Lena Olin

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Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 12 films
Récompenses 2 nominations et 0 victoire

Biographie

Née le 22 mars 1955 à Stockholm, en Suède, Lena Maria Jonna Olin, plus connue sous le nom de Lena Olin, est une actrice suédoise à la présence magnétique, à la voix grave et chaude, et au regard qui peut passer de la tendresse à l’acier en une seule scène.

Fille du comédien Stig Olin, figure du théâtre et du cinéma suédois, elle a été formée par Ingmar Bergman lui-même, et cela se voit : son jeu est toujours habité, maîtrisé, mais profondément vivant.

Dans une carrière marquée par l’exil artistique — du théâtre suédois au cinéma hollywoodien — Lena Olin s’est imposée comme l’une des actrices européennes les plus respectées à l’international, capable d’alterner films d’auteur, drames psychologiques et thrillers politiques, sans jamais renier son style ni sa profondeur.

Les années Bergman : naissance d’une actrice

Avant de tourner à Hollywood, Lena Olin a débuté dans les cercles les plus exigeants du théâtre européen. Élève de l’Académie nationale d’art dramatique de Suède, elle rejoint rapidement la troupe du Dramaten, le théâtre royal de Stockholm, où elle joue sous la direction d’Ingmar Bergman, mentor exigeant qui la dirigera aussi au cinéma dans Fanny och Alexander (1982).

Cette période suédoise est fondatrice : elle apprend à jouer avec le silence, la retenue, le regard, qualités qui deviendront sa signature. À la fois froide et incandescente, elle cultive cette ambiguïté scandinave qui fascine à l’écran.

Percée internationale avec The Unbearable Lightness of Being

C’est en 1988 que Lena Olin accède à la notoriété internationale avec The Unbearable Lightness of Being (L’Insoutenable légèreté de l’être), réalisé par Philip Kaufman et adapté du roman de Milan Kundera. Elle y incarne Sabina, artiste libre et insaisissable, amante du personnage joué par Daniel Day-Lewis.

Sa performance, toute en sensualité cérébrale et tristesse discrète, fait d’elle une icône d’un certain cinéma européen exporté aux États-Unis. Ce rôle définit son image pour les années à venir : femme forte mais blessée, libre mais en quête d’ancrage.

Elle enchaîne l’année suivante avec Enemies: A Love Story (1989), film pour lequel elle est nommée à l’Oscar du meilleur second rôle féminin, dans la peau d’une survivante de la Shoah passionnée et imprévisible. Le cinéma hollywoodien vient de découvrir qu’on pouvait être glamour, intellectuelle et dangereusement imprévisible, tout à la fois.

Une présence rare mais toujours marquante à Hollywood

Tout au long des années 1990 et 2000, Lena Olin alterne avec soin entre projets américains et incursions européennes. Elle est inoubliable dans Romeo Is Bleeding (1993), où elle incarne une tueuse russe aussi violente que magnétique, dans un rôle qui frôle l’opéra baroque.

Elle joue aussi dans Chocolat (2000), de Lasse Hallström (qu’elle épousera), dans le rôle d’une mère gitane aux antipodes des conventions sociales. Là encore, elle imprime l’écran de sa capacité à transmettre l’émotion sans jamais l’imposer.

On la retrouve dans Alias (2002–2006), série culte de J.J. Abrams, où elle joue Irina Derevko, mère ambiguë de Jennifer Garner. Mi-espionne, mi-fantôme du passé, elle donne à ce personnage secondaire une dimension tragique et shakespearienne. Un retour marquant à la télévision, et un rappel que même dans les séries d’action, Lena Olin reste Lena Olin : impossible à réduire à une fonction narrative.

Une actrice au service de rôles féminins denses et adultes

Ce qui frappe chez Lena Olin, c’est qu’elle n’a jamais cherché à jouer les jeunes premières ni à se plier aux standards de l’industrie. Elle incarne souvent des femmes complexes, ambiguës, imprévisibles, à la fois puissantes et vulnérables. Elle ne joue pas des stéréotypes — elle les tord, les trouble, les renverse.

Même dans ses rôles plus discrets, comme dans Casanova (2005), The Reader (2008) ou Maya Dardel (2017), elle continue d’apporter cette densité tranquille, cette gravité teintée d’ironie, qui la rend unique.

Et dans Hunters (2020–2023), série d’Amazon Prime sur des chasseurs de nazis dans les années 1970, elle incarne The Colonel, antagoniste glaçante et charismatique, parfaitement à sa mesure : élégante, impitoyable, fascinante.

Lena Olin : l’incarnation d’un cinéma féminin adulte et assumé

Dans une industrie souvent frileuse dès qu’il s’agit de filmer des femmes au-delà de 40 ans, Lena Olin a toujours tenu bon. Elle n’a jamais cédé à la tentation de la jeunesse éternelle ni aux rôles prévisibles. Elle préfère les silences aux explications, les regards aux discours, les blessures profondes aux cris superficiels.

Peu médiatisée, rarement sur le tapis rouge, elle fait partie de ces actrices respectées plus qu’adorées, dont le talent est d’autant plus précieux qu’il ne se donne jamais tout entier.

Filmographie

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