Martin Scorsese
- Casting
- Réalisation
- Production
- Écriture
Détails
| Âge |
|
Nationalité |
|---|---|
| Famille | |
| Filmographie | 26 films |
| Récompenses | 37 nominations et 10 victoires |
Biographie
Martin Scorsese, né le 17 novembre 1942 à Queens, New York (États-Unis), est un réalisateur, scénariste, producteur et historien du cinéma considéré comme l’un des cinéastes les plus influents de l’histoire du 7ᵉ art. Issu d’une famille italo-américaine, élevé dans le quartier populaire de Little Italy, il transforme très tôt son regard aigu sur la vie urbaine, la religion et les tensions sociales en un style cinématographique inimitable, alliant virtuosité technique et profondeur morale.
Martin Scorsese, une vocation née dans les salles obscures
Enfant asthmatique, Martin Scorsese fréquente peu les terrains de sport mais développe une passion dévorante pour le cinéma, qu’il découvre dans les salles de New York, entre westerns classiques, films de gangsters et œuvres européennes. Il étudie à la NYU Tisch School of the Arts, où il réalise plusieurs courts-métrages, dont The Big Shave, une métaphore sanglante de la guerre du Vietnam, qui fait déjà apparaître son style visuel fort et son intérêt pour les pulsions destructrices.
Il se fait remarquer avec Mean Streets (1973), où il filme la rue avec une énergie nerveuse, au son des Rolling Stones et avec une caméra presque sauvage. On y découvre déjà deux de ses futurs collaborateurs fétiches : Harvey Keitel et Robert De Niro.
Taxi Driver, Raging Bull, Goodfellas : une trilogie noire de l’Amérique
Le grand public découvre Martin Scorsese avec Taxi Driver (1976), portrait halluciné d’un vétéran désabusé (De Niro encore) qui bascule dans la violence. Le film, Palme d’Or à Cannes, devient une œuvre culte, et son célèbre « You talkin’ to me? » entre dans l’histoire. Scorsese y filme la solitude urbaine, la paranoïa, la folie latente, des thèmes qu’il revisitera sous de nombreuses formes.
Il continue à creuser ce sillon avec Raging Bull (1980), biographie en noir et blanc du boxeur Jake LaMotta, ou Goodfellas (1990), fresque ultra-réaliste sur la mafia, adaptée d’une histoire vraie. Ce dernier film, où Martin Scorsese explore les codes de la criminalité avec une caméra en perpétuel mouvement, est considéré comme un sommet du film de gangsters, aussi viscéral qu’élégant. Le rôle de Ray Liotta, les accès de violence de Joe Pesci, les silences de Paul Sorvino : tout y est millimétré, sans jamais perdre la tension organique.
Une œuvre hantée par la religion, la culpabilité et la rédemption
L’œuvre de Martin Scorsese ne se résume pas aux mafieux et aux flingues. Elle est profondément marquée par sa foi catholique et les dilemmes moraux qu’elle entraîne. Dans La Dernière Tentation du Christ (1988), adaptation controversée du roman de Nikos Kazantzakis, il montre un Jésus humain, déchiré, charnel, ce qui lui vaut des accusations de blasphème, mais aussi des éloges pour sa sincérité spirituelle.
Dans Silence (2016), il retrouve cette quête mystique à travers l’histoire de missionnaires jésuites confrontés à la souffrance et au doute dans le Japon du XVIIᵉ siècle. Ce film austère, introspectif, représente peut-être l’aboutissement d’une quête cinématographique de la foi, commencée des décennies plus tôt.
Leonardo DiCaprio, l’héritier d’une nouvelle époque
Après avoir formé un duo mythique avec Robert De Niro, Martin Scorsese s’entoure dans les années 2000 de Leonardo DiCaprio, qu’il dirige à plusieurs reprises : Gangs of New York, The Aviator, The Departed, Shutter Island, The Wolf of Wall Street… Ces films marquent une évolution de son style, toujours virtuose, mais plus axé sur les ambitions, les excès et les chutes des grandes figures américaines. Scorsese y explore la corruption morale, la mégalomanie, et la frontière trouble entre ascension et perdition.
The Departed lui vaut enfin, en 2007, l’Oscar du meilleur réalisateur, après de nombreuses nominations restées sans victoire, un moment attendu, mais accueilli avec humour par le principal intéressé.
Un cinéphile militant et un protecteur du patrimoine
Au-delà de ses films, Martin Scorsese est l’un des grands défenseurs du patrimoine cinématographique mondial. Il crée en 1990 la Film Foundation, qui œuvre à la restauration et à la préservation de films menacés de disparition. Il ne cesse de parler de cinéma avec passion, dans des documentaires comme A Personal Journey with Martin Scorsese Through American Movies ou Il mio viaggio in Italia, véritables lettres d’amour au 7ᵉ art.
Son obsession du détail, sa maîtrise du montage, sa direction d’acteurs exceptionnelle font de lui un cinéaste respecté par toutes les générations, de Quentin Tarantino à Greta Gerwig. Il n’hésite pas non plus à défendre une certaine idée du cinéma d’auteur face à la montée des blockbusters et des plateformes, même si lui-même a travaillé avec Netflix pour The Irishman (2019).
Martin Scorsese, un artiste en quête de vérité
Avec sa silhouette familière, ses lunettes rondes et sa voix énergique, Martin Scorsese resteé l’un des réalisateurs les plus actifs et pertinents de son époque. Chaque film qu’il signe interroge des obsessions : la trahison, la foi, la culpabilité, la mort, l’Amérique. Il ne filme pas pour divertir, mais pour comprendre, ce qui ne l’empêche pas d’être souvent aussi palpitant qu’un thriller.
Scorsese ne se contente pas de raconter des histoires : il les incarne avec une urgence, une intelligence et une intensité rares. Et son œuvre, tout en étant profondément ancrée dans la culture américaine, est universelle dans ses interrogations. Martin Scorsese, c’est le regard d’un enfant fasciné par l’image, devenu le sage turbulent du cinéma mondial.
Filmographie
26 sur 26 films