Mark Heyman
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 3 films |
Biographie
Mark Heyman est né le 26 novembre 1979 aux États-Unis. Scénariste, producteur et occasionnellement réalisateur, Mark Heyman s’est fait un nom dans l’univers du cinéma grâce à des récits psychologiques intenses, souvent centrés sur des personnages ambigus, fragiles ou hantés par leurs obsessions. Il fait partie de cette génération de scénaristes qui préfèrent explorer la part sombre de l’âme humaine, plutôt que de livrer des récits lisses et prévisibles. Son style ? Un mélange de tension, d’introspection et de précision chirurgicale dans la construction narrative. On est loin de la comédie romantique. Et c’est très bien comme ça.
Une formation littéraire et artistique à l'origine du style Heyman
Avant de se lancer dans le cinéma, Mark Heyman étudie les lettres et la philosophie à Brown University, puis il intègre la Tisch School of the Arts de NYU, une des pépinières de talents les plus réputées du milieu. Il y affine ses compétences en écriture scénaristique, développe une approche très analytique du récit, et commence à se faire remarquer dans les cercles professionnels.
C’est dans ce contexte qu’il entre en contact avec Darren Aronofsky, avec qui il développera une collaboration déterminante pour la suite de sa carrière.
Black Swan : le déclic qui propulse sa carrière
C’est en 2010 que le nom de Mark Heyman explose vraiment avec Black Swan, coécrit aux côtés de Andres Heinz (auteur de l’histoire originale) et John McLaughlin, et réalisé par Darren Aronofsky. Ce thriller psychologique, porté par une Natalie Portman magistrale, devient un phénomène critique et public.
Le film plonge dans l’univers ultra-compétitif et étouffant du ballet classique, entre schizophrénie, perfectionnisme maladif et désintégration mentale. La patte Mark Heyman, dans ce récit, c’est la tension psychologique sous-jacente, la manière de manipuler la perception du spectateur et de jouer avec l’instabilité de la réalité.
Black Swan récolte de multiples nominations, dont celle de l’Oscar du meilleur scénario adapté, et positionne Mark Heyman comme un scénariste à suivre dans le genre du thriller d’auteur. Pas mal pour une première incursion à haut niveau.
The Skeleton Twins : une rupture de ton maîtrisée
Après le succès de Black Swan, Mark Heyman choisit de s’orienter vers un projet plus intimiste avec The Skeleton Twins (2014), qu’il coécrit. Ce drame doux-amer porté par Bill Hader et Kristen Wiig met en scène des jumeaux au bord du gouffre émotionnel, réunis après des années d’éloignement.
Ici, Heyman abandonne l’angoisse visuelle pour quelque chose de plus subtil et émotionnellement nuancé. On y retrouve toutefois sa marque : des personnages cabossés, une exploration sincère de la dépression, de la solitude, et cette capacité à faire coexister l’humour et la douleur. Ce n’est pas un film tapageur, mais il confirme la sensibilité d’écriture de Heyman et sa capacité à donner de la chair aux silences.
Strange Angel et la télévision : un détour ésotérique
Entre 2018 et 2019, Mark Heyman se tourne vers la télévision avec Strange Angel, une série diffusée sur CBS All Access (aujourd’hui Paramount+). Il y explore la vie de Jack Parsons, pionnier de la fusée dans les années 1930 et adepte de l’occultisme. Un personnage réel, complexe, entre science et mysticisme, en somme, parfait pour l’univers Heyman.
La série mêle rationalité scientifique et dérive ésotérique, ambition et autodestruction. Si elle n’a pas rencontré un énorme succès public, elle a été saluée pour sa direction artistique et sa narration audacieuse. Et elle confirme que Mark Heyman aime les personnages à double, voire triple lecture.
Une écriture plus dans l’ombre que dans la lumière
Mark Heyman ne cherche pas les projecteurs. Il n’a pas une filmographie aussi longue que certains de ses contemporains, mais il choisit ses projets avec soin. Pas de films à la chaîne, pas de grandes franchises ou de scripts recyclés. Ce qui l’intéresse, c’est l’ambiguïté, l’intériorité, les récits où l’on doute de ce que l’on voit, voire de ce que l’on est.
Il incarne cette génération de scénaristes formés dans l’exigence narrative plutôt que dans la mécanique commerciale. On ne va pas voir un film de Mark Heyman pour se détendre, mais pour plonger dans des zones grises, souvent dérangeantes, parfois bouleversantes.
Filmographie
3 sur 3 films