Lawrence Turman

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Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 5 films
Récompense 1 nomination et 0 victoire

Biographie

Lawrence Turman, né le 28 novembre 1926 à Los Angeles (Californie, États-Unis) et décédé le 1er juillet 2023, était un producteur de cinéma américain, également scénariste, auteur et pédagogue. S’il n’est pas aussi connu que les réalisateurs ou les stars qu’il a contribué à faire briller, Lawrence Turman a pourtant laissé une empreinte solide dans l’histoire du cinéma américain. Son nom est indissociable d’un certain film devenu instantanément culte : The Graduate (Le Lauréat, 1967). Rien que ça.

Mais réduire sa carrière à ce seul chef-d'œuvre serait oublier qu’il a accompagné, conseillé et produit de nombreux projets marquants, tout en jouant un rôle important dans la transmission du savoir cinématographique, notamment via l’université USC. Un homme de l’ombre, oui, mais une ombre portée par la lumière des idées.

De la marine à Hollywood, une reconversion bien sentie

Avant de devenir producteur, Lawrence Turman passe par un détour inattendu : il sert dans la marine pendant la Seconde Guerre mondiale. Une fois démobilisé, il se tourne vers l’écriture puis la production. Dans le Hollywood des années 1950-1960, il commence à se faire une place, d’abord modeste, puis de plus en plus remarquée. Il a ce que les producteurs cherchent souvent : le sens du récit, un instinct affûté pour les scripts prometteurs, et la capacité de voir ce que les autres ne voient pas encore.

Et c’est exactement ce qui va lui permettre de produire l’un des films les plus emblématiques du cinéma américain.

The Graduate : flair, audace et un certain Dustin Hoffman

Le sommet incontesté de la carrière de Lawrence Turman reste The Graduate (1967), réalisé par Mike Nichols et adapté du roman de Charles Webb. À l’époque, le projet n’emballe pas les studios. Trop étrange, trop générationnel, trop différent. Mais Lawrence Turman croit au potentiel du film et s’acharne à le produire. Il choisit Dustin Hoffman, encore inconnu, pour incarner Benjamin Braddock, jeune diplômé perdu dans l’Amérique post-moderne.

Le résultat ? Un succès colossal, un Oscar du meilleur réalisateur pour Mike Nichols, une bande-son mythique signée Simon & Garfunkel, et un film devenu symbole d’une génération désenchantée. Grâce à Lawrence Turman, le cinéma américain vient de basculer dans une nouvelle ère : celle des héros maladroits, des récits intimistes, et des films qui ne donnent pas toutes les réponses.

Et au passage, il obtient une nomination à l’Oscar du meilleur film, preuve que les intuitions bien défendues peuvent déplacer les montagnes de la prudence hollywoodienne.

Une carrière entre diversité de genres et fidélité à l’exigence

Après The Graduate, Lawrence Turman produit plusieurs films dans des genres très différents. Il travaille par exemple sur Pretty Poison (1968), The Thing (1982) de John Carpenter, ou encore American History X (1998), réalisé par Tony Kaye. Ce dernier film, souvent repris comme support pédagogique ou débat public, prouve que Turman n’a jamais perdu le goût du risque ni l’intérêt pour les récits à fort impact social.

Ses productions ne suivent pas une ligne claire ou commerciale. On y trouve des thrillers, des drames, des comédies noires, parfois des films plus confidentiels. Mais ce qui relie tout cela, c’est le soin accordé à l’écriture, la volonté de faire émerger des voix, et souvent un fond moral ou politique assumé. Pas de production opportuniste : Lawrence Turman misait sur l’intelligence du public.

Un pédagogue passionné et un passeur de cinéma

À partir des années 1990, Lawrence Turman s’investit dans la formation des futurs professionnels du cinéma. Il devient directeur du Peter Stark Producing Program à l’University of Southern California (USC), un programme prestigieux de formation à la production cinématographique. Il y forme de nombreux producteurs et producteurs exécutifs devenus ensuite des piliers de l’industrie.

Il publie également So You Want to Be a Producer, un ouvrage aussi pragmatique qu’inspirant sur les réalités du métier. Sans glamour inutile, il y défend l’idée d’un producteur à l’écoute, rigoureux, créatif, et surtout capable de protéger la vision d’un projet sans l’écraser. Une sorte de guide de survie dans les eaux parfois troubles de l’industrie du divertissement.

Une discrétion qui cache une influence durable

Dans un monde où l’ego est souvent un outil de travail, Lawrence Turman a su garder un profil bas. Pas de frasques, pas de querelles publiques, pas d’ambitions dévorantes. Juste une présence constante derrière les films, dans les coulisses, là où se prennent les décisions difficiles et où l’art rencontre le budget.

Son nom ne clignote pas en haut de l’affiche, mais il est associé à des œuvres marquantes, souvent risquées, parfois provocantes, toujours soignées. Il a su incarner le rôle du producteur éclairé, celui qui fait confiance aux talents, qui cherche le bon projet plus que le projet rentable, et qui croit que le cinéma peut encore dire quelque chose au monde.

Lawrence Turman, ce n’est pas la vedette du plateau, mais c’est le pilier invisible sur lequel beaucoup de films importants ont reposé. Il laisse derrière lui une leçon de modestie, de persévérance et d’élégance professionnelle. Et dans une industrie où tout va vite, ce genre d’héritage a encore beaucoup de valeur.

Filmographie

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