Maximilian Schell

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Détails

Âge
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Filmographie 5 films
Récompenses 4 nominations et 1 victoire

Biographie

Maximilian Schell, né le 8 décembre 1930 à Vienne (Autriche) et décédé le 1er février 2014 à Innsbruck, est un acteur, réalisateur, producteur et scénariste austro-suisse qui a marqué à la fois le cinéma américain et la culture européenne.

Polyglotte, élégant, intense, souvent attiré par les personnages complexes, Maximilian Schell fait partie de cette génération d’artistes ayant émergé après la Seconde Guerre mondiale, avec un regard lucide sur l’Histoire… et un profond respect pour l’intelligence du public. Premier acteur germanophone à recevoir l’Oscar du meilleur acteur après la guerre, il a su faire le lien entre plusieurs mondes : Hollywood et l’Europe, le théâtre et le cinéma, la fiction et la mémoire.

Des racines artistiques et exilées

Né dans une famille de culture, Maximilian Schell est le fils d’un écrivain suisse et d’une actrice viennoise. Sa sœur ainée, Maria Schell, deviendra elle aussi une actrice internationalement reconnue. Lorsque l’Anschluss (annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie) survient en 1938, la famille fuit vers la Suisse. Ce déracinement précoce, dans un contexte de montée du fascisme, marquera profondément l’univers moral de Maximilian Schell, tout comme son rapport aux rôles qu’il choisira plus tard.

Il étudie à Zurich, puis à Munich, avant de se former à l’art dramatique et à la philosophie. Dès ses débuts, il est à la fois homme de lettres et homme de scène, et cela se ressentira dans tout son parcours.

L’éclat hollywoodien avec Jugement à Nuremberg

C’est avec le film Judgment at Nuremberg (Jugement à Nuremberg, 1961) que Maximilian Schell obtient la reconnaissance mondiale. Il y incarne un avocat de la défense dans un procès fictif inspiré des véritables procès des nazis après la guerre. Entouré de géants comme Spencer Tracy, Burt Lancaster ou Marlene Dietrich, il livre une performance d’une intensité remarquable, défendant ses clients avec une conviction glaçante… tout en exposant les zones grises de la justice face à l’inhumanité.

Le rôle lui vaut l’Oscar du meilleur acteur, et installe Maximilian Schell comme une voix européenne dans le cinéma américain, capable d’apporter une profondeur intellectuelle à des sujets sensibles. C’est aussi l’un des rares films de l’époque à aborder la Shoah avec une telle frontalité, ce qui renforce encore l’impact de sa performance.

Un acteur attiré par les dilemmes moraux et historiques

Tout au long de sa carrière, Maximilian Schell semble attiré par les rôles qui posent des questions éthiques ou historiques. On le retrouve souvent dans des personnages d’autorité, de pouvoir ou de conflit intérieur : officiers, avocats, médecins, hommes d’État. Il joue dans The Man in the Glass Booth, Cross of Iron de *Sam Peckinpah, Julia de Fred Zinnemann, ou encore A Bridge Too Far, toujours avec cette intensité retenue et cette diction précise.

Mais il ne se limite pas aux drames historiques. Il participe aussi à des films de science-fiction (The Black Hole chez Disney), à des thrillers, et même à des productions européennes plus expérimentales. Sa capacité à naviguer entre les langues (allemand, anglais, français) et les registres en fait un acteur extrêmement adaptable… sans jamais perdre son style.

Un réalisateur ambitieux, entre documentaires et fictions

Derrière la caméra, Maximilian Schell se révèle également talentueux. Il réalise plusieurs films, dont le plus personnel est sans doute Marlene (1984), un documentaire fascinant sur Marlene Dietrich, construit uniquement à partir de sa voix off (elle refuse de paraître à l’image) et d’archives. Le résultat, à la fois pudique, drôle, mélancolique et profondément humain, est salué par la critique et nommé à l’Oscar du meilleur documentaire.

Il réalise aussi des adaptations d’opéra filmées, notamment autour de Beethoven et Verdi, combinant sa passion pour la musique classique à sa sensibilité cinématographique.

Une passion pour la scène et la musique

Car oui, Maximilian Schell n’a jamais quitté complètement le monde du théâtre. Il joue régulièrement sur les grandes scènes européennes et américaines, notamment dans les pièces de Shakespeare, Schiller, Tchekhov ou Ibsen. Il s’illustre aussi comme narrateur et interprète dans des concerts, mariant son jeu à des œuvres musicales, une manière originale de fusionner théâtre et musique.

Il a même dirigé des concerts symphoniques en tant que récitant, prouvant que l’art dramatique, chez lui, ne se limite pas à la fiction mais s’étend à toutes les formes d'expression.

Une carrière marquée par la rigueur, l’intellect et la sensibilité

Discret en dehors des plateaux, Maximilian Schell a toujours évité les excès médiatiques. Il préférait les interrogations morales aux paillettes, les rôles exigeants aux performances tape-à-l’œil. Son jeu, parfois perçu comme austère, révèle en fait une grande richesse intérieure : ses silences sont aussi éloquents que ses monologues.

Jusqu’à la fin de sa vie, il continue à jouer, à voyager entre l’Europe et les États-Unis, à réfléchir sur le pouvoir du cinéma. Son décès, en 2014, a été salué par de nombreux artistes comme la perte d’un passeur entre les cultures, un acteur qui avait su faire le lien entre les mémoires du XXe siècle et les arts du spectacle.

Maximilian Schell, c’est une certaine idée du métier d’acteur : érudit mais jamais froid, engagé mais jamais donneur de leçons, populaire sans chercher à plaire. Un artiste complet, pour qui chaque rôle était une question posée au monde.

Filmographie

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