Marjorie Bennett
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 6 films |
Biographie
Marjorie Bennett, née le 15 janvier 1896 à York, en Australie, et décédée le 14 juin 1982 à Hollywood, Californie, est une actrice de cinéma et de télévision au parcours aussi discret que remarquable. Si son nom n’est pas toujours en haut de l’affiche, Marjorie Bennett a traversé près de six décennies de l’histoire du cinéma, jouant aux côtés de figures mythiques, dans des rôles souvent secondaires mais toujours bien campés. Un visage reconnaissable entre mille, et une longévité à faire pâlir bien des têtes d’affiche.
Marjorie Bennett, des débuts australiens à l’Hollywood du muet
Issue d’une famille originaire de Nouvelle-Galles du Sud, Marjorie Bennett n’est pas la seule de sa fratrie à s’être tournée vers le spectacle. Elle est notamment la sœur de Enid Bennett, une actrice également active à Hollywood à l’époque du muet, connue pour ses rôles dans les films de Cecil B. DeMille. C’est donc dans ce contexte familial propice à la scène que Marjorie Bennett s’oriente très tôt vers le métier d’actrice.
Elle entame sa carrière dans les années 1910, à l’époque du cinéma muet, période au cours de laquelle elle joue dans plusieurs courts-métrages. Si son nom reste encore discret à ce moment-là, Marjorie Bennett parvient à s’installer durablement dans le milieu. Sa carrière s’inscrit dans la transition entre le cinéma muet et le parlant, ce moment charnière qui a vu disparaître bien des stars. Elle, au contraire, s’adapte.
Une filmographie abondante et des rôles de composition
À partir des années 1930, Marjorie Bennett devient ce que l’on appelle à Hollywood une "character actress", une actrice spécialisée dans les seconds rôles, souvent marqués par une forte personnalité. Elle excelle dans les rôles de domestiques, de voisines excentriques ou de figures maternelles un peu envahissantes. Ce sont ces petits rôles, savamment interprétés, qui forgent sa réputation.
On la retrouve dans des films comme Monsieur Verdoux de Charlie Chaplin (1947), où elle tient un rôle modeste mais bien senti. C’est d’ailleurs à partir de l’après-guerre que Marjorie Bennett s’impose comme une présence récurrente dans de nombreux films à Hollywood, aussi bien dans les comédies que dans les drames. Elle joue aux côtés de figures comme James Stewart, Bing Crosby, ou encore Jerry Lewis, se glissant avec une aisance déconcertante dans toutes les époques et tous les registres.
Elle apparaît également dans Le crime était presque parfait d'Alfred Hitchcock (1954), où elle tient un petit rôle mais côtoie une distribution prestigieuse. Encore une fois, Marjorie Bennett n'est pas au centre de l'histoire, mais elle contribue à construire l'univers du film, avec cette précision discrète qu’on reconnaît chez les acteurs de composition.
Marjorie Bennett à la télévision : l'art de traverser les époques
Comme beaucoup de ses contemporains, Marjorie Bennett fait également la transition vers la télévision, où elle connaît une nouvelle jeunesse artistique à partir des années 1950. Elle apparaît dans des séries à succès comme Perry Mason, My Three Sons, Bewitched (Ma sorcière bien-aimée) ou encore The Many Loves of Dobie Gillis. Ces rôles, parfois très courts, lui permettent de rester visible auprès du public américain.
Son accent légèrement britannique, sa gestuelle mesurée et son style très classique contribuent à forger un type bien particulier de personnage dans la pop culture télévisée de l’époque : la vieille dame respectable, un peu vieille école, souvent charmante mais pas toujours commode.
Elle poursuit ses apparitions jusqu’au début des années 1980, preuve d’une longévité rare dans un métier notoirement instable. Elle incarne ainsi une génération d’acteurs pour qui le travail comptait plus que la célébrité.
Une actrice restée fidèle à l’arrière-plan, mais essentielle
Si Marjorie Bennett n’a jamais été une star au sens hollywoodien du terme, elle fait partie de ces actrices dont la carrière illustre parfaitement la richesse des seconds rôles. Ce sont ces visages que le public reconnaît sans toujours les nommer, mais qui donnent au cinéma sa texture, sa profondeur, et son humanité.
Son talent résidait dans sa capacité à incarner des personnages crédibles, quel que soit le contexte. Elle n’a jamais cherché à tirer la couverture à elle, mais a toujours servi l’histoire avec justesse, que ce soit dans un plan de quelques secondes ou une scène entière.
Décédée à l’âge de 86 ans, Marjorie Bennett laisse derrière elle une carrière foisonnante, sans éclat spectaculaire mais avec une constance admirable. Une présence discrète mais incontournable, preuve que dans l’industrie du cinéma, tous les rôles comptent, surtout ceux joués avec autant de précision et d’élégance.