Maud Wyler

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Filmographie 4 films

Biographie

Maud Wyler, née le 14 décembre 1982 à Paris, est une actrice française discrète mais de plus en plus remarquée dans le paysage du cinéma d’auteur contemporain. Son visage intense, son jeu tout en retenue, et ses choix artistiques exigeants font d’elle une comédienne à part, que l’on retrouve dans des films souvent subtils, profonds, voire austères, mais toujours traversés par une forme de vérité nue. Sans être une figure tapageuse du grand écran ni une habituée des tapis rouges, Maud Wyler s’est imposée avec régularité comme une présence juste et forte, capable d’incarner des personnages complexes avec une économie de gestes et une intensité rare.

Une formation théâtrale solide

Maud Wyler suit une formation à l’école du Théâtre national de Strasbourg (TNS), un passage marquant pour nombre d’acteurs français attachés à une approche rigoureuse du texte et du jeu. Elle y développe un rapport exigeant à la scène, au corps, au silence aussi, autant d’éléments qu’on retrouve ensuite dans sa manière d’habiter les rôles au cinéma.

Le théâtre reste d’ailleurs un terrain important dans sa carrière. Elle y revient régulièrement, notamment dans des mises en scène contemporaines, souvent exigeantes, qui la placent dans des récits denses, parfois frontaux, parfois éthérés. Ce va-et-vient constant entre scène et écran participe à la richesse de son parcours.

Un visage du cinéma d’auteur français

C’est dans le cinéma d’auteur que Maud Wyler trouve sa place la plus naturelle. Dès les années 2010, elle apparaît dans plusieurs films qui la révèlent aux cinéphiles. Son rôle dans La Jalousie de Philippe Garrel (2013) marque un tournant : elle y incarne une jeune femme aimante mais insaisissable, face à Louis Garrel. Le noir et blanc du film, le rythme lent, l’introspection émotionnelle conviennent parfaitement à son jeu tout en nuance.

On la retrouve dans La Fille et le fleuve (2014), Caprice (2015) ou encore L’Ordre des médecins (2018), où elle continue d’explorer des personnages souvent aux prises avec le doute, la solitude, la résistance intime. À l’opposé des performances démonstratives, Maud Wyler pratique un jeu de l’intérieur : son expressivité est plus dans le regard que dans les mots.

Elle fait également partie de ces actrices capables de se fondre dans des univers très divers tout en gardant une même exigence artistique, qu’il s’agisse de récits réalistes, de drames intimistes ou de fables modernes.

La vie au ranch et Perdrix : films révélateurs d’une actrice libre

Deux films illustrent particulièrement bien sa sensibilité.

D’abord La vie au ranch (2010), premier long-métrage de Sophie Letourneur, dans lequel Maud Wyler incarne une jeune Parisienne en pleine transition vers l’âge adulte. Le film, tourné comme une chronique brute et vivante, révèle déjà cette capacité qu’a Maud Wyler à rendre naturel l’artificiel, à faire exister les silences et les flottements.

Puis Perdrix (2019), comédie douce-amère et décalée de Erwan Le Duc, où elle partage l’affiche avec Swann Arlaud. Elle y incarne une femme libre, imprévisible, qui entre comme une tornade poétique dans la vie d’un gendarme un peu trop bien rangé. Ce rôle lui permet de montrer un registre plus lumineux, drôle, sans perdre cette profondeur mélancolique qui teinte souvent ses personnages.

Le film est salué pour son ton original, entre fantaisie et émotion, et Maud Wyler y brille par sa singularité. Son personnage n’est jamais une simple excentrique : elle lui donne une densité, une trajectoire, un mystère aussi.

Une actrice des marges, mais jamais marginale

Maud Wyler ne court pas après les premiers rôles tapageurs ni les blockbusters, mais elle ne refuse pas pour autant les films plus visibles. Elle choisit ses projets avec soin, dans une logique de cohérence artistique. On l’a vue dans des films plus exposés comme La Daronne (2020), avec Isabelle Huppert, ou encore Des hommes (2020) de Lucas Belvaux, qui aborde avec gravité les séquelles de la guerre d’Algérie.

À la télévision aussi, elle s’invite discrètement, comme dans la mini-série OVNI(s) (2021), dans laquelle elle retrouve un ton décalé, entre science-fiction légère et satire bureaucratique.

Ce qui reste constant, quel que soit le format, c’est cette capacité à incarner sans surjouer, à faire vibrer un personnage dans ses silences comme dans ses éclats.

Filmographie

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