Linus Sandgren

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Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 7 films
Récompenses 4 nominations et 2 victoires

Biographie

Linus Sandgren est un directeur de la photographie suédois, né le 5 décembre 1972 à Spånga, un district de Stockholm, en Suède. Son nom est peut-être moins connu du grand public que celui des réalisateurs avec qui il travaille, mais ses images, elles, parlent à tous.

Oscillant entre classicisme hollywoodien et audace visuelle, Linus Sandgren est l’un des chefs opérateurs les plus en vue de ces dernières années, particulièrement depuis sa collaboration avec Damien Chazelle sur le très remarqué La La Land. Primé, reconnu, mais toujours discret, Linus Sandgren fait partie de ces artistes de l’ombre qui façonnent la mémoire visuelle du cinéma sans jamais voler la vedette.

Une formation européenne, une approche sensible de l’image

Formé à l’université de cinéma de Stockholm (Dramatiska Institutet), Linus Sandgren débute sa carrière dans des courts-métrages et des publicités, où il développe déjà une attention minutieuse à la lumière naturelle et au mouvement. Il travaille d’abord en Scandinavie, notamment aux côtés du réalisateur suédois Måns Mårlind, avant de se tourner progressivement vers le cinéma international.

Sa patte visuelle repose sur une combinaison de technique classique maîtrisée (formats pellicule, caméras fixes ou Steadicam, éclairage précis) et de souplesse stylistique, qui lui permet d’adapter son style aux besoins narratifs du film, plutôt que de suivre une signature imposée.

Mais ce qui le distingue très vite, c’est son goût pour les plans larges immersifs, les jeux de lumière très marqués, et une gestion fluide du mouvement, souvent en accompagnement de la musique ou du rythme intérieur des scènes.

La La Land, l’oscar, et une consécration planétaire

Le grand tournant dans sa carrière a lieu en 2016 avec la sortie de La La Land, réalisé par Damien Chazelle. Le film, véritable lettre d’amour aux comédies musicales hollywoodiennes, repose en grande partie sur son travail de lumière et de cadre. Entre les couchers de soleil sur Los Angeles, les séquences en plan-séquence millimétré, les couleurs éclatantes et les contrastes stylisés, Linus Sandgren impose une vision qui marie hommage et modernité.

Pour ce film, il choisit de tourner en pellicule 35mm, une décision rare dans le cinéma contemporain, qui confère à l’image une texture organique et une chaleur intemporelle. Son travail lui vaut l’Oscar de la meilleure photographie en 2017, consacrant son sens du cadre, de la couleur et du mouvement.

Et soyons honnêtes : difficile d’oublier la scène d’ouverture sur l’autoroute, ou encore la danse dans le planétarium, des moments qui doivent autant à la mise en scène qu’à la caméra de Linus Sandgren.

Une collaboration fidèle avec Damien Chazelle

Le duo formé avec Damien Chazelle ne s’arrête pas à La La Land. Ils collaborent également sur First Man (2018), biopic centré sur Neil Armstrong. Ici, Linus Sandgren change complètement de registre visuel : il opte pour des caméras portées, une esthétique plus granuleuse, parfois presque documentaire, qui colle à la tension intérieure du personnage et à l’époque représentée.

Il démontre ainsi une extraordinaire capacité d’adaptation, capable de passer d’un hommage flamboyant aux comédies musicales à une reconstitution intime et nerveuse de la conquête spatiale. Une nouvelle preuve qu’il ne cherche pas à briller pour lui-même, mais à servir pleinement le récit.

Leur collaboration se poursuit ensuite avec Babylon (2022), fresque démesurée sur les débuts du cinéma parlant. Encore une fois, Linus Sandgren repousse les limites techniques avec des plans-séquences vertigineux, des scènes de foule d’une complexité folle, et un travail de lumière frôlant l’excès, pour coller à l’esprit du film. Résultat : une image spectaculaire, baroque, et totalement assumée.

Une signature visuelle entre tradition et audace

Ce qui caractérise le travail de Linus Sandgren, c’est avant tout sa maîtrise des outils du cinéma classique, pellicule, lumière naturelle ou artificielle contrôlée, mouvements de caméra précis, mêlée à une envie d’expérimenter, de repousser les limites de ce qui peut être raconté par l’image.

Il privilégie souvent les longs plans, le lien entre la caméra et les personnages, et une approche sensorielle du cadre. La caméra n’est jamais un simple observateur : elle participe à l’émotion, au rythme, à l’intériorité des scènes.

Cela se vérifie aussi dans ses autres collaborations, comme avec David O. Russell (American Hustle, Joy), où il développe un style plus nerveux, plus saturé, collant à l’énergie des personnages, ou encore dans No Time to Die (2021), le James Bond de Cary Joji Fukunaga, où il livre une photographie élégante, stylisée, à la hauteur du mythe.

Une discrétion publique, un rôle clé derrière la caméra

Malgré son Oscar et ses collaborations prestigieuses, Linus Sandgren reste peu médiatisé. Il préfère parler lumière, optique et texture plutôt que s’afficher dans les festivals. Il incarne à merveille le chef opérateur-artisan, passionné par son métier, conscient de son importance, mais toujours au service d’un projet collectif.

Il continue à défendre l’usage de la pellicule dans une industrie dominée par le numérique, convaincu que l’image analogique offre une profondeur émotionnelle difficile à reproduire. Ce positionnement technique, presque militant, le place aux côtés d’autres grands directeurs photo comme Roger Deakins ou Hoyte van Hoytema, dans un club très fermé de ceux qui façonnent la mémoire visuelle du cinéma contemporain.

Filmographie

7 sur 7 films

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