Martin Landau
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 14 films |
| Récompenses | 4 nominations et 1 victoire |
Biographie
Martin Landau, né le 20 juin 1928 à Brooklyn, dans l’État de New York (États-Unis), et décédé le 15 juillet 2017 à Los Angeles, fut l’un de ces acteurs qu’on reconnaît immédiatement, même quand on ne sait plus très bien dans quel film on l’a vu.
Doté d’un regard profond et d’un jeu tout en nuances, il a traversé plus de six décennies de cinéma et de télévision avec une constance rare, oscillant entre grands classiques hollywoodiens, science-fiction télévisuelle, et rôles de composition bouleversants.
Avant d’être acteur, Martin Landau est d’abord dessinateur de presse pour le New York Daily News. Mais à 22 ans, il abandonne la planche à dessin pour le théâtre. Formé au prestigieux Actors Studio, il y côtoie des noms comme James Dean ou Steve McQueen, et pose les bases d’un jeu introspectif, rigoureux, sans esbroufe.
Hitchcock, la télévision et les débuts sous tension
C’est Alfred Hitchcock qui lui offre son premier rôle notable au cinéma : dans La Mort aux trousses (North by Northwest, 1959), Martin Landau incarne Leonard, le bras droit du méchant principal, interprété par James Mason. Avec un sous-texte homoérotique audacieux pour l’époque, le personnage montre déjà l’audace de Landau : un second rôle… mais qui en dit long.
Durant les années 1960, il s’impose surtout à la télévision, notamment dans la série culte Mission: Impossible (1966–1969), où il campe Rollin Hand, maître du déguisement. Il reçoit trois nominations aux Emmy pour ce rôle et devient une figure familière du petit écran américain. Il joue également dans Space: 1999 (1975–1977), série de science-fiction britannique où il incarne le commandant Koenig. Ces deux rôles l’installent comme un acteur solide, mais il peine alors à trouver des rôles à la hauteur de son talent au cinéma.
Une renaissance tardive et saluée par la critique
La carrière de Martin Landau connaît un virage inattendu à la fin des années 1980. Francis Ford Coppola lui offre un rôle marquant dans Tucker: The Man and His Dream (1988), qui lui vaut une nomination à l’Oscar du meilleur second rôle. L’année suivante, Woody Allen fait appel à lui dans Crimes et délits (Crimes and Misdemeanors, 1989), pour un rôle tout en ambiguïté morale. Deux films, deux nominations, une reconnaissance critique qui revient tard… mais avec éclat.
Puis vient le rôle de sa vie : celui de Bela Lugosi dans Ed Wood (1994) de Tim Burton. Landau y incarne l’ancien interprète de Dracula, déchu, ravagé par la drogue, mais toujours flamboyant. Sa performance, entre grotesque et tragique, est bouleversante. Il reçoit enfin l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle, ainsi que le Golden Globe et le SAG Award. À 66 ans, Martin Landau devient une légende vivante du cinéma américain.
Une fin de carrière variée et toujours juste
Après Ed Wood, il continue de tourner, alternant films indépendants, blockbusters (Sleepy Hollow, 1999) et téléfilms de qualité. Il apparaît dans Rounders, The Majestic, Lovely, Still, Remember, Frankenweenie (voix), ou encore dans la série Entourage, où il interprète un agent d’acteurs vieillissant, rôle quasi méta pour lequel il reçoit une nouvelle nomination aux Emmy.
Il reste aussi très actif dans le monde du théâtre, et enseigne au Actors Studio, son école de toujours, formant plusieurs générations de comédiens.
Martin Landau : un acteur de l’ombre, sans jamais disparaître
Ce qui définit Martin Landau, c’est sa fidélité au métier d’acteur, à une époque où le star system poussait à l’excès. Il n’a jamais cherché à devenir une "star" au sens classique, préférant incarner des personnages complexes, fragiles, faillibles. Sa force ? La sobriété, la précision, et cette capacité rare à laisser vivre le silence.
Loin des frasques hollywoodiennes, il a construit une carrière patiente, fondée sur la rigueur du jeu et une compréhension fine de l’émotion. Et si sa reconnaissance fut tardive, elle fut d’autant plus méritée.
Martin Landau, c’était le genre d’acteur qui ne faisait jamais trop – mais toujours juste. Une figure discrète, mais essentielle, du cinéma américain. Une présence intemporelle, qu’on retrouve toujours avec la même émotion.