Michael O'Donoghue
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- Écriture
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 3 films |
Biographie
Michael O'Donoghue, né le 5 janvier 1940 à Sauquoit, dans l’État de New York, et décédé le 8 novembre 1994, est l’un des scénaristes et humoristes les plus influents, et redoutés, du paysage télévisuel américain. Doté d’un humour aussi sombre que tranchant, Michael O'Donoghue a marqué une génération d’artistes avec sa vision décalée, souvent cynique, toujours subversive.
Il est surtout connu pour avoir été l’un des piliers de la création de l’émission Saturday Night Live (SNL), au sein de laquelle il a injecté une dose d’absurde et de provocation rarement vue à la télévision grand public. Mais réduire Michael O'Donoghue à un simple scénariste télé serait passer à côté de toute la richesse, et la bizarrerie, de son œuvre.
Des débuts littéraires entre ironie noire et satire grinçante
Avant d’enflammer les plateaux télé, Michael O'Donoghue fait ses armes dans l’écriture. Il publie notamment dans le magazine National Lampoon, où son style mordant se fait rapidement remarquer. Dans ces pages déjà irrévérencieuses, il pousse encore plus loin les limites du bon goût, avec un sens du grotesque qui flirte régulièrement avec le malaise.
Il y crée notamment des textes devenus cultes, comme The Vietnamese Baby Book, qui pastiche les livres-souvenirs d’enfance à travers le prisme absurde et tragique de la guerre. On retrouve ici l’essence du style Michael O'Donoghue : un humour noir, à la fois cruel et cérébral, qui ne cherche jamais à plaire, mais toujours à secouer.
Le trublion de Saturday Night Live
Lorsque Saturday Night Live voit le jour en 1975, Michael O'Donoghue fait partie de l’équipe fondatrice. Il en devient le tout premier head writer, c’est-à-dire le responsable de la direction éditoriale des sketches. Son influence est immédiate : l’émission adopte un ton à la fois anarchique, provocateur et farouchement original. À une époque où la télévision américaine reste assez sage, l’arrivée d’un esprit comme celui de Michael O'Donoghue fait l’effet d’une bombe.
Il est notamment célèbre pour ses performances dans des sketches où il incarne des personnages étranges, parfois inquiétants, souvent absurdes. L’un de ses plus célèbres segments reste celui où il imagine des célébrités ayant des aiguilles dans les yeux, difficile de faire plus spécifique comme concept. Mais c’est justement cette capacité à aller là où personne ne veut ou n’ose aller qui fait de Michael O'Donoghue une figure culte.
Cela dit, son caractère difficile et son exigence extrême lui valent aussi des tensions récurrentes avec la production. Il quitte l’émission en 1978, y revient brièvement au début des années 1980, avant d’en être finalement évincé pour de bon. Mais même en partant, il laisse une empreinte durable sur la structure même du comique télévisuel.
Une écriture corrosive pour le cinéma et au-delà
Après son passage chez SNL, Michael O'Donoghue continue d’écrire pour le cinéma, parfois avec succès, souvent dans la même veine étrange et volontairement dérangeante. Il coécrit Scrooged (1988) avec Bill Murray, une version moderne et cynique du conte de Dickens. Là encore, son humour fait mouche, à condition d’avoir le goût de l’ironie amère.
Il travaille également sur des projets plus personnels, mais dont peu verront le jour. Certains scripts non produits ou sketches refusés par les studios sont devenus des objets de fascination pour les amateurs de comédie noire. Ce n’est pas tant pour leur potentiel commercial que pour leur originalité brute que ces textes intéressent : Michael O'Donoghue n’écrivait pas pour plaire, il écrivait pour choquer, provoquer, interroger.
Un personnage culte en marge du système
Toujours habillé en noir, amateur d’humour macabre et de références littéraires pointues, Michael O'Donoghue était aussi son propre personnage. Il cultivait une image de dandy ténébreux, difficile à cerner, parfois difficile à supporter. Ceux qui l’ont côtoyé parlent d’un génie impitoyable, brillant mais imprévisible, capable d’écrire un sketch hilarant comme de sombrer dans une tirade nihiliste.
Il n’a jamais vraiment cherché à s’adapter aux codes de l’industrie, préférant rester fidèle à une vision artistique radicale, quitte à se brûler les ailes. Ce qui explique peut-être pourquoi, malgré sa contribution décisive à la culture populaire, Michael O'Donoghue reste encore aujourd’hui relativement méconnu du grand public.
Fin de parcours et héritage amer
Michael O'Donoghue est mort en 1994, à l’âge de 54 ans, des suites d’une hémorragie cérébrale. Sa disparition a laissé un vide dans le monde de l’humour américain, même si son influence se ressent toujours dans les générations suivantes. Des comédiens et auteurs comme Tina Fey, Bill Hader ou Adam McKay reconnaissent sa contribution fondatrice au ton unique de SNL, entre anarchie maîtrisée et satire sociale acide.
Aujourd’hui encore, les textes et performances de Michael O'Donoghue continuent d’alimenter les discussions sur les limites de l’humour, le rôle de la télévision dans la critique sociale, et l’impact qu’un seul esprit, aussi indocile soit-il, peut avoir sur une culture entière.
Il reste un cas à part : ni héros, ni vilain, juste un homme avec une machine à écrire et un regard sans illusion sur le monde. Et un bon nombre de sketches qui, même des décennies plus tard, gardent cette capacité rare à surprendre, déranger, faire rire, parfois tout ça en même temps.
Filmographie
3 sur 3 films