Lauren Bacall
- Casting
Détails
| Autre nom | Betty Joan Perske |
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Nationalité |
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| Filmographie | 3 films |
| Récompenses | 4 nominations et 1 victoire |
Biographie
Lauren Bacall, de son vrai nom Betty Joan Perske, est née le 16 septembre 1924 à New York, aux États-Unis, et s’est éteinte le 12 août 2014 à l’âge de 89 ans. Icône du cinéma hollywoodien classique, elle incarne à la perfection la femme fatale du film noir… mais avec une lucidité et une indépendance qui la rendent bien plus complexe qu’un simple archétype. Connue pour sa voix rauque, son regard légendaire, et une présence à l’écran à la fois glaciale et magnétique, Lauren Bacall n’a jamais été une étoile de passage. Elle était une étoile… qui choisissait sa trajectoire.
Un début mythique face à Humphrey Bogart
Lorsque Lauren Bacall apparaît pour la première fois à l’écran dans To Have and Have Not (Le Port de l’angoisse, 1944), elle a à peine 19 ans. Elle n’a encore jamais tourné de film. Et pourtant, en quelques secondes, elle entre dans l’histoire du cinéma. Sa première scène face à Humphrey Bogart, ponctuée de la fameuse réplique “You know how to whistle, don’t you, Steve?”, devient instantanément culte.
Le film, réalisé par Howard Hawks, marque le début de l’un des duos les plus emblématiques de l’âge d’or hollywoodien, à l’écran comme dans la vie. Bacall et Bogart tomberont amoureux pendant le tournage, se marieront en 1945, et tourneront ensemble plusieurs classiques : The Big Sleep, Dark Passage, Key Largo… Tous les ingrédients du film noir y sont réunis, mais c’est Lauren Bacall qui, à chaque fois, redéfinit la dynamique femme-homme du genre.
Face à Bogart, elle n’est jamais passive, jamais soumise. Elle répond, elle résiste, elle déstabilise. Elle n’est pas juste une "femme fatale" : elle est une femme libre.
Une carrière post-Bogart entre détours et retours
Après la mort d’Humphrey Bogart en 1957, Lauren Bacall poursuit sa carrière, mais sans jamais vraiment retrouver l’intensité de sa période "Bogartienne". Elle tourne dans des films plus discrets (Designing Woman avec Gregory Peck, Shock Treatment, Harper), joue sur les planches à Broadway, et commence à se construire une nouvelle identité artistique, plus détachée des rôles de vamp hollywoodienne.
C’est au théâtre qu’elle renoue avec le succès critique : elle reçoit deux Tony Awards, notamment pour Applause (1970), adaptation musicale de All About Eve, et pour Woman of the Year (1981). Son charisme, son ton sec, sa capacité à jouer des personnages puissants, mais fragiles, en font une présence scénique redoutable.
Au cinéma, elle se fait plus rare, mais choisit des projets marquants : Murder on the Orient Express, The Fan, ou encore Dogville de Lars von Trier, où son apparition tardive dans le film marque les esprits. Lauren Bacall n’a jamais eu peur de prendre son temps, ni de réapparaître là où on ne l’attendait pas.
Une actrice de caractère, bien au-delà de son image
Ce qui distingue Lauren Bacall des autres stars de sa génération, c’est cette combinaison unique de distance ironique et de profondeur émotionnelle. Elle ne cherchait pas à plaire, ni à s’adapter. Elle a souvent été jugée “froide” dans ses performances… mais c’est justement cette retenue, ce contrôle, qui donna à ses personnages une force souvent plus intense que les grandes envolées lyriques.
Dans ses interviews, Lauren Bacall se montrait directe, voire cassante, toujours franche. Elle ne jouait pas le jeu des relations publiques. Elle assumait son âge, ses choix, ses regrets parfois, mais toujours avec cette voix grave, posée, qui ne la quittait jamais. Une voix née d’un stress intense à ses débuts (on dit qu’elle tremblait tant sur le tournage de To Have and Have Not qu’elle en est venue à baisser la tête… ce qui donnera naissance à sa fameuse posture "The Look").
L’héritage Bacall : indépendance, élégance, et fidélité à soi-même
Lauren Bacall n’était pas seulement une actrice. Elle était un symbole de classe, de mystère, et d’assurance féminine. Dans un Hollywood où la jeunesse éternelle est une obsession, elle a accepté de vieillir à l’écran. Dans un milieu où l’image publique est lissée, elle a toujours dit ce qu’elle pensait. Et dans une industrie qui adore ranger ses stars dans des boîtes, elle a régulièrement échappé aux étiquettes.
En 2005, elle reçoit un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Une reconnaissance tardive, mais méritée, pour une femme qui n’a jamais cessé d’incarner l’âge d’or… sans nostalgie. Pour elle, il ne s’agissait pas de plaire à tout prix, mais de rester intègre dans un système qui récompense rarement l’indépendance.
Même à la fin de sa vie, Lauren Bacall ne s’est jamais retirée complètement. Elle a continué à prêter sa voix, à écrire, à apparaître là où on ne l’attendait plus. Son autobiographie (By Myself and Then Some) est aussi directe et lucide que ce qu’on pouvait espérer d’elle.