Marie-Josée Croze

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Détails

Âge
Nationalités
Filmographie 9 films
Récompense 1 nomination et 1 victoire

Biographie

Née le 23 février 1970 à Montréal, au Canada, Marie-Josée Croze est une actrice franco-canadienne qui évolue depuis plusieurs décennies entre le cinéma d’auteur et les productions plus grand public, en français comme en anglais. Discrète dans les médias mais intensément présente à l’écran, elle a su construire une carrière à la fois libre et exigeante, fondée sur la nuance, l’émotion contenue et une forme de gravité douce.

Révélée d’abord au Québec, elle devient une figure familière du cinéma européen au début des années 2000, en particulier grâce à son rôle dans Les Invasions barbares, qui lui vaut le prix d’interprétation féminine à Cannes. Depuis, elle poursuit un parcours sans effet de manche, préférant les personnages en tension à ceux qui brillent trop, avec une fidélité constante à une certaine idée du jeu : introspectif, sensible, mais sans surenchère.

Des débuts québécois entre théâtre et cinéma d’auteur

Marie-Josée Croze commence sa carrière dans les années 1990, après des études en arts plastiques puis en théâtre au Conservatoire d’art dramatique de Montréal. Très vite, elle s’impose dans le paysage culturel québécois par sa capacité à incarner des personnages fragiles, souvent à la marge, et par une intensité émotionnelle rarement appuyée.

Elle tourne notamment avec des réalisateurs comme Robert Lepage, Charles Binamé ou Louis Bélanger, dans des films où le réalisme social côtoie une certaine poésie visuelle. Son visage fin, son regard pensif et sa manière de faire passer des émotions complexes en quelques mots la distinguent dans une génération d’actrices en pleine affirmation.

C’est cette présence subtile, presque fuyante, qui attire l’attention de Denys Arcand, qui lui confie en 2003 l’un de ses rôles les plus marquants.

Les Invasions barbares : la consécration cannoise

Dans Les Invasions barbares, Marie-Josée Croze incarne Nathalie, une jeune femme ex-toxicomane qui assiste un homme mourant dans ses derniers jours. Le rôle, exigeant, à la fois pudique et frontal, lui permet de montrer toute l’étendue de sa palette émotionnelle. Loin du pathos ou du drame appuyé, elle joue ici la sobriété, le détail, la faille.

Sa performance est saluée par la critique internationale et lui vaut le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes 2003. Une récompense prestigieuse qui marque la reconnaissance de son talent au-delà du Québec, et ouvre les portes d’une carrière en Europe, notamment en France.

Cette période marque un tournant. Sans quitter son ancrage québécois, elle commence à tourner régulièrement dans le cinéma français, avec une préférence marquée pour les récits intimistes, les personnages silencieux, et les histoires de résilience.

Une trajectoire européenne entre rôles complexes et cinéma exigeant

Installée en France, Marie-Josée Croze obtient la nationalité française et poursuit une carrière qui reste résolument tournée vers le cinéma d’auteur, tout en acceptant parfois des incursions dans des films plus exposés. Elle tourne sous la direction de réalisateurs comme Julian Schnabel, Barbet Schroeder, Guillaume Nicloux, Denis Villeneuve ou Arnaud des Pallières, toujours dans des rôles de femmes complexes, souvent en rupture, parfois même un peu opaques.

Dans Le Scaphandre et le Papillon (2007), elle incarne l’une des soignantes du personnage principal, joué par Mathieu Amalric, dans un film où chaque regard compte plus que les dialogues. Dans Je l’aimais (2009), adapté d’Anna Gavalda, elle tient tête à Daniel Auteuil dans une variation sensible sur l’amour manqué. Et dans Ne le dis à personne, elle joue un rôle secondaire, mais comme toujours avec cette intensité silencieuse qui capte la caméra.

Son jeu repose sur la retenue, sur des gestes millimétrés, sur une forme d’écoute active. Elle incarne souvent des personnages qui observent plus qu’ils ne parlent, des femmes marquées mais debout, souvent en lutte contre elles-mêmes ou leur environnement. Elle est de celles qui racontent des histoires entières par le simple changement d’une respiration.

Une présence internationale discrète mais affirmée

Grâce à son bilinguisme parfait, Marie-Josée Croze a également tourné dans plusieurs productions anglophones, notamment aux États-Unis ou en Grande-Bretagne. Si ces rôles sont généralement secondaires, ils participent à sa reconnaissance à l’échelle internationale, comme en témoignent ses apparitions dans Munich de Steven Spielberg, The Diving Bell and the Butterfly, ou encore des séries comme Jack Ryan.

Mais, fidèle à son tempérament, elle ne cherche pas à construire une carrière hollywoodienne à tout prix. Ce qui l’intéresse avant tout, c’est la matière des rôles, la possibilité de fouiller des émotions humaines profondes, de porter des récits singuliers. Même dans les projets plus exposés, elle reste fidèle à une certaine sobriété, refusant la démonstration au profit de l’incarnation.

Filmographie

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