Lau Siu-Ming
Casting
- Nationalité
- Hong Kong
- Naissance
- 13 octobre 1931 à Hong Kong (Hong Kong)
- Mort
- 2 septembre 2026
- Âge
- 94 ans
- Autres noms
- 劉兆銘, Liu Zhaoming
- Filmographie
- 4 films
Biographie
Lau Siu-Ming, né le 13 octobre 1931 à Hong Kong et mort le 2 septembre 2026 dans la même ville, est un danseur, chorégraphe, professeur de danse et acteur hongkongais. Formé en France auprès de Rosella Hightower, puis membre du Ballet du XXe Siècle de Maurice Béjart, il participe au développement de la danse à Hong Kong avant de devenir acteur. Il est notamment connu pour ses collaborations avec Tsui Hark et pour son interprétation du démon-arbre dans Histoires de fantômes chinois (1987).
Une jeunesse marquée par la guerre et la découverte de la danse
Lau Siu-Ming naît à Hong Kong dans une famille originaire de Heshan, dans la province chinoise du Guangdong. En décembre 1941, il a dix ans lorsque les forces japonaises envahissent la colonie britannique. Pendant les années de guerre, il trouve refuge en Chine continentale, où il passe une partie de son adolescence.
De retour à Hong Kong, il s’intéresse à la danse, discipline encore peu développée dans les institutions artistiques de la colonie. En 1962, il assiste à un spectacle présenté par une troupe chinoise au City Hall de Hong Kong, récemment inauguré. Cette représentation contribue à sa décision de suivre une formation professionnelle.
Souhaitant étudier en Europe, Lau Siu-Ming embarque sur un paquebot où il travaille dans la manutention pour financer son voyage. Il rejoint la France et obtient une bourse pour suivre l’enseignement de l’École supérieure de danse de Cannes Rosella Hightower, établissement fondé par la danseuse et pédagogue américaine Rosella Hightower.
Au cours de sa formation, il étudie les techniques du ballet classique et développe un intérêt particulier pour les possibilités d’intégrer des éléments culturels chinois à la chorégraphie occidentale. Rosella Hightower l’encourage à poursuivre cette recherche.
Rosella Hightower et la collaboration avec Maurice Béjart
Pour son spectacle de fin d’études à Cannes, Lau Siu-Ming crée Rebirth of the Phoenix (« Renaissance du phénix »), un duo chorégraphique qu’il interprète avec Rosella Hightower. Présentée au Théâtre des Champs-Élysées, à Paris, l’œuvre s’inspire de la figure du phénix, présente dans la tradition chinoise.
Le chorégraphe Maurice Béjart, qui assiste à cette représentation, rencontre Lau Siu-Ming à l’issue du spectacle et l’invite à rejoindre sa compagnie, le Ballet du XXe Siècle, établie à Bruxelles.
Le danseur hongkongais participe alors à plusieurs œuvres du répertoire de Béjart. Il interprète notamment Le Sacre du printemps, chorégraphie créée sur la musique d’Igor Stravinsky, ainsi que Boléro, sur la composition de Maurice Ravel. Il danse également dans Roméo et Juliette et dans la Neuvième Symphonie, spectacle conçu à partir de la symphonie de Ludwig van Beethoven.
Cette expérience lui permet de travailler au sein d’une compagnie internationale dont les spectacles sont présentés dans plusieurs pays. Béjart développe alors un langage chorégraphique associant danse classique, danse moderne et références à différentes traditions culturelles. Lau Siu-Ming contribue à ces productions en apportant sa formation classique et son expérience personnelle des cultures chinoises.
Le développement de la danse professionnelle à Hong Kong
En 1967, Lau Siu-Ming revient à Hong Kong et entreprend d’y développer l’enseignement de la danse. Il fonde une école et participe à la formation de jeunes interprètes, à une période où la ville ne dispose pas encore d’un réseau d’établissements professionnels comparable à celui des grandes capitales européennes.
Il travaille également pour Rediffusion Television, puis pour Television Broadcasts Limited (TVB), où il exerce les fonctions de maître de ballet et de chorégraphe. Il contribue ainsi à la conception de numéros dansés destinés aux émissions de divertissement télévisé.
