Lionel Newman
- Sons
Détails
| Âge |
|
Nationalité |
|---|---|
| Famille | |
| Filmographie | 2 films |
| Récompenses | 6 nominations et 1 victoire |
Biographie
Lionel Newman, né le 4 janvier 1916 à New Haven, dans le Connecticut (États-Unis), et décédé le 3 février 1989 à Los Angeles, en Californie, est un compositeur, chef d’orchestre et directeur musical américain, figure discrète mais centrale dans l’âge d’or des studios hollywoodiens. Membre de la dynastie Newman, oui, celle-là même qui semble avoir transformé Hollywood en orchestre de chambre, Lionel Newman est le frère cadet d’Alfred Newman, et l’oncle de Thomas, David et Maria Newman.
Moins connu que son frère aîné, mais tout aussi essentiel, Lionel Newman a laissé une empreinte solide dans la mécanique bien huilée de la musique de film hollywoodienne. Pendant plus de 40 ans, il a orchestré, dirigé, supervisé et parfois aussi composé, avec une précision et une efficacité qui en ont fait l’un des piliers de la 20th Century Fox.
Un Newman dans l’ombre d’un autre… mais pas pour longtemps
Grandir dans la famille Newman, c’est comme naître dans une salle de répétition. Après une formation musicale classique (et une bonne dose de piano, forcément), Lionel Newman débute sa carrière à Hollywood comme accompagnateur et chef d’orchestre. Très vite, il rejoint son frère Alfred, alors directeur musical à la 20th Century Fox, et gravit les échelons au sein du studio.
Pendant longtemps, il travaille sous la direction d’Alfred, l’assistant sur d'innombrables projets. Mais loin de rester dans l’ombre, Lionel Newman va progressivement se construire une carrière parallèle, d’abord comme chef d’orchestre, puis comme compositeur à part entière. Il dirige l’enregistrement de nombreuses bandes originales et devient un artisan incontournable de la machine hollywoodienne.
Directeur musical de la 20th Century Fox : la continuité assurée
En 1960, après le départ d’Alfred Newman, Lionel Newman prend le relais à la tête du département musical de la 20th Century Fox. Il occupe ce poste pendant plus de deux décennies, supervisant la musique de centaines de films et de séries télévisées. Il joue un rôle déterminant dans l’évolution du son hollywoodien durant les années 1960 et 1970, une période de transition où les orchestres symphoniques coexistent avec l’arrivée de la musique pop, du jazz et des sons électroniques.
Sous sa direction, la Fox produit des partitions mémorables pour des films comme Hello, Dolly!, Patton, Planet of the Apes ou encore The Towering Inferno. S’il ne les compose pas tous lui-même, Lionel Newman est celui qui les fait vivre, qui dirige les musiciens, affine les orchestrations, et veille à ce que chaque note trouve sa juste place.
Il est également producteur musical pour la télévision, avec des séries emblématiques comme Lost in Space ou Voyage to the Bottom of the Sea. Autant dire qu’il a contribué, en silence, à façonner l’identité sonore d’une époque.
Compositeur à ses heures, chef d’orchestre toujours
Même si son rôle principal reste celui de directeur musical, Lionel Newman signe lui-même plusieurs partitions. Parmi ses œuvres les plus notables, on trouve la musique de Love Me Tender (1956), le tout premier film d’un certain Elvis Presley. Il compose aussi pour des films comme The Proud Ones ou The Big Circus, toujours dans un style orchestral ample et efficace.
Mais c’est en tant que chef d’orchestre que son nom revient le plus souvent dans les génériques. Il dirige la musique de Star Wars: Episode IV - A New Hope (1977), travaillant aux côtés de John Williams, et contribuant à donner vie à cette bande-son mythique. Là encore, pas toujours sous les projecteurs, mais indispensable en coulisses.
Son sens du tempo, sa capacité à diriger de très grands ensembles, et son attention aux détails font de lui un chef respecté, aussi à l’aise dans une comédie musicale que dans un drame de guerre.
Une carrière récompensée et une longévité exemplaire
Lionel Newman remporte un Oscar en 1959 pour Hello, Dolly! (catégorie musique adaptée), et se voit nommé à plusieurs reprises au fil des décennies. Il reçoit également un Emmy Award, et figure parmi les rares musiciens à avoir traversé plusieurs grandes époques du cinéma tout en restant actif.
Il prend sa retraite officielle à la fin des années 1980, mais reste impliqué dans le mentorat de jeunes compositeurs, notamment au sein de la Fox. Il meurt en 1989, laissant derrière lui une œuvre discrète mais capitale, et une réputation d’homme rigoureux, généreux et profondément musicien.
L’héritage du chef discret
Si Alfred Newman est le compositeur star de la famille, Lionel Newman en est sans doute le chef d’orchestre et le garant du savoir-faire. Il représente cette génération d’artisans du son hollywoodien qui travaillaient dans l’ombre, avec une rigueur presque militaire mais une passion indéfectible pour la musique de film.
Son influence est également familiale : ses encouragements ont joué un rôle dans les vocations musicales de ses neveux et nièces, et son nom reste encore aujourd’hui associé à la tradition d’excellence musicale des studios hollywoodiens.
Au fond, Lionel Newman, c’est un peu le chef d’orchestre de l’orchestre des Newman. Celui qui a su, pendant des décennies, tenir la baguette pendant que d’autres écrivaient la partition. Un homme de la mesure, au sens le plus noble du terme.