Michael Gough

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Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 12 films
Récompense 1 nomination et 0 victoire

Biographie

Michael Gough, né le 23 novembre 1916 à Kuala Lumpur (à l’époque en Malaisie britannique) et mort le 17 mars 2011 à Salisbury (Angleterre), est un acteur britannique dont la carrière a traversé presque tout le XXe siècle. De la scène shakespearienne aux plateaux de superproductions hollywoodiennes, Michael Gough a imposé une présence élégante, souvent autoritaire, parfois inquiétante, mais toujours parfaitement maîtrisée.

S’il reste surtout connu du grand public pour avoir incarné Alfred Pennyworth, le fidèle majordome dans la saga Batman réalisée par Tim Burton et Joel Schumacher, Michael Gough a pourtant mené une carrière bien plus riche, en particulier dans le théâtre classique et le cinéma de genre britannique, notamment au sein des studios Hammer, ces temples du gothique horrifique des années 1950 à 70.

Michael Gough et les débuts d’une longue carrière théâtrale

Formé à la Old Vic Theatre School, Michael Gough fait ses débuts dans les années 1940. Il s’impose rapidement comme un acteur classique, capable d’interpréter aussi bien les grands rôles de Shakespeare que des figures plus contemporaines. Son jeu, tout en retenue et en précision, s’inscrit dans la tradition théâtrale britannique, où l’élégance du langage est aussi importante que la posture ou la gestuelle.

Au théâtre, il est respecté pour sa rigueur, son articulation impeccable (un vrai plaisir pour les oreilles des puristes), et son engagement profond dans chaque rôle, qu’il s’agisse d’un roi maudit ou d’un vieil érudit.

Une figure marquante du cinéma d’horreur britannique

À partir des années 1950, Michael Gough devient un visage familier du cinéma d’épouvante britannique, en particulier chez Hammer Films, célèbre pour ses adaptations gothiques de Dracula, Frankenstein et autres classiques revisités avec un zeste de sang frais.

On le retrouve dans Horror of Dracula (1958), The Phantom of the Opera (1962), The Corpse (1971), ou encore Crucible of Horror (1971), souvent dans des rôles d’aristocrates déchus, de scientifiques dérangés ou de figures paternelles ambivalentes. Ce registre, à la frontière du baroque et de l’épouvante psychologique, lui convient parfaitement. Il y apporte un mélange de froideur distinguée et de trouble intérieur, un peu comme si le mal rôdait toujours sous le masque du gentleman.

Il joue aussi dans plusieurs films de série B où il est, parfois, le seul véritable acteur du casting, et ça se sent. Mais qu’importe le budget ou la notoriété du projet, Michael Gough livre toujours une performance impeccable, avec ce petit air de ne jamais prendre le scénario trop au sérieux, sans jamais tomber dans la parodie.

Alfred, le majordome le plus emblématique de Gotham

La résurgence de Michael Gough dans la culture populaire survient à la fin des années 1980, grâce à Tim Burton, qui le choisit pour interpréter Alfred Pennyworth dans Batman (1989), aux côtés de Michael Keaton, Jack Nicholson et Kim Basinger. Son interprétation du majordome est immédiatement saluée : discrète, pleine d’humour, de tendresse et de loyauté.

Il reprendra ce rôle dans quatre films, de Batman Returns à Batman & Robin, devenant ainsi l’un des rares éléments constants d’une franchise qui changeait régulièrement de ton… et de Batman. Ce Alfred raffiné et affectueux, un brin pince-sans-rire, deviendra une référence du personnage pour toute une génération, bien avant les versions plus militaires ou sarcastiques qui suivront.

Une fin de carrière au service du cinéma d’auteur

Même en prenant de l’âge, Michael Gough n’a jamais raccroché. Il reste actif jusque dans les années 2000, notamment grâce à sa collaboration durable avec Tim Burton, qui lui confie des rôles dans Sleepy Hollow, Corpse Bride (où il prête sa voix), et Alice in Wonderland (2010), son dernier rôle au cinéma. On y retrouve la patte Burtonienne… et le flegme inimitable de Michael Gough.

Son jeu n’a jamais perdu en intensité, seulement en volume sonore. Plus les années passent, plus Michael Gough devient économe de ses gestes, de ses mots, mais jamais de sa présence. Il reste une silhouette immédiatement reconnaissable, un acteur de l’ancienne école qui savait donner du poids à chaque réplique, même dans un univers de lapins en retard ou de chauves-souris masquées.

Michael Gough, le parfait équilibre entre dignité britannique et folie douce

Il y a quelque chose d’assez unique chez Michael Gough : un mélange de noblesse tranquille et de folie latente. On ne savait jamais tout à fait s’il allait vous offrir une tasse de thé… ou déclencher l’apocalypse. C’est cette ambiguïté, couplée à une diction impeccable et une gestuelle millimétrée, qui faisait de lui un acteur fascinant à regarder, même dans les scènes les plus anodines.

Discret dans sa vie personnelle, peu porté sur les interviews ou les mondanités, Michael Gough laisse derrière lui une carrière dense, respectée, et étonnamment éclectique. Du théâtre classique aux superproductions hollywoodiennes, en passant par le cinéma d’horreur fauché, il a tout joué, toujours avec sérieux, parfois avec une lueur d’ironie dans le regard.

Et même si son nom ne trône pas au sommet des génériques, Michael Gough reste pour beaucoup le symbole d’une époque du cinéma où l’élégance et la retenue pouvaient suffire à voler la vedette… sans jamais hausser le ton.

Filmographie

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