Son activité s’étend à plusieurs institutions culturelles. Il participe à la création ou au développement de la Hong Kong Dance Federation, du Hong Kong Ballet Group et du Hong Kong Children’s Choir. Il est également associé aux travaux préparatoires de la Hong Kong Academy for Performing Arts, établissement consacré à l’enseignement supérieur des arts du spectacle.
À travers ces activités, Lau Siu-Ming intervient dans l’organisation de l’enseignement artistique et dans la structuration des pratiques chorégraphiques de Hong Kong. Il occupe par ailleurs des fonctions de conseiller pour les politiques publiques de soutien à la danse.
Tsui Hark et l’entrée dans le cinéma fantastique
En 1979, le réalisateur Tsui Hark et le producteur Ng See-yuen proposent à Lau Siu-Ming de jouer dans The Butterfly Murders (Die bian), premier long métrage de Tsui Hark. Le danseur, alors âgé de quarante-sept ans, fait ainsi ses débuts au cinéma.
Situé dans la Chine ancienne, le film raconte les événements survenus dans une forteresse où des papillons mystérieusement agressifs provoquent plusieurs morts. Lau Siu-Ming interprète Fong Hong-yip, un lettré chargé de rapporter les faits et d’en comprendre l’origine. Le personnage participe au déroulement d’une enquête qui associe les conventions du film d’arts martiaux à celles du cinéma fantastique.
Cette première expérience inaugure une collaboration régulière avec Tsui Hark. Le réalisateur lui confie notamment le rôle de Ngok Bat-kwan, maître de l’école d’arts martiaux du mont Hua, dans Swordsman (1990). Adapté du roman Le Vagabond au sourire fier de Jin Yong, le film suit les rivalités entre plusieurs écoles d’escrime chinoises. Le personnage incarné par Lau Siu-Ming dissimule ses ambitions derrière son autorité de maître.
Son association avec le cinéma fantastique hongkongais prend une importance particulière dans Histoires de fantômes chinois (A Chinese Ghost Story, 1987), réalisé par Ching Siu-tung et produit par Tsui Hark. Il y interprète le démon-arbre, créature surnaturelle qui retient sous son emprise des esprits féminins et les oblige à séduire des voyageurs pour lui livrer leurs victimes.
Face aux personnages incarnés par Leslie Cheung et Joey Wong, Lau Siu-Ming donne au démon une gestuelle autoritaire et des mouvements caractéristiques, renforcés par les costumes et le maquillage. Il reprend ce rôle dans Histoires de fantômes chinois 3 (1991). Dans le deuxième volet de la série, sorti en 1990, il interprète un autre personnage, Fu Tianchou, haut fonctionnaire impérial et père de l’héroïne.
Les adaptations télévisées des romans de Jin Yong
Parallèlement à sa carrière cinématographique, Lau Siu-Ming participe à de nombreuses séries de la télévision hongkongaise, particulièrement aux adaptations de romans de wuxia, genre littéraire consacré aux aventures de héros pratiquant les arts martiaux.
En 1982, il interprète Duan Zhengming dans Demi-Gods and Semi-Devils, adaptation télévisée d’un roman de Jin Yong. Ce personnage appartient à la famille régnante du royaume de Dali, dans le sud-ouest de la Chine médiévale.
L’année suivante, il tient le rôle de Duan Zhixing, également connu sous le nom de révérend Yideng, dans The Legend of the Condor Heroes (1983). Cette série de TVB, avec Felix Wong et Barbara Yung dans les rôles principaux, raconte les aventures de deux jeunes hommes dont les familles ont été séparées pendant les guerres opposant les dynasties chinoises et les peuples du Nord.
Ancien souverain du royaume de Dali devenu moine bouddhiste, Yideng est l’un des grands maîtres d’arts martiaux de l’univers créé par Jin Yong. Lau Siu-Ming retrouve ce personnage dans The Return of the Condor Heroes, autre adaptation du romancier diffusée par TVB en 1983.
En 1984, il interprète l’eunuque Hai Dafu dans The Duke of Mount Deer, adaptation télévisée d’un roman de Jin Yong consacré à un jeune homme évoluant au sein de la cour de l’empereur Kangxi. Le personnage de Hai Dafu occupe une fonction importante dans les intrigues politiques du palais impérial.
Ces interprétations permettent à Lau Siu-Ming de retrouver devant les caméras de télévision les univers historiques et les combats stylisés qu’il avait abordés dans ses premiers films.
