Leslie Nielsen
- Casting
- Production
Détails
| Âge |
|
Nationalités |
|---|---|
| Filmographie | 13 films |
Biographie
Leslie Nielsen, acteur et comédien canado-américain, est né le 11 février 1926 à Regina, dans la province de Saskatchewan au Canada, et s’est éteint le 28 novembre 2010 en Floride.
Si le public le connaît surtout pour son humour absurde et ses répliques cultes, il faut rappeler que Leslie Nielsen a commencé sa carrière dans des rôles sérieux, presque solennels, avant de devenir l’un des rois de la comédie parodique. Une reconversion inattendue, mais exécutée avec un flegme irrésistible. Pendant plus de cinquante ans, Leslie Nielsen a traversé tous les genres, drame, science-fiction, western, comédie, avec cette particularité rare : ne jamais chercher à être drôle, même lorsqu’il l’était furieusement. Et c’est sans doute là, dans ce sérieux imperturbable, que réside le cœur de son génie comique.
Une formation classique et des débuts très sérieux
Fils d’un policier autoritaire et petit-fils d’un acteur de cirque danois, Leslie Nielsen grandit dans un univers où l’autorité et le spectacle cohabitent déjà. Après avoir servi brièvement dans l’armée de l’air canadienne, il étudie à la Lorne Greene Academy of Radio Arts à Toronto, puis au Neighborhood Playhouse à New York, où il côtoie les méthodes d’acteurs classiques.
Ses premiers rôles à la télévision, dès les années 1950, sont à l’image de sa formation : solides, graves, ancrés dans le drame. Il tourne dans des séries emblématiques comme Alfred Hitchcock Presents, Wagon Train ou Peyton Place. Son physique carré, sa voix grave, son regard pénétrant lui valent des rôles d’autorité : officiers, médecins, avocats, hommes politiques.
En 1956, il apparaît dans Planète interdite, chef-d’œuvre de la science-fiction d’époque. Il y incarne le commandant Adams, rôle très premier degré dans un univers de robots et de mystères spatiaux. Rien, à ce stade, ne laisse présager la bascule vers le comique. Et pourtant, la mécanique est déjà en place : Nielsen est crédible dans l’absurde parce qu’il ne fait jamais semblant.
Airplane! (Y a-t-il un pilote dans l’avion ?) : la bascule comique
C’est en 1980 que tout change. Leslie Nielsen est choisi par le trio Zucker-Abrahams-Zucker pour un second rôle dans leur parodie délirante des films catastrophes, Airplane! (Y a-t-il un pilote dans l’avion ?). Il y incarne le docteur Rumack, dont les répliques absurdes sont livrées avec un sérieux d’acier, même quand il parle d’intoxication alimentaire ou de crash imminent.
Sa célèbre phrase, "I am serious. And don’t call me Shirley.", devient un mème avant l’heure, et le ton est donné : Leslie Nielsen ne sourira pas. Il sera l’œil du cyclone comique, celui par qui l’absurde passe sans grimace.
Le succès du film est fulgurant, et révèle un talent comique insoupçonné. Il entame alors une seconde carrière, complètement réinventée, en devenant le visage de la parodie américaine des années 80 et 90.
The Naked Gun : Frank Drebin, flic impassible dans un monde qui déraille
Entre 1982 et 1994, il incarne Frank Drebin, inspecteur maladroit et inébranlable, dans la série de films The Naked Gun (Y a-t-il un flic pour sauver…). Adaptée de la série télé Police Squad!, cette franchise devient l’emblème de son humour : gags visuels outranciers, dialogues absurdes, comique de répétition et destruction joyeuse des clichés policiers.
Drebin, c’est l’homme qui glisse sur une banane, puis se relève pour réciter une déclaration solennelle à sa suspecte. Un personnage à la fois ridicule et héroïque, bête et tenace, et toujours interprété avec une application d’acteur de Shakespeare.
Ces films connaîtront un succès considérable, et Leslie Nielsen devient alors l’un des acteurs comiques les plus reconnaissables du grand public, à plus de 60 ans. Pas mal pour un homme dont la carrière semblait déjà toute tracée… dans le registre dramatique.
Une signature comique basée sur le décalage
La force de Leslie Nielsen, c’est qu’il ne "joue pas la comédie" comme on l’entend habituellement. Il n’en fait jamais trop. Il ne grimace pas, ne cherche pas l’effet. Il récite ses lignes absurdes comme s’il parlait de politique monétaire, et c’est justement ce décalage entre la forme et le fond qui crée le rire.
Il devient une sorte de buste vivant du comique de non-sens, un acteur dont la rigidité est précisément ce qui rend chaque scène plus loufoque encore. Même dans les films plus faibles, car il y en a eu quelques-uns, soyons honnêtes, Leslie Nielsen garde son cap : ne jamais faire dans le clin d’œil, rester dans le rôle, même quand tout s’écroule autour.
Il accepte même de parodier Dracula, Star Wars, James Bond, L’exorciste… avec plus ou moins de réussite selon les films, mais toujours la même constance dans la dérision sérieuse.
Une longévité inattendue, et une affection populaire durable
Jusqu’à la fin de sa vie, Leslie Nielsen reste actif : publicités, caméos, comédies familiales. Il ne cherche pas à revenir à des rôles dramatiques. Il a trouvé son style, son public, et continue à l’entretenir avec une humilité toute canadienne.
Hors écran, il est connu pour son humour potache et son amour des blagues douteuses, il portait même un coussin péteur en interview, prêt à déclencher le rire à tout moment. Pas exactement la posture d’un acteur tourmenté par son image.
Il s’éteint en 2010, à 84 ans, laissant derrière lui une double carrière rare : celle d’un acteur dramatique crédible, et d’un comédien culte qui n’a jamais eu besoin de clowner pour faire rire.
Filmographie
13 sur 13 films