Marcello Mastroianni
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 2 films |
| Récompenses | 9 nominations et 6 victoires |
Biographie
Marcello Mastroianni est né le 28 septembre 1924 à Fontana Liri, dans la région du Latium en Italie, et s’est éteint le 19 décembre 1996 à Paris. Figure emblématique du cinéma italien et européen, il a traversé près de cinq décennies de carrière avec une grâce tranquille et une ironie constante. Fils d’un menuisier, élevé dans une famille modeste, Marcello Mastroianni découvre le cinéma dans l’Italie d’après-guerre, un pays en reconstruction où le néoréalisme devient le langage d’un peuple. Mais lui, avec ses yeux doux et son allure un peu nonchalante, est rapidement destiné à d’autres rôles, moins austères, plus ambigus.
Un acteur caméléon, entre Fellini et la comédie italienne
Le nom de Marcello Mastroianni est indissociable de celui de Federico Fellini, dont il devient l’alter ego à l’écran. Leur première collaboration marquante, La Dolce Vita en 1960, propulse Marcello Mastroianni au rang d’icône internationale. Il y incarne Marcello Rubini, un journaliste désabusé, perdu dans les nuits romaines et dans le tourbillon d’une époque en quête de sens. Costume noir, lunettes de soleil, cigarette à la main : l’image est gravée à jamais dans l’histoire du cinéma.
Avec 8½ en 1963, il interprète un réalisateur en crise créative, rôle quasi autobiographique pour Fellini, et démontre une nouvelle fois l’étendue de son talent, capable d’exprimer à la fois le doute, la mélancolie et l’humour avec une subtilité rare. Marcello Mastroianni excelle dans cet entre-deux, où l’élégance ne masque jamais totalement le vide intérieur.
Mais réduire Marcello Mastroianni à son travail avec Fellini serait oublier sa participation active à l’âge d’or de la comédie italienne. Il tourne avec les plus grands : Vittorio De Sica, Ettore Scola, Dino Risi, Mario Monicelli. Il incarne tour à tour des maris infidèles, des intellectuels paumés, des ouvriers débrouillards ou des bourgeois dépassés. Il ne craint ni le ridicule, ni l’autodérision, et c’est probablement ce qui le rend aussi attachant.
Une image de séducteur... à sa manière
Éternel compagnon de jeu de Sophia Loren, Marcello Mastroianni forme avec elle l’un des duos les plus célèbres du cinéma italien. Leur complicité est palpable dans des films comme Hier, aujourd’hui et demain ou Une journée particulière, où il incarne souvent des hommes ordinaires, maladroits, parfois lâches, mais toujours profondément humains.
Séducteur malgré lui, ou peut-être précisément à cause de ce "malgré lui", Marcello Mastroianni n’a jamais joué les machos. Son charme tient à sa douceur, à sa distance, à une forme d’élégance désabusée. Dans un monde du cinéma souvent dominé par des figures viriles et triomphantes, il impose une autre image de la masculinité, plus vulnérable, plus fine, presque mélancolique.
Une carrière internationale sans reniement
Au fil des années, Marcello Mastroianni multiplie les projets à l’étranger, notamment en France où il tourne avec Louis Malle, Bertrand Blier, Agnès Varda. Il parvient à préserver sa personnalité tout en s’adaptant à des cinémas différents. Il ne cherche pas à "percer à Hollywood", et refuse d’ailleurs plusieurs propositions venues des États-Unis. Ce choix assumé renforce son image d’acteur libre, fidèle à ses racines européennes et à une certaine idée du cinéma d’auteur.
Il tourne jusqu’à la fin de sa vie, y compris dans des rôles où il met en scène son propre vieillissement, avec lucidité et ironie. Son dernier film, Voyage vers le début du monde, réalisé par Manoel de Oliveira, sort peu après sa mort et semble une sorte d’adieu poétique au public, dans un rôle crépusculaire tout en finesse.
Héritage d’un acteur à part, loin des étiquettes
Difficile de réduire Marcello Mastroianni à un seul registre. Il a joué dans plus de 150 films, naviguant avec aisance entre drame, comédie, introspection et satire sociale. Ce qui lie tous ses personnages, c’est cette impression qu’il ne joue jamais tout à fait, qu’il est toujours lui-même, sans que cela devienne une limite. Il n’impose pas, il suggère. Il ne cherche pas à briller, il capte.
Marcello Mastroianni laisse derrière lui une œuvre dense, mais surtout une présence unique. Pas seulement une figure du cinéma italien, mais un visage du cinéma tout court, avec cette capacité rare à incarner une époque tout en gardant une forme de détachement. Un acteur que l’on n’oublie pas, justement parce qu’il n’a jamais vraiment cherché à se faire oublier ni à s’imposer. Il était là, avec élégance, avec justesse, et c’était déjà beaucoup.