Mathieu Demy
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Détails
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| Filmographie | 3 films |
Biographie
Mathieu Demy, né le 15 octobre 1972 à Paris, est un acteur, réalisateur, producteur et scénariste français. Fils des cinéastes Agnès Varda et Jacques Demy, il grandit littéralement au cœur du cinéma français, bercé par les images, les tournages, et une vision artistique où la liberté de ton est essentielle.
Pourtant, Mathieu Demy ne s’est pas contenté de prolonger le parcours de ses parents : il a tracé sa propre voie, parfois en marge, souvent dans l’ombre, mais avec une sincérité indéniable. Acteur depuis l’enfance, réalisateur à l’âge adulte, il oscille entre fictions intimistes, productions exigeantes et apparitions dans des œuvres plus populaires, toujours avec ce mélange de discrétion et d’implication qui le caractérise.
Un début de carrière façonné par le cinéma familial
C’est sous l’objectif de sa mère, Agnès Varda, que Mathieu Demy fait ses premiers pas au cinéma. Il apparaît dans L'une chante, l'autre pas en 1977, puis de manière plus significative dans Documenteur (1981) et Kung-Fu Master! (1988), deux films où il incarne un enfant ou un adolescent, souvent en lien direct avec des thèmes autobiographiques.
Ce début de carrière est à la fois une chance et un fardeau : être le fils de deux figures majeures du cinéma d’auteur n’est pas sans pression. Mais Mathieu Demy s’empare de cet héritage avec pudeur. Il ne cherche ni à imiter ni à se rebeller frontalement, préférant une trajectoire faite de choix mesurés, de collaborations bien choisies, et d’une implication artistique constante.
Une reconnaissance progressive comme acteur
Dans les années 1990 et 2000, Mathieu Demy enchaîne les rôles dans des films souvent exigeants, au ton résolument auteuriste. Il tourne avec Tonie Marshall, André Téchiné, Philippe Garrel, Emmanuelle Bercot, Noémie Lvovsky, et bien d’autres. Il choisit des projets où le jeu d’acteur repose plus sur les silences, les non-dits, les tensions contenues que sur l'effet spectaculaire.
On le voit notamment dans Jeanne et le garçon formidable (1998), comédie musicale décalée sur fond de lutte contre le sida, ou encore Le Pacte des Loups (2001), film de genre où il s'aventure dans un registre plus mainstream. Ces rôles montrent sa capacité à se glisser dans des univers très différents, du plus poétique au plus physique.
Ce n’est pas un acteur "star" au sens médiatique, mais un comédien régulier, fiable, au visage familier dans le cinéma français indépendant.
Un passage derrière la caméra : un cinéma personnel et transfrontalier
En 2011, Mathieu Demy passe à la réalisation avec Americano, un premier long-métrage qu’il écrit, produit, joue et réalise. Le film, qui mêle fiction et résonances autobiographiques, raconte le voyage d’un homme en deuil, de la France aux États-Unis, sur les traces d’un passé flou. Salma Hayek y incarne un personnage mystérieux, dans un Los Angeles à la fois lumineux et mélancolique.
Americano est un film sensible, intime, et une sorte de déclaration d’indépendance : Mathieu Demy y exprime une esthétique personnelle, influencée autant par le cinéma européen que par les codes du cinéma américain, sans jamais tomber dans l’imitation.
Ce film témoigne aussi de sa volonté de parler de l’exil intérieur, des relations familiales complexes, du lien entre mémoire et identité. Thèmes qui, sans surprise, dialoguent discrètement avec l’œuvre de ses parents, sans s’y superposer.
Une place à part dans la télévision française
Au fil des années, Mathieu Demy investit aussi la télévision, avec une série de rôles dans des productions notables. Il apparaît dans Le Bureau des Légendes, où il incarne un agent du renseignement, puis dans la série Mytho, où il joue le rôle d’un mari au cœur d’une intrigue domestique qui bascule dans le mensonge et la manipulation.
Ces performances plus "grand public" montrent sa capacité à toucher un public plus large, tout en gardant son style sobre, presque intérieur. Il évite toujours le surjeu, préférant les failles aux certitudes, les zones grises aux évidences.
Un héritier discret, mais pas effacé
Le nom Demy est lourd d’histoire dans le cinéma français. Pourtant, Mathieu Demy ne s’est jamais caché derrière lui. Il ne revendique pas un patrimoine, il le prolonge autrement. Il participe à la préservation de l’œuvre de ses parents, en particulier en collaborant avec la Cinémathèque Française ou en contribuant à la restauration de leurs films, mais sans en faire un cheval de bataille personnel.
Sa propre œuvre, plus discrète mais tout aussi sincère, explore des territoires émotionnels proches, souvent à travers des personnages en décalage, en recherche, en fuite. Il appartient à cette génération d’artistes qui travaillent sans bruit, sans stratégie de visibilité, mais dont les choix construisent peu à peu une œuvre cohérente.
Une carrière au rythme singulier
Mathieu Demy ne tourne pas à tout prix, ne réalise pas à la chaîne, et ne s’expose pas plus que nécessaire. Ce rythme lent mais constant lui permet de garder une forme de contrôle artistique, loin de la frénésie médiatique. On le voit moins que d’autres, mais ses apparitions ont toujours un sens, une intention.
Acteur-réalisateur discret, Mathieu Demy incarne cette figure rare dans le cinéma français : celle de l’artiste libre, qui préfère les chemins de traverse aux grandes routes. Une trajectoire à son image : sobre, personnelle, et profondément humaine.