Michel Duchaussoy
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Détails
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| Filmographie | 6 films |
Biographie
Michel Duchaussoy, né le 29 novembre 1938 à Valenciennes (France) et décédé le 13 mars 2012 à Paris, est l’un de ces comédiens qui traversent le paysage culturel français avec une élégance constante, sans jamais chercher la lumière à tout prix.
Formé à la Comédie-Française, enraciné dans le théâtre classique, il s’est peu à peu imposé dans le cinéma et à la télévision comme un visage familier, rassurant, mais jamais banal. Michel Duchaussoy, c’est l’exemple même du comédien à la palette large, capable de jouer Racine comme de donner la réplique à un tueur en série dans un polar contemporain, le tout sans hausser le ton.
Si on devait résumer sa carrière en un mot, ce serait peut-être équilibre. Jamais dans l’outrance, rarement dans la démonstration, mais toujours juste. Il faisait partie de ces acteurs dont on ne parle pas toujours assez, parce qu’ils font justement leur travail avec une telle finesse qu’ils semblent s’effacer derrière le personnage. Et c’est précisément ce qui rend Michel Duchaussoy aussi remarquable.
Le théâtre comme socle, la Comédie-Française comme tremplin
Comme beaucoup de comédiens de sa génération, Michel Duchaussoy a commencé par le théâtre. Diplômé du Conservatoire national supérieur d’art dramatique, il entre à la Comédie-Française en 1964, où il reste sociétaire pendant plus de vingt ans. Il y joue les grands rôles du répertoire classique : Molière, Racine, Corneille, mais aussi Beckett ou Ionesco. Sa voix profonde, son phrasé clair et son regard perçant en font un acteur naturellement taillé pour la scène. Mais il ne s’enferme pas dans cette institution, et très vite, il va chercher ailleurs, sur d’autres terrains.
Ce n’est pas un théâtre de façade ou de mondanité qu’il incarne, mais un théâtre de mots, de sens, de rythmes. Il prend le temps de construire ses rôles, de les faire respirer. Et ce soin, cette exigence, il les transporte ensuite dans tous les formats qu’il explore.
Un visage familier du cinéma français, du drame au polar
Michel Duchaussoy fait ses premiers pas au cinéma dans les années 60, dans un paysage dominé par la Nouvelle Vague, mais il s’inscrit plutôt du côté d’un cinéma plus classique, plus littéraire aussi. Il collabore régulièrement avec Claude Chabrol, qui aime son côté tranquille, presque glacial, pour des rôles ambigus. On le retrouve dans La Femme infidèle, Que la bête meure, Juste avant la nuit ou La Rupture, autant de films où son calme apparent masque souvent des tensions intérieures.
Il tourne aussi avec Robert Enrico, Alain Resnais, Jean-Pierre Melville, Pierre Granier-Deferre... bref, les grands noms du cinéma français de l’époque. Il ne cherche pas le rôle principal à tout prix, mais chaque fois qu’il apparaît, il installe une présence. Que ce soit dans un drame bourgeois, un thriller psychologique ou un film d’auteur intimiste, Michel Duchaussoy semble toujours à sa place.
Il a aussi marqué des générations plus jeunes avec des films comme Amen. de Costa-Gavras, ou La boîte noire de Richard Berry, preuve qu’il ne s’est jamais laissé figer dans un type de cinéma.
Un pilier de la télévision, sans renier l'exigence
Impossible de parler de Michel Duchaussoy sans évoquer ses nombreuses apparitions à la télévision française. Il y a incarné tout un bestiaire de notables, de juges, de pères, de professeurs, toujours avec cette retenue et cette élégance qui le caractérisaient. Dans les téléfilms et séries des années 80 à 2000, il était souvent ce personnage d’autorité, jamais autoritaire, et toujours nuancé.
Il a également prêté sa voix à plusieurs documentaires, doublé des œuvres littéraires, et continué à faire du théâtre filmé. Même à la télévision, il ne jouait pas "petit". Il faisait du Michel Duchaussoy : précis, profond, sans effets.
Une fin de carrière marquée par la constance
Jusqu’à ses derniers jours, Michel Duchaussoy a continué à travailler, toujours sans tapage, toujours fidèle à une certaine idée du métier. On l’a vu dans La délicatesse avec Audrey Tautou, ou dans Les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec de Luc Besson, dans un registre plus fantaisiste mais qu’il assumait avec le même sérieux.
Il laisse derrière lui une filmographie riche, variée, mais surtout cohérente. Il n’a jamais cherché à faire le buzz, ni à se réinventer artificiellement. Il a simplement été, toujours, un acteur au service du texte, du rôle, du projet. Ni plus, ni moins.
Pas de vie privée exposée, pas de déclarations tonitruantes, pas de scandales. Juste un immense respect du public, et une discrétion qui force, encore aujourd’hui, une forme d’admiration silencieuse.
Et parfois, ce sont les voix les plus calmes qui résonnent le plus longtemps.