rôle sombre, complexe, à mille lieues de ses personnages comiques, révèle un acteur intense et habité.

Pour ce rôle, il reçoit le César du meilleur acteur en 1977. Une consécration inattendue, qu’il accueille avec modestie, et qui lui ouvre d’autres horizons. Il continuera à explorer des rôles plus dramatiques dans les années suivantes, même si le public le réclame surtout dans des registres plus légers.

Une voix et une présence au service de toutes les générations

Michel Galabru est de ces acteurs qui traversent les époques sans jamais passer de mode. Il continue à tourner jusqu’à un âge très avancé, apparaissant dans des films aussi variés que Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre, Bienvenue chez les Rozes, Les Acteurs ou Les Deux Mondes. Il participe aussi à des doublages de films d’animation, prêtant sa voix reconnaissable entre toutes à des personnages de dessins animés.

Il ne refuse presque jamais un projet, ce qui lui vaut une filmographie gigantesque – plus de 250 films et téléfilms, et des centaines de rôles sur scène. Certains lui reprocheront cette abondance, mais lui assume ce choix avec pragmatisme : "Je ne suis pas un homme d’affaires, je suis un acteur. Alors je joue."

Jusqu’à la fin, il reste fidèle au théâtre, où il joue seul en scène dans Les mémoires d’un tricheur, Jofroi, Le Cancre… des spectacles intimistes, nourris par la mémoire, le verbe et l’humour tendre.

Un héritage d’acteur libre, attachant et profondément humain

Michel Galabru laisse derrière lui l’image d’un acteur libre, populaire dans le sens le plus noble du terme. Il n’a jamais cherché à séduire l’élite, mais a touché le cœur d’un public fidèle. On l’aimait parce qu’il ressemblait à nos pères, à nos voisins, parce qu’il avait les défauts et les fragilités des gens ordinaires.

Il savait faire rire, mais il savait aussi faire pleurer. Il savait occuper la scène, sans écraser les autres. Il savait dire un texte, même banal, avec un naturel désarmant. Et surtout, il ne s’est jamais pris pour un autre : il savait qui il était, ce qu’il faisait, et pourquoi il le faisait.

Aujourd’hui encore, il suffit d’un extrait de La cage aux folles, d’un plan du Juge et l’Assassin, ou d’un échange entre Gerber et Cruchot, pour que Michel Galabru ressurgisse, avec sa voix gouailleuse, son œil mi-ironique, mi-fatigué, et ce rire qui n’est jamais loin.

Un comédien au sens plein du mot, qui n’a jamais oublié que le rire et la tragédie sont, au fond, deux façons de raconter la même chose.

Filmographie

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