Margery Mason
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 4 films |
Biographie
Margery Mason est née le 27 septembre 1913 à Hackney, à Londres, en Angleterre, et elle est décédée le 26 janvier 2014, à l’âge de 100 ans. Oui, cent ans. Actrice britannique au parcours aussi long que discret, Margery Mason a traversé les époques, les styles et les générations avec une élégance tranquille, apparaissant aussi bien dans des pièces de théâtre classiques que dans des blockbusters modernes. Elle n’a jamais cherché la vedette, mais elle a su, tout au long de sa vie, incarner la persistance de l’art dramatique britannique dans toute sa diversité.
Une carrière théâtrale enracinée dans la tradition britannique
Formée à la Royal Academy of Dramatic Art (RADA), Margery Mason débute sa carrière dans les années 1930, à une époque où le théâtre est encore le cœur battant de la culture britannique. Elle joue dans de nombreuses pièces à travers le pays, notamment au sein du Royal Shakespeare Company, où elle interprète plusieurs grands rôles du répertoire classique.
Elle fut également directrice artistique du Repertory Theatre de Bangor dans les années 1950, un poste encore rare pour une femme à l’époque, ce qui en dit long sur son autorité artistique et son engagement. Le théâtre restera d’ailleurs son premier amour, même si le cinéma et la télévision viendront étoffer sa carrière par la suite.
Une filmographie discrète mais étonnamment variée
Au cinéma, Margery Mason n’a jamais cherché à occuper les premiers rôles, mais elle a multiplié les apparitions notables, souvent dans des productions de prestige. Elle joue dans The Princess Bride (1987), Love Actually (2003), ou encore Pink Floyd – The Wall (1982), à chaque fois dans des rôles secondaires savoureux, où elle impose son phrasé impeccable et son regard malicieux.
Mais pour toute une génération, c’est dans Harry Potter et la Coupe de Feu (2005) qu’elle laissera un souvenir indélébile. Elle y incarne la sorcière grincheuse qui gère le buffet du Magicobus, face à un Harry Potter épuisé et un Stan Rocade surexcité. Le rôle est bref, mais mémorable, et a suffi à faire d’elle l’une des plus anciennes actrices à être apparue dans la saga. Elle avait alors plus de 90 ans.
Une longévité rare, au service du jeu
Ce qui frappe dans le parcours de Margery Mason, c’est bien sûr sa longévité professionnelle. Elle a continué à travailler régulièrement jusqu’à un âge où la plupart de ses collègues avaient pris une retraite bien méritée depuis des décennies. Non par nécessité, mais par passion du métier, par goût pour les mots, pour les gestes, pour ce rapport direct au public ou à la caméra.
Elle appartient à une génération d’actrices formées dans la rigueur et le respect du texte, avec un sens aigu du rythme dramatique et une diction irréprochable. Elle n’avait pas besoin d’effets ou d’exagérations : tout passait dans le regard, l’inflexion de la voix, la précision du geste.
Une actrice centenaire au parcours méconnu mais exemplaire
Bien qu’elle ne soit jamais devenue une célébrité au sens médiatique du terme, Margery Mason incarne une forme de fidélité au métier d’actrice, vécue comme une vocation durable et non comme un tremplin vers la notoriété. Elle fait partie de ces artistes dont la carrière ne se mesure pas en nombre de couvertures de magazines, mais en qualité de présence et en respect du public.
Elle a travaillé avec rigueur, avec humour, et avec une constance rare dans un métier souvent instable. Et si son nom reste discret dans les annales du cinéma, son visage, lui, continue de surgir avec tendresse dans certaines scènes cultes — preuve que même un rôle de quelques minutes peut traverser les générations, quand il est porté avec sincérité.
Une centenaire sur scène comme à l’écran, Margery Mason nous rappelle que le talent ne se mesure pas à la taille du rôle, mais à la capacité à être pleinement là, même au fond du Magicobus.