Marisa Paredes
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 4 films |
| Récompenses | 3 nominations et 1 victoire |
Biographie
Marisa Paredes, née María Luisa Paredes Bartolomé le 3 avril 1946 à Madrid, est décédée le 17 décembre 2024 dans la même ville. Considérée comme une figure emblématique du cinéma espagnol et international, elle a tourné dans plus de 75 films, participé à 80 fictions télévisuelles et joué dans une quinzaine de pièces de théâtre, sous la direction des plus grands réaliseurs européens.
Une actrice née au théâtre, élevée par l’écran
Dès les années 1960, Marisa Paredes débute au théâtre et à la télévision espagnole avec des œuvres de Shakespeare, Ibsen, Chekhov ou Óscar Wilde dans Estudio 1 de TVE. Son premier film, 091 Policía al habla (1960), marque le début d’une carrière éclectique mêlant télévision, scène et cinéma.
La “chica Almodóvar” : du mélodrame à la puissance intime
Son regard captivant et sa présence aristocratique en font rapidement la muse de Pedro Almodóvar, avec lequel elle collabore dans des films devenus cultes tels que Entre tinieblas (1983), Tacones lejanos (High Heels, 1991), La flor de mi secreto, Todo sobre mi madre et La piel que habito. Son rôle dans La flor de mi secreto lui vaut une nomination au Goya de la meilleure actrice, tandis que Tacones lejanos confirme son statut international.
Un rayonnement au-delà de l’Espagne
Marisa Paredes explore aussi le cinéma européen et latino-américain en collaborant avec Guillermo del Toro (El espinazo del diablo), Arturo Ripstein (Profundo carmesí), Robert Benigni (La vita è bella), Raoul Ruiz, Manoel de Oliveira, Amos Gitai, Cristina Comencini ou Daniel Schmid. Elle incarne des personnages denses et nuancés, à travers de nombreux styles et tonalités.
Une figure engagée au sein de l’Académie du Cinéma espagnol
Présidente de l’Academia de las Artes y las Ciencias Cinematográficas de España entre 2000 et 2003, elle profita de cette tribune pour activer son engagement, notamment contre la guerre en Irak, dénonçant la censure de la culture et réaffirmant son attachement à la liberté d’expression. Sa posture lui vaut reconnaissance et respect dans les milieux cinéphiles et militants.
Un héritage couronné et célébré posthume
Distinguée à plusieurs reprises, elle reçoit notamment le Prix national de cinématographie (1996), la Médaille d’or du mérite des Beaux-Arts (2007), le Goya d’honneur en 2018, ainsi que de nombreuses récompenses dans des festivals comme Taormina, Valladolid ou Astorga. Son image figure au Fesival de San Sebastián en 2025, célébrant son influence durable sur l’histoire du cinéma espagnol.
Une actrice de talent, d’élégance et de conscience
Marisa Paredes était admirée pour son élégance sobre, sa dignité naturelle et sa capacité à incarner des personnages complexes avec retenue. Gilles Jacob, ancien président du festival de Cannes, soulignait sa « grâce calme, cette légère joie qu’elle allumait d’un regard ». Refusant de se plier aux diktats hollywoodiens, elle défendait l’idée que « la ride est belle », rejetant la tyrannie de la jeunesse et de l’apparence.
Une fin symbolique : Emergency Exit, hommage posthume
Le dernier film qu’elle a vu quasi-finalisé est Emergency Exit, road movie surréaliste tourné en Espagne, qu’elle portait au centre de l’écran jusqu’à ses derniers jours. Le film s’annonce comme un vibrant hommage, où elle incarnait une grande dame écrite spécialement pour elle.
Marisa Paredes, icône de la constance et de la liberté cinématographique
Marisa Paredes restera comme une actrice d’âme et d’esprit, fidèle à ses origines théâtrales, à son engagement et à une carrière riche de collaborations avec les plus grands. Elle incarne l’élégance intemporelle, l’audace des choix artistiques et la force tranquille d’une femme qui a fait du cinéma un art de liberté.