Lem Dobbs

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Détails

Autre nom Anton Lemuel Kitaj
Âge
Nationalité
Filmographie 6 films

Biographie

Lem Dobbs est un scénariste américain né le 24 décembre 1958 à Oxford, en Angleterre, mais élevé aux États-Unis. Si son pseudonyme peut prêter à confusion, son nom de naissance, lui, révèle une filiation artistique directe : il est le fils du peintre R. B. Kitaj, figure importante de la scène artistique moderne. Pourtant, c’est vers l’écriture et le cinéma que Lem Dobbs s’est tourné, développant une carrière singulière, entre succès discrets, projets avortés, et culte critique.

Son pseudonyme, "Lem Dobbs", est un clin d’œil au personnage Fred C. Dobbs du film The Treasure of the Sierra Madre (1948), joué par Humphrey Bogart. Un choix révélateur : Lem Dobbs est un cinéphile assumé, passionné par les films classiques, les dialogues ciselés, et les intrigues denses. Une passion qu’il a transformée en une carrière d’auteur de l’ombre, où la plume compte parfois plus que le nom sur l’affiche.

Des débuts précoces et une première frustration de cinéma

Lem Dobbs se fait remarquer très jeune dans le monde du scénario. Dès la fin des années 1970, il écrit Edward Ford, un scénario ambitieux, métaphysique, complexe, salué par la critique spécialisée comme un chef-d'œuvre... jamais produit. Ce script, circulant comme un trésor parmi les scénaristes, devient presque mythique à Hollywood. Une œuvre brillante, certes, mais trop dense, trop étrange, trop peu "bankable". Cette première frustration artistique en dit long sur la suite de son parcours : Lem Dobbs est un scénariste admiré dans l’industrie, mais rarement pleinement exposé.

Ce n’est qu’au début des années 1990 qu’il commence à voir ses projets portés à l’écran. Et là encore, le résultat est souvent intrigant.

Une plume au service de cinéastes exigeants

Le nom de Lem Dobbs reste associé à plusieurs films devenus cultes, dont Kafka (1991) de Steven Soderbergh, film noir labyrinthique où Jeremy Irons incarne l’auteur dans une histoire mêlant réalité et fiction. Le film divise, mais l’univers de Dobbs y est clairement identifiable : narration trouble, ambiance européenne, goût du mystère.

Il retrouve Steven Soderbergh une décennie plus tard avec The Limey (1999), un thriller stylisé porté par Terence Stamp. Le film est aujourd’hui considéré comme l’un des grands films néo-noirs des années 90. Pourtant, la relation entre le réalisateur et le scénariste devient un cas d’école : le commentaire audio du DVD, où les deux discutent (parfois sèchement) du montage et des modifications du script, révèle une tension intéressante. Lem Dobbs, frustré par la façon dont certaines scènes ont été coupées, y exprime un sentiment partagé par de nombreux scénaristes : celui d’être indispensable mais souvent sacrifié.

Autre film notable : Dark City (1998), de Alex Proyas, où Lem Dobbs est l’un des trois co-scénaristes. Ce film de science-fiction sombre et philosophique, visuellement marquant, est aujourd’hui largement réévalué comme une œuvre majeure du genre, influente jusque dans The Matrix. Encore une fois, la patte Dobbs y est visible : goût du labyrinthe narratif, réflexion sur l’identité, dialogues précis.

Il signe aussi le scénario de The Score (2001), un thriller de casse avec De Niro, Norton et Brando. Plus classique dans sa structure, le film permet à Lem Dobbs de montrer qu’il peut aussi livrer un script calibré pour le grand public, sans pour autant renier sa rigueur d’écriture.

Un scénariste à contre-courant du système hollywoodien

Le parcours de Lem Dobbs ressemble à celui d’un écrivain plus qu’à celui d’un "script doctor" au service des studios. Il est connu pour son style littéraire, précis, souvent trop ambitieux pour les canons hollywoodiens standards. Il n’a jamais couru après les franchises, les remakes ou les grosses productions. Et s’il a souvent été sollicité pour des réécritures, ce n’est pas là qu’il s’exprime le mieux.

Sa culture cinématographique transparaît dans chacun de ses scripts, et ses interviews (rares) ou commentaires audio révèlent une pensée critique acérée. Il n’a pas peur d’exprimer ses opinions sur l’industrie, y compris ses frustrations. C’est cette posture d’indépendant, presque marginal, qui en fait un personnage fascinant dans le paysage du scénario américain contemporain.

Filmographie

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