Megan Ellison

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Détails

Âge
Nationalité
Famille
Filmographie 15 films
Récompenses 6 nominations et 0 victoire

Biographie

Megan Ellison est née le 31 janvier 1986 à Santa Clara County, en Californie. Fille du milliardaire Larry Ellison, cofondateur d’Oracle, elle aurait pu se contenter d’une vie discrète dans les cercles du capital-risque. Elle a préféré le cinéma d’auteur, les projets risqués, les films qui divisent et les réalisateurs exigeants. À travers sa société de production Annapurna Pictures, Megan Ellison est devenue, en quelques années, l’une des productrices les plus influentes, et les plus atypiques, du paysage hollywoodien contemporain.

Une entrée fracassante dans le cinéma indépendant

Le parcours de Megan Ellison n’a rien d’un conte de fées hollywoodien traditionnel. Elle commence par étudier brièvement le cinéma à l’USC (University of Southern California), sans terminer son cursus. Rapidement, elle se tourne vers la production, attirée non pas par les blockbusters mais par les films audacieux, souvent portés par des auteurs aux visions fortes, parfois même un peu ingérables.

Elle fonde Annapurna Pictures en 2011, et les premiers coups d’éclat ne tardent pas : The Master (2012) de Paul Thomas Anderson, Zero Dark Thirty (2012) de Kathryn Bigelow, Her (2013) de Spike Jonze ou encore American Hustle (2013) de David O. Russell. Des films qui remportent des nominations multiples aux Oscars, qui divisent la critique, et qui affirment une ligne éditoriale claire : exigeante, esthétique, souvent politique, toujours audacieuse.

À une époque où les studios deviennent frileux, préférant les franchises aux récits originaux, Megan Ellison se positionne comme une bienfaitrice du cinéma d’auteur, en mettant son argent au service de visions singulières.

Annapurna Pictures : laboratoire d’ambitions et de chaos contrôlé

Le nom Annapurna, emprunté à une chaîne montagneuse de l’Himalaya, n’a pas été choisi au hasard. Il symbolise une quête, une forme d’ascension risquée, une métaphore parfaite pour les films que produit la société. Au fil des années, Annapurna Pictures devient une structure qui mêle cinéma indépendant haut de gamme, prises de risque financières, et relations tumultueuses avec les studios traditionnels.

La société développe également des projets dans le jeu vidéo et la télévision, et se lance même un temps dans la distribution, avant de rencontrer des difficultés financières. Car l’indépendance a un coût, et tous les films ambitieux ne trouvent pas leur public. Mais ce mélange de passion artistique et d’exposition au risque fait partie de la marque de fabrique de Megan Ellison.

En 2014, elle entre dans l’histoire en devenant la première femme productrice à recevoir deux nominations consécutives pour l’Oscar du meilleur film (Her et American Hustle). Une reconnaissance institutionnelle rare pour une productrice de son âge, et surtout pour quelqu’un qui refuse les compromis.

Une figure queer, engagée et farouchement libre

Megan Ellison ne se contente pas de produire des films à contre-courant, elle incarne aussi une certaine idée de la contre-culture hollywoodienne. Elle est ouvertement queer, défend des positions progressistes sur les questions de genre, de diversité, de représentation, et elle soutient de nombreux artistes issus de minorités. Sans faire grand bruit, elle fait avancer les lignes dans un secteur encore largement normé.

Son style personnel, souvent androgyne, son rapport distant aux médias, sa franchise parfois désarmante, contribuent à construire une image publique singulière. Elle évite les projecteurs tout en imposant sa présence par les œuvres qu’elle soutient.

Megan Ellison ne se plie pas aux codes : ni ceux de la finance, ni ceux d’Hollywood. Elle se bat pour que des films comme Detroit, If Beale Street Could Talk ou Foxcatcher existent. Et si certains projets échouent commercialement, elle continue à privilégier la qualité artistique à la rentabilité immédiate. Une stratégie qui agace certains mais qui, à long terme, aura marqué une génération de cinéastes.

Une mécène contemporaine pour un cinéma en crise

À bien des égards, Megan Ellison joue un rôle que peu osent assumer à Hollywood : celui de la mécène contemporaine, prête à injecter des millions dans des projets dont les studios traditionnels ne veulent plus. Elle incarne un modèle de productrice hybride, entre la rigueur d’une businesswoman et le flair d’une amoureuse du cinéma.

Certains l’ont comparée à Irving Thalberg, Dino De Laurentiis, ou même à des figures de la production européenne comme Margaret Menegoz ou Christine Vachon. Elle partage avec eux le goût du risque, la fidélité aux réalisateurs, et la volonté de défendre un cinéma qui pense et dérange.

Filmographie

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