Marc Webb
- Réalisation
Détails
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| Filmographie | 3 films |
Biographie
Marc Webb, né le 31 août 1974 à Bloomington, dans l’Indiana (États-Unis), est un réalisateur, scénariste et producteur américain. S’il s’est d’abord fait un nom dans le monde des clips musicaux, c’est avec une comédie romantique au charme désarmant qu’il fait une entrée remarquée dans le cinéma. Depuis, Marc Webb a alterné entre films intimistes et grosses productions hollywoodiennes, avec un regard souvent porté sur la fragilité des relations humaines, même quand des super-pouvoirs s’en mêlent.
Avant de passer derrière la caméra pour le grand écran, Marc Webb réalise de très nombreux clips pour des groupes aussi divers que Green Day, My Chemical Romance, Weezer, Evanescence ou encore Snow Patrol. Son style visuel se distingue par une grande sensibilité narrative, un goût pour les atmosphères musicales fortes et une attention marquée à l’émotion des visages.
(500) Days of Summer : une rupture douce-amère devenue culte
C’est en 2009 que Marc Webb signe son premier long-métrage : (500) Days of Summer. Comédie romantique... mais pas vraiment. Le film raconte, de façon non linéaire, la relation entre Tom (Joseph Gordon-Levitt) et Summer (Zooey Deschanel), en déconstruisant les codes du genre. Pas de happy ending classique, mais une réflexion délicate et mélancolique sur la projection amoureuse, l’attente, et les malentendus sentimentaux.
Le ton, la mise en scène inventive, la narration fragmentée et l’esthétique très inspirée ont immédiatement séduit le public et la critique. Le film devient une référence générationnelle, et Marc Webb est alors perçu comme un nouveau talent prometteur du cinéma indépendant américain.
Il y gagne la réputation d’un cinéaste capable de parler du cœur humain avec justesse, sans cynisme ni mièvrerie. Ce succès va pourtant l’amener à un virage... inattendu.
The Amazing Spider-Man : des toiles plus grandes à tisser
Fort du succès de son premier film, Marc Webb est choisi par Sony pour relancer la franchise Spider-Man, à peine quelques années après la trilogie de Sam Raimi. En 2012, il réalise The Amazing Spider-Man, avec Andrew Garfield dans le rôle de Peter Parker et Emma Stone en Gwen Stacy. Le film mise sur un ton plus émotionnel, plus intime, tout en respectant les codes du blockbuster super-héroïque.
Deux ans plus tard, The Amazing Spider-Man 2 prolonge cette approche, tout en y ajoutant une densité narrative plus chaotique, parfois critiquée pour son manque de cohérence. Néanmoins, même dans l’univers des super-pouvoirs, on retrouve la patte de Marc Webb : l’attention aux relations, l'importance du regard, les non-dits. La romance entre Peter et Gwen reste l’un des points forts du diptyque, portée par une vraie alchimie entre les acteurs et une tragédie touchante.
Retour vers le drame familial et la télévision
Après le tumulte des super-héros, Marc Webb revient à un format plus contenu avec Gifted (2017), un drame familial avec Chris Evans dans le rôle d’un oncle qui élève une petite fille surdouée. Plus classique dans sa forme, le film est néanmoins salué pour sa tendresse, sa sensibilité et son absence de pathos appuyé.
Il enchaîne ensuite avec The Only Living Boy in New York (également en 2017), une tentative plus littéraire et new-yorkaise, à la Woody Allen, qui divise davantage. Cela dit, Marc Webb semble ici chercher à retrouver un équilibre entre films de studio et projets plus personnels, même si le succès critique n’est pas toujours au rendez-vous.
Parallèlement, il s’implique aussi dans des projets télévisés, en tant que producteur ou réalisateur, notamment sur des séries comme Crazy Ex-Girlfriend ou Limitless. Ces incursions confirment sa capacité à passer d’un format à l’autre, toujours avec un souci de narration et d’émotion.
Un cinéaste entre esthétique pop et sincérité narrative
Le style de Marc Webb se situe souvent entre deux pôles : d’un côté une esthétique très influencée par la musique, le clip, la culture pop ; de l’autre, une envie de traiter avec sérieux les émotions humaines, les failles, les relations complexes. Même dans ses œuvres les plus calibrées, il cherche à insuffler une touche de sincérité, parfois fragile, mais rarement forcée.
Il est sans doute trop discret pour être considéré comme un « auteur » au sens strict, mais Marc Webb a su construire une œuvre cohérente, traversée par les mêmes préoccupations : l’amour, la perte, la mémoire, l’identité. Et s’il alterne entre les sphères indépendantes et les grandes productions, il semble toujours vouloir raconter quelque chose de personnel, même sous un masque rouge et bleu.