Matthew Harrison
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Détails
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| Filmographie | 7 films |
Biographie
Matthew Harrison, né le 17 décembre 1959 à New York, est un réalisateur, scénariste et producteur américain associé au cinéma indépendant new-yorkais des années 1990. Moins connu du grand public que d'autres figures de la même époque, Matthew Harrison fait pourtant partie de ces auteurs qui ont exploré les marges du système hollywoodien en y insufflant un regard personnel, souvent ironique, parfois désenchanté, et toujours très ancré dans la culture urbaine. Avec des films à petit budget mais à forte personnalité, Matthew Harrison incarne un certain esprit DIY (Do It Yourself), typique de la scène indépendante américaine, entre les salles de projection alternatives, les festivals et les projets autoproduits. Loin des blockbusters, mais jamais à court d’idées.
Un pied dans la scène new-yorkaise underground
Avant de passer au long métrage, Matthew Harrison se fait connaître à travers une série de courts-métrages expérimentaux, réalisés dans les années 1980. Il développe un style visuel assez brut, souvent en noir et blanc, influencé par le cinéma punk, les arts plastiques et le mouvement No Wave new-yorkais. Ces œuvres, parfois tournées avec trois bouts de ficelle et beaucoup d’enthousiasme, trouvent leur public dans des festivals underground, où son approche radicale de la narration intrigue autant qu’elle dérange.
Mais c’est dans les années 1990 que Matthew Harrison accède à une reconnaissance plus large, notamment avec Kicked in the Head (1997), une comédie noire produite par Martin Scorsese. Oui, Martin Scorsese, rien que ça. Preuve que les grands noms du cinéma n’hésitent pas à soutenir des projets atypiques quand ils flairent un véritable auteur derrière la caméra.
Kicked in the Head : entre dérive urbaine et poésie absurde
Kicked in the Head, écrit par l’acteur Kevin Corrigan, suit un jeune homme paumé dans les rues de New York, après avoir reçu une mystérieuse valise pleine de bouteilles et une lettre étrange. Le film est à la fois un road-movie à pied, une comédie sur la marginalité, et un portrait doux-amer d’une génération désorientée. Matthew Harrison y impose un ton inclassable, un peu absurde, un peu mélancolique, avec une galerie de personnages décalés et un amour évident pour la ville qui l’a vu grandir.
Même si le film n’a pas rencontré un succès grand public, il reste apprécié par les amateurs de cinéma indépendant pour son audace narrative, son humour en demi-teinte et son traitement quasi poétique du non-sens. Et puis, réussir à monter un film de cette veine avec le soutien d’un Scorsese producteur exécutif, ce n’est pas si courant.
Un réalisateur fidèle à l’indépendance, dans tous les sens du terme
Matthew Harrison n’a jamais tenté de rentrer dans le moule hollywoodien. Après Kicked in the Head, il continue à écrire et à réaliser, mais souvent en marge du circuit commercial. Il enseigne également le cinéma, participe à des projets éducatifs et reste actif dans le circuit des petits festivals, où il propose des films expérimentaux ou des œuvres hybrides mêlant fiction, documentaire et performances visuelles.
Ce qui le caractérise, c’est un désintérêt manifeste pour les formats calibrés et une vraie liberté dans le ton. Que ce soit dans le choix des sujets, des structures narratives ou des personnages, Matthew Harrison préfère toujours l’originalité au consensus. Il fait partie de ces cinéastes qui résistent à la standardisation et qui continuent, parfois dans l’ombre, à défendre un cinéma libre, sans prétention mais profondément personnel.