Leonard Goldberg
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Détails
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| Filmographie | 5 films |
Biographie
Leonard J. Goldberg est né le 24 janvier 1934 à New York, et s’est éteint le 4 décembre 2019 à l’âge de 85 ans. Producteur, dirigeant de studios et créateur de programmes emblématiques, il a été l’un des architectes majeurs de la télévision américaine des années 1970 à 1990. Sans jamais chercher la célébrité, Leonard Goldberg a façonné des générations de téléspectateurs à travers des séries devenues cultes, tout en menant une carrière de stratège dans les coulisses des grands réseaux audiovisuels. Son nom est peut-être moins connu que ceux des créateurs ou des stars qu’il a accompagnés, mais son empreinte sur l’histoire de la télévision américaine reste indélébile.
De New York aux coulisses d’Hollywood
Diplômé de l’université de Wharton (Pennsylvania), Leonard Goldberg commence sa carrière dans les années 1960, d’abord dans le secteur de la recherche et du marketing pour la chaîne ABC. Très vite, il gravit les échelons et rejoint la production télévisée, où son flair pour les formats à succès se manifeste rapidement.
Il se fait connaître par sa capacité à détecter les tendances, à sentir ce qui va fonctionner auprès du grand public, sans sacrifier pour autant les exigences narratives. Il mise autant sur les scénarios que sur le bon casting, et c’est cette combinaison qui fera le succès de ses futures productions.
Le tandem avec Aaron Spelling : l’ère des séries cultes
Le grand tournant de la carrière de Leonard Goldberg intervient lorsqu’il s’associe avec le prolifique producteur Aaron Spelling, dans un duo devenu légendaire pour avoir façonné l’esthétique télévisuelle des années 1970. Ensemble, ils donnent naissance à une série de succès emblématiques, dont Charlie’s Angels, Starsky & Hutch, Fantasy Island, Hart to Hart ou encore Family.
Le style Spelling-Goldberg se distingue par une approche grand public assumée, mêlant glamour, action et émotion. Mais Leonard Goldberg, en coulisses, veille aussi à introduire des thématiques plus sérieuses dans certains programmes, notamment dans des téléfilms abordant des sujets de société, un équilibre entre divertissement et engagement, rarement facile à maintenir dans le paysage télévisuel américain de l’époque.
Dirigeant de studios et producteur au cinéma
Dans les années 1980, Leonard Goldberg poursuit sa carrière dans les hautes sphères des grands studios. Il devient notamment président de 20th Century Fox, où il supervise la production de plusieurs films importants, dont Broadcast News (1987) ou Die Hard (1988), ce dernier devenant un immense succès commercial et un classique du cinéma d’action.
Il continue également à produire des films sous sa propre bannière, Mandy Films, du nom de sa fille. Il développe ainsi des projets comme Sleeping with the Enemy (1991), avec Julia Roberts, ou Double Jeopardy (1999), avec Ashley Judd, des thrillers efficaces portés par des femmes, ce qui n’était pas si courant à l’époque.
Une dernière touche avec Blue Bloods
Même après plusieurs décennies de carrière, Leonard Goldberg ne s’éloigne jamais totalement de la production télévisée. À la fin des années 2000, il revient à la télévision avec Blue Bloods, série policière centrée sur une famille de policiers new-yorkais, portée par Tom Selleck. Lancée en 2010 sur CBS, la série rencontre un vif succès et s’installe durablement dans la grille, devenant l’un des derniers projets majeurs supervisés par Goldberg jusqu’à sa mort en 2019.
Cette série, familiale et conservatrice dans ses valeurs mais ancrée dans les réalités du monde moderne, résume en partie la vision de Leonard Goldberg : un divertissement populaire, accessible, mais structuré autour de figures fortes et de dilemmes moraux lisibles.
Un artisan de la télévision moderne
Peu enclin à se mettre en avant, Leonard Goldberg n’a jamais été une "star" de l’industrie, mais plutôt un bâtisseur. Il a su s’entourer des bons créateurs, comprendre les attentes du public et, surtout, anticiper les évolutions du marché. Il a participé à la professionnalisation du secteur, imposant des standards de qualité aussi bien dans les contenus que dans la gestion des productions.
Il laisse derrière lui une œuvre dense, à la télévision comme au cinéma, marquée par un souci constant du récit bien ficelé, du casting juste et de l’efficacité narrative. En près de cinquante ans de carrière, Leonard Goldberg aura démontré que l’on peut transformer durablement le paysage audiovisuel... sans jamais avoir besoin d’être sous les projecteurs.