Des personnages d’autorité dans le cinéma hongkongais
Au cours des années 1980 et 1990, Lau Siu-Ming interprète également des personnages appartenant aux milieux policiers et criminels dans le cinéma contemporain.
Dans Le Syndicat du crime 2 (A Better Tomorrow II, 1987), réalisé par John Woo, il incarne l’inspecteur Wu. Le film suit notamment les relations entre deux frères séparés par leur engagement dans le crime organisé et leur appartenance à la police. Il retrouve à cette occasion une distribution réunissant Chow Yun-fat et Ti Lung.
Il apparaît ensuite dans Police Story 2 (1988), réalisé par Jackie Chan, où il interprète un haut responsable policier. Le film poursuit les aventures de Chan Ka-kui, inspecteur de Hong Kong dont les méthodes provoquent régulièrement des conflits avec sa hiérarchie.
Son activité comprend aussi des comédies. Dans Front Page (1990), réalisée par Philip Chan et interprétée notamment par Michael Hui et Sam Hui, il joue Brother Shun. Le film se déroule dans le milieu de la presse populaire hongkongaise et raconte les rivalités entre journalistes à la recherche d’informations sensationnelles.
En 2000, il participe à China Strike Force, film d’action réalisé par Stanley Tong, avec Aaron Kwok et Norika Fujiwara. Le récit met en scène une enquête sur un réseau international de trafic de drogue et de blanchiment d’argent.
Il retrouve le cinéma fantastique dans Re-cycle (Gwai wik, 2006), réalisé par les frères Pang. Il y interprète un vieil homme rencontré par une romancière, incarnée par Angelica Lee, qui se trouve plongée dans un monde peuplé d’objets et de créatures abandonnés. Son interprétation lui vaut une nomination au Golden Bauhinia Award du meilleur acteur dans un second rôle en 2006.
La transmission chorégraphique et les distinctions artistiques
Malgré ses nombreux engagements à l’écran, Lau Siu-Ming poursuit son activité dans la danse. Il participe notamment à des productions du Hong Kong Ballet et de la Hong Kong Dance Company, institutions avec lesquelles il entretient des relations professionnelles régulières.
En 2002, il reçoit un Hong Kong Dance Award pour ses interprétations dans The White Snake, présenté par le Hong Kong Ballet, et The Butterfly Lovers, production de la Hong Kong Dance Company. Ces spectacles s’inspirent de deux récits traditionnels chinois, respectivement la légende du Serpent blanc et celle des Amants papillons.
En 2007, il participe au Festival des arts de Hong Kong avec My Life as a Dancer, The Evolution, spectacle revenant sur son parcours chorégraphique. La production permet au danseur de renouer avec la scène et de présenter des éléments de son expérience artistique européenne et hongkongaise.
La même année, la Hong Kong Academy for Performing Arts lui décerne le titre de membre honoraire (Honorary Fellow) pour sa contribution aux arts du spectacle. Il intervient également au sein de l’établissement comme conférencier invité auprès des étudiants en art dramatique.
Cette distinction reconnaît particulièrement son rôle dans la formation des danseurs hongkongais et dans l’organisation des institutions chorégraphiques locales. Lau Siu-Ming exerce aussi des responsabilités consultatives auprès du Leisure and Cultural Services Department, organisme public chargé notamment de la gestion et du soutien des activités culturelles à Hong Kong.
Vie familiale et dernières années
Lau Siu-Ming épouse en 1962 Cheung Wai-ling, qui meurt le 31 octobre 2012. Le couple a plusieurs enfants. L’acteur entretient pendant sa carrière des relations avec différentes générations d’artistes hongkongais, qui le surnomment fréquemment « Ming Sir ».
Au cours de ses dernières années, il se retire progressivement des plateaux de tournage, tout en conservant des liens avec le milieu artistique. Plusieurs comédiens, parmi lesquels Anthony Wong et Francis Ng, lui rendent visite et participent à des rencontres avec lui.
Le 2 septembre 2026, Lau Siu-Ming meurt à Hong Kong, à l’âge de 94 ans. À l’annonce de son décès, Rosanna Law, secrétaire à la Culture, aux Sports et au Tourisme du gouvernement hongkongais, rend publiquement hommage à sa contribution au développement de la danse et des arts du spectacle.
Filmographie
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