Martin Campbell

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Filmographie 9 films

Biographie

Martin Campbell est né le 24 octobre 1943 à Hastings, en Nouvelle-Zélande. Réalisateur au style nerveux, efficace et toujours au service de l’histoire, il s’est imposé comme l’un des metteurs en scène les plus fiables du cinéma d’action contemporain — sans jamais chercher la vedette. Peu de réalisateurs peuvent se targuer d’avoir relancé James Bond à deux reprises, avec deux interprètes différents, et deux visions parfaitement cohérentes. Martin Campbell, lui, l’a fait.

Derrière sa discrétion médiatique se cache un cinéaste redoutablement compétent, capable de conjuguer spectacle, tension dramatique et précision technique, avec un sens du rythme et une compréhension limpide des codes du genre.

Des débuts britanniques entre suspense et série télé

Avant de s’imposer à Hollywood, Martin Campbell débute sa carrière à la télévision britannique dans les années 1970 et 1980. Il travaille notamment sur des séries policières comme The Professionals ou Minder, et se fait un nom grâce à sa maîtrise des scènes d’action et sa capacité à tenir la tension sur le long terme.

Il réalise en 1985 la mini-série Edge of Darkness, un thriller politique aux accents paranoïaques qui devient un classique en Grande-Bretagne. Ce projet intense, porté par un suspense feutré et un ancrage réaliste, marque son premier grand succès critique et lui ouvre les portes du cinéma international.

GoldenEye (1995) : renaissance de James Bond, première mission accomplie

En 1995, Martin Campbell est choisi pour réaliser GoldenEye, le premier James Bond avec Pierce Brosnan. Après les années Dalton et un long silence depuis Permis de tuer (1989), la franchise doit se réinventer sans perdre son identité. Campbell réussit le pari haut la main.

GoldenEye est à la fois un hommage à l’ère classique et une modernisation bienvenue : action millimétrée, méchants charismatiques (Sean Bean en traître impeccable), scènes devenues cultes (le tank dans les rues de Saint-Pétersbourg…), et une James Bond girl plus autonome, incarnée par Famke Janssen.

Le film relance la franchise avec un mélange de respect, de fraîcheur et d’efficacité. Martin Campbell impose sa patte sans jamais écraser l’icône : il comprend James Bond comme un outil narratif, pas comme un fantasme figé.

Le Masque de Zorro (1998) : cape, épée et panache hollywoodien

Trois ans après GoldenEye, il enchaîne avec Le Masque de Zorro, film d’aventure à l’ancienne où Antonio Banderas reprend le flambeau du justicier masqué sous la houlette d’un vieux maître joué par Anthony Hopkins. Le film est un cocktail réjouissant de tradition et de modernité, entre cascades spectaculaires, humour subtil et chorégraphies d’épée savamment orchestrées.

Campbell y confirme son goût pour les héros classiques modernisés, sa capacité à filmer des scènes d’action lisibles, élégantes, toujours au service du récit — et non l’inverse.

Ce film permet aussi à Catherine Zeta-Jones d’exploser à l’écran, prouvant une nouvelle fois que Martin Campbell sait diriger des duos aussi sensuels que dynamiques, sans tomber dans les clichés.

Casino Royale (2006) : reboot audacieux et Bond plus humain

En 2006, le défi est encore plus grand. Il s’agit de relancer James Bond une nouvelle fois — mais cette fois-ci en cassant les codes. Exit les gadgets, les punchlines, le sourire en coin. Casino Royale revient aux origines du personnage, avec Daniel Craig dans un rôle plus brutal, plus vulnérable, plus "terre-à-terre".

Campbell signe ici l’un des meilleurs opus de toute la saga, mélange de thriller psychologique, de romance tragique et d’action d’une précision chirurgicale (la scène de parkour du début reste une référence du genre). La relation entre Bond et Vesper Lynd, jouée par Eva Green, donne une profondeur émotionnelle inédite à l’agent 007.

Là encore, le style Campbell fait la différence : caméra fluide, tension constante, violence réaliste, mais toujours avec un sens de la narration clair. Le film est un immense succès critique et commercial, et redéfinit ce que James Bond peut être au XXIe siècle.

Une carrière entre blockbusters, projets plus sombres et quelques ratés

Hors de l’univers Bond, Martin Campbell signe plusieurs films d’action aux ambitions diverses. Il retrouve Mel Gibson en 2010 pour le remake cinéma de Edge of Darkness, version plus musclée mais fidèle à l’atmosphère paranoïaque de la série d’origine. Il enchaîne avec Green Lantern (2011)… qui reste, soyons honnêtes, le grand faux pas de sa filmographie. Victime d’un développement chaotique et d’un ton mal défini, le film est un échec critique et commercial — mais Campbell en assumera la responsabilité avec un certain flegme.

Il revient plus tard avec The Foreigner (2017), thriller sobre et tendu porté par Jackie Chan dans un rôle dramatique, opposé à Pierce Brosnan dans un contre-emploi bienvenu. Une fois encore, Campbell prouve qu’il est plus à l’aise dans les intrigues réalistes et les personnages ambigus que dans les délires numériques.

Martin Campbell : un réalisateur de genre qui assume sa place

Ce qui caractérise Martin Campbell, ce n’est pas un style flamboyant ou une signature visuelle immédiatement reconnaissable. C’est au contraire une humilité rare dans l’univers du blockbuster, une volonté constante de servir l’histoire et les personnages avant de chercher l’effet. Il ne réinvente pas la roue, mais il la fait tourner avec une efficacité redoutable.

C’est un artisan au sens noble, un réalisateur de confiance, capable de livrer des films solides, tendus, bien construits, même dans des genres parfois surexploités. Et surtout, il a cette capacité rare : relancer une franchise sans la trahir.

Le réalisateur qu’on appelle quand il faut faire le boulot… parfaitement

Martin Campbell, ce n’est pas le réalisateur dont on parle dans les dîners cinéphiles. Mais c’est celui que les studios appellent quand il faut réussir un film d’action avec élégance, intelligence et rigueur. Son œuvre n’est pas tapageuse, mais elle est d’une solidité remarquable.

Et si les personnages qu’il filme sont souvent armés, traqués ou tourmentés, c’est parce qu’il sait que le suspense, la tension, l’émotion, ce sont avant tout des histoires d’humains — pas de gadgets.

Filmographie

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