Maïwenn

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Détails

Autre nom Maïwenn Le Besco
Âge
Nationalité
Famille
Filmographie 7 films
Récompense 1 nomination et 1 victoire

Biographie

Maïwenn, de son nom complet Maïwenn Le Besco, est née le 17 avril 1976 à Les Lilas, en Seine-Saint-Denis (France). Actrice, scénariste et réalisatrice, elle s’est imposée comme une figure atypique du cinéma français, souvent à la lisière entre l’autofiction brutale et le portrait social.

Issue d’un univers familial marqué par la scène, entre mère comédienne et sœur actrice (Isild Le Besco), Maïwenn grandit au contact d’un milieu artistique où les frontières entre la vie privée et la représentation sont floues dès le départ. Avec une carrière qui oscille entre provocation assumée, introspection féroce et ambition artistique, elle cultive un rapport passionnel au cinéma, à la fois viscéral et conflictuel. Ce qui lui vaut autant d’admirateurs que de critiques.

Enfance précoce, caméra trop tôt, blessures jamais effacées

La trajectoire de Maïwenn commence très tôt. Dès l’enfance, elle est propulsée sous les projecteurs par une mère qui rêve de célébrité pour ses enfants. Elle apparaît dans des publicités, des téléfilms, puis des films, notamment L'Été meurtrier ou Deadly Circuit. Ce début de carrière ressemble plus à une mise en scène subie qu’à un choix conscient. Maïwenn évoquera plus tard cette période comme marquée par un contrôle maternel étouffant et des expériences qui l'ont laissée durablement marquée.

À seulement 16 ans, elle donne naissance à un enfant, fruit de sa relation avec le cinéaste Luc Besson, alors âgé de 33 ans. Un épisode controversé, souvent évoqué comme une part sombre de sa biographie, que Maïwenn elle-même abordera de façon ambivalente dans certains de ses films, mêlant récit personnel et fiction dérangeante.

Ce passage par l’adolescence chaotique, la précocité affective et la mise en lumière non choisie, forge une personnalité artistique complexe, farouchement indépendante et profondément marquée par les rapports de domination.

De comédienne éclipsée à autrice de son propre récit

Après quelques rôles dans les années 90, Maïwenn disparaît quelque temps du paysage médiatique, avant de revenir dans les années 2000 avec une toute nouvelle posture : non plus simplement actrice, mais auteure-réalisatrice. En 2006, elle signe Pardonnez-moi, un premier long métrage semi-autobiographique tourné en DV, dans lequel elle incarne une jeune femme qui filme sa famille pour régler ses comptes. C’est cru, tendu, dérangeant… et immédiatement remarqué.

Ce film jette les bases de ce qui deviendra sa marque de fabrique : une forme de cinéma enragé, instinctif, souvent traversé par la colère et l’émotion brute. Elle y prend tout en charge : le scénario, la mise en scène, le jeu. Elle veut tout dire, tout montrer, parfois au risque de trop vouloir.

Avec Le Bal des actrices (2009), elle poursuit cette veine entre autofiction et satire douce-amère. Mais c’est avec Polisse (2011) qu’elle connaît une reconnaissance publique et critique majeure. Ce film sur la brigade des mineurs, tourné caméra à l’épaule, sans filtre, avec une troupe d’acteurs en fusion, remporte le Prix du Jury au Festival de Cannes et confirme que Maïwenn n’est pas qu’un phénomène médiatique : elle est aussi une cinéaste puissante.

Un cinéma à fleur de nerfs, entre cri du cœur et mise à nu

Les films de Maïwenn ne laissent jamais indifférent. Ils sont souvent rugueux, nerveux, parfois hystériques. Elle y explore les zones grises de l’intime, les relations familiales toxiques, la maternité complexe, le pouvoir, la violence psychologique, le deuil, l’amour malheureux. Rien n’est simple, tout est ambigu, à commencer par ses personnages féminins, jamais idéalisés, toujours tiraillés.

Dans Mon roi (2015), elle confie à Emmanuelle Bercot et Vincent Cassel un récit d’emprise sentimentale, inspiré de ses propres expériences. Là encore, le résultat divise, mais touche un public large. Le prix d’interprétation féminine à Cannes pour Bercot vient consacrer le travail de direction d’acteurs que Maïwenn mène avec intensité.

Son cinéma n’est pas cérébral ni didactique. Il ne cherche pas à démontrer, mais à ressentir. Parfois jusqu’à l’épuisement. Et c’est précisément ce mélange d’instinct et de chaos qui fait sa singularité dans le paysage français.

Une figure controversée mais incontournable

Maïwenn est une artiste controversée, c’est un fait. Ses propos, parfois provocateurs, son rapport aux médias, sa manière de diriger (dite autoritaire, voire brutale par certains), et ses prises de position tranchées lui valent régulièrement des critiques. Elle a le don d’attirer les polémiques comme les projecteurs, et ne semble pas décidée à rentrer dans le rang.

Mais au-delà de l’agitation médiatique, Maïwenn continue d’avancer selon ses propres règles, avec une sincérité rare. Elle ne cherche pas à plaire. Elle crée un cinéma de tension, où l’on entend la voix d’une femme qui dérange autant qu’elle bouleverse.

Qu’on l’admire ou qu’on la rejette, elle reste l’une des rares cinéastes françaises à oser explorer frontalement la rage, le doute, les failles, sans filtre ni apaisement artificiel. Une œuvre à vif, comme un miroir mal poli, dans lequel elle semble toujours se battre pour exister, à sa manière.

Filmographie

7 sur 7 films

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