Lars von Trier
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 7 films |
| Récompenses | 4 nominations et 3 victoires |
Biographie
Lars von Trier est né le 30 avril 1956 à Copenhague, au Danemark. Son nom complet, dans sa langue natale, est Lars Trier, le « von » ayant été ajouté durant ses études de cinéma… un clin d'œil ironique au monde aristocratique du 7e art, et peut-être déjà une provocation en germe. Réalisateur, scénariste et parfois acteur, Lars von Trier est une figure majeure — et controversée — du cinéma européen. Il fascine autant qu’il dérange, mais ne laisse jamais indifférent.
Des débuts précoces à l’école du choc visuel et psychologique
Lars von Trier étudie au National Film School of Denmark, où il commence à forger un style personnel, radical, où l’esthétique et l’angoisse sont indissociables. Dès ses premiers courts métrages, il adopte une vision noire et introspective du monde, souvent centrée sur la souffrance intérieure, la culpabilité ou la rédemption.
Son premier long-métrage, The Element of Crime (1984), affiche déjà cette patte unique : atmosphère poisseuse, narration éclatée, visuels hypnotiques. Le ton est donné. Avec Europa (1991), il pousse encore plus loin l’expérimentation formelle, dans un noir et blanc stylisé, presque cauchemardesque.
Lars von Trier n’est pas là pour plaire. Il est là pour bousculer, creuser, déranger.
Dogme 95 : une révolution du cinéma pensée comme une purification
En 1995, avec son compatriote Thomas Vinterberg, Lars von Trier lance le manifeste Dogme 95. Cette charte radicale impose une série de règles censées libérer le cinéma des artifices techniques : pas de musique ajoutée, pas d’éclairage artificiel, pas d’effets spéciaux, caméra à l’épaule… L’idée ? Revenir à une forme de cinéma vérité, brut, dépouillé, centré sur le jeu et la narration.
Si Lars von Trier ne respectera lui-même que partiellement ces règles (avec Les Idiots, 1998), le mouvement influence une génération entière de cinéastes, notamment en Europe. Et même si Dogme 95 s’essouffle rapidement, il reste un moment fondateur de la carrière de von Trier, une sorte de laboratoire d’idées où l’éthique rejoint l’esthétique.
Des films radicaux qui divisent autant qu’ils marquent
Lars von Trier se fait mondialement connaître en 1996 avec Breaking the Waves, une œuvre profondément tragique portée par Emily Watson, qui y livre une performance viscérale. Ce film, déjà, contient tout l’ADN du cinéaste : la foi, la souffrance, le martyre féminin, le regard moral ambigu et une narration qui flirte avec le sacré.
Il enchaîne avec Dancer in the Dark (2000), drame musical en apparence, mais d’une noirceur abyssale. Björk, qui tient le rôle principal, y incarne une ouvrière aveugle prête à se sacrifier pour son fils. Le film remporte la Palme d’or à Cannes, mais les tensions sur le tournage alimentent la légende d’un réalisateur difficile, tyrannique aux dires de certains.
On retrouve ces mêmes obsessions dans Dogville (2003) avec Nicole Kidman, ou Antichrist (2009), œuvre violente et mystique portée par Charlotte Gainsbourg et Willem Dafoe, qui divise profondément la critique.
Puis vient Melancholia (2011), son film peut-être le plus accessible, mais toujours empreint d'une immense mélancolie, littéralement. Il y évoque la dépression à travers une métaphore cosmique : la fin du monde comme état d’âme.
Un personnage controversé, entre provocations publiques et sincérités intimes
Lars von Trier n’est pas seulement un réalisateur exigeant. Il est aussi une figure hautement controversée, souvent à la limite du supportable dans ses déclarations. Lors du Festival de Cannes 2011, il provoque un tollé en affirmant, sur un ton maladroitement ironique, qu’il « comprend Hitler »… Il est aussitôt déclaré persona non grata par le festival. Une première.
Ces provocations, parfois involontaires, masquent cependant une part de fragilité bien réelle. Lars von Trier parle ouvertement de ses troubles anxieux, de sa dépression, de son alcoolisme ou de sa dépendance aux médicaments. Il tourne souvent dans des états psychiques extrêmes, ce qui nourrit à la fois sa légende et l’ambiguïté morale de ses œuvres.
Lars von Trier : un cinéma de la souffrance, du sublime et de la transgression
Il serait tentant de réduire Lars von Trier à un provocateur, mais ce serait passer à côté de l’essence de son œuvre. Son cinéma explore des zones de turbulence émotionnelle, avec une intensité que peu osent atteindre. Il met en scène des femmes martyrisées, non pour les humilier, mais pour révéler ce qu’il considère comme une forme de pureté dans la douleur, une vérité brute.
Ses films ne sont pas faciles à regarder, ni à aimer. Mais ils laissent rarement indifférent. Ils sont souvent vécus comme des expériences sensorielles et morales, où le spectateur est autant bousculé que fasciné.
Lars von Trier, en fin de compte, est à la fois le chirurgien et la plaie, le témoin et le coupable. Il signe un cinéma qui dérange, qui questionne, qui divise… et qui, justement pour toutes ces raisons, occupe une place à part dans l’histoire du 7e art.
Filmographie
7 sur 7 films