Mark Rylance
- Casting
Détails
| Autre nom | David Mark Rylance Waters |
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| Âge |
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Nationalité |
| Filmographie | 9 films |
| Récompenses | 2 nominations et 2 victoires |
Biographie
Mark Rylance, de son nom complet David Mark Rylance Waters, est né le 18 janvier 1960 à Ashford, dans le Kent (Royaume-Uni).
Élevé en grande partie aux États-Unis, il navigue très tôt entre deux cultures et deux traditions théâtrales. Cette double appartenance se ressent dans sa manière d’aborder le jeu : intellectuelle sans être froide, profondément enracinée dans les textes, mais toujours souple, organique, presque instinctive.
Acteur de théâtre adulé, Mark Rylance a longtemps été un secret bien gardé des planches britanniques avant de se faire remarquer au cinéma, souvent sur le tard, mais avec une force tranquille qui ne laisse personne indifférent. Il ne court pas les castings : ce sont les rôles qui finissent par le trouver.
Shakespeare, première langue et territoire de jeu
On ne peut pas comprendre Mark Rylance sans évoquer son lien presque charnel avec William Shakespeare. Ancien élève de la Royal Academy of Dramatic Art (RADA), il consacre une large part de sa carrière à l’interprétation et à la direction d’œuvres shakespeariennes. Il devient en 1995 le tout premier directeur artistique du Globe Theatre de Londres, reconstruction du théâtre élisabéthain historique. Pendant une décennie, il y incarne des rôles majeurs (Hamlet, Richard II, Olivia dans Twelfth Night), et redonne une forme de vitalité accessible à des textes parfois figés par la révérence.
Son jeu dans Shakespeare est marqué par une grande liberté rythmique, un travail minutieux sur les inflexions du langage, et une capacité rare à faire entendre la musique du texte sans jamais sacrifier la vérité émotionnelle. Il ne joue pas "classique" — il joue juste.
Le cinéma, tardif mais percutant
Bien que présent ponctuellement à l’écran dès les années 90, Mark Rylance ne s’impose véritablement au cinéma que bien plus tard. Et paradoxalement, c’est en incarnant des personnages d’une extrême sobriété qu’il fait sensation.
En 2015, il remporte l’Oscar du Meilleur second rôle pour son interprétation du déserteur soviétique Rudolf Abel dans Bridge of Spies, réalisé par Steven Spielberg. Face à un Tom Hanks volubile et nerveux, Rylance reste imperturbable, murmure plus qu’il ne parle, donne une leçon de minimalisme où chaque silence vaut une page de dialogue. C’est une performance d’orfèvre, récompensée à juste titre.
Par la suite, il devient un collaborateur régulier de Spielberg, notamment dans The BFG (Le Bon Gros Géant) où il prête ses traits et sa voix au géant bienveillant via capture de mouvement, ou encore dans Ready Player One. Et entre deux projets d’envergure, il choisit des films plus confidentiels, à dimension humaine, comme The Outfit, Bones and All ou The Phantom of the Open.
Une approche artisanale du métier d’acteur
Ce qui distingue Mark Rylance dans le paysage contemporain, c’est son rejet du spectaculaire. Il ne cherche jamais l’effet facile, la posture héroïque ou le geste démonstratif. Il préfère l’ambiguïté, le doute, la fragilité. Il parle souvent de son métier comme d’un travail d’artisan, une construction lente où l’on ne montre pas, mais où l’on permet au personnage d’émerger. Il ne joue pas pour qu’on le regarde, il joue pour donner vie.
Cette approche transparaît autant dans ses performances que dans ses choix de carrière. Il accepte peu de rôles, refuse la célébrité traditionnelle, et se méfie des chaînes du système hollywoodien. Il continue à jouer sur scène régulièrement, considère le théâtre comme son véritable foyer, et reste impliqué dans des projets engagés, notamment sur des sujets environnementaux ou sociaux.
L’art de dire sans crier
Là où beaucoup d’acteurs cherchent à briller, Mark Rylance choisit souvent le contrepoint. Il joue les introvertis, les marginaux, les hommes aux prises avec l’Histoire ou leurs propres contradictions. Et pourtant, dans ces rôles en retrait, il impose une puissance tranquille qui capte l’attention. Il n’a pas besoin de hausser le ton pour être entendu. Il suffit qu’il murmure pour que tout le monde se taise.
C’est peut-être ce qui fait de lui une figure si respectée, y compris par ses pairs. Il ne surjoue pas l’intensité, il l’infuse lentement, comme une eau calme qui finit par envahir tout l’espace. Et dans un monde saturé d’images et de bruit, cette manière de jouer autrement, en douceur, est devenue presque radicale.