Lars Eidinger
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Détails
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| Filmographie | 6 films |
Biographie
Lars Eidinger, né le 21 janvier 1976 à Berlin, est un acteur allemand aussi reconnu sur les planches que sur les écrans, célèbre pour sa capacité à passer du théâtre classique aux rôles de cinéma les plus dérangeants… avec une facilité un peu déconcertante.
Figure incontournable de la scène culturelle germanique, Lars Eidinger s’est imposé comme l’un des acteurs les plus singuliers de sa génération, alternant sans complexe entre l’intellectuel, le provocateur, et parfois, les deux en même temps. Formé à la prestigieuse Ernst Busch Academy of Dramatic Arts, il intègre dès la fin des années 90 la troupe de la Schaubühne de Berlin, haut lieu du théâtre contemporain. C’est là qu’il se construit une réputation de comédien magnétique, imprévisible, capable de transformer un rôle classique en expérience presque rock’n’roll. Rien que ça.
Shakespeare et la folie douce de Lars Eidinger
C’est sans doute dans ses incarnations des grands rôles shakespeariens que Lars Eidinger impressionne le plus. Son Hamlet, mis en scène par Thomas Ostermeier, fait sensation en Allemagne comme à l’international. Ce n’est pas un prince danois élégant et torturé dans les règles de l’art, mais un Hamlet moderne, brut, grotesque, parfois même outrancier, mais toujours fascinant.
Lars Eidinger ne joue pas Hamlet, il l’habite, le déconstruit, le recrée à sa manière, entre tragédie et performance borderline. Il ose tout sur scène : il hurle, il pleure, il se contorsionne, il interagit avec le public… quitte à désarçonner les plus classiques. Une chose est sûre : on ne sort pas indemne d’un de ses spectacles.
Du cinéma d’auteur à la série internationale
Au cinéma, Lars Eidinger cultive le même goût du décalage. Il choisit souvent des rôles ambigus, des personnages troubles, dérangeants ou carrément antipathiques. Dans Alle Anderen de Maren Ade, il campe un homme à la masculinité fébrile, perdue dans les tensions d’un couple en crise. Dans Was bleibt, il est ce fils dévoré par les non-dits familiaux. Dans Personal Shopper d’Olivier Assayas, il joue avec les frontières du réel aux côtés de Kristen Stewart, ajoutant sa touche étrange à un thriller spectral.
Mais Lars Eidinger, c’est aussi l’inattendu. Il apparaît dans la série Babylon Berlin, où son personnage inquiétant et fanatisé colle parfaitement à l’ambiance crépusculaire de la République de Weimar. Il ose même s’aventurer dans le blockbuster avec un rôle dans White Noise ou Dumbo de Tim Burton. Comme quoi, même les films grand public ont parfois besoin d’un peu de trouble.
Une présence scénique... même en dehors de la scène
Impossible de dissocier Lars Eidinger de son goût pour la performance en dehors des cadres classiques. Il mixe parfois comme DJ sous le nom d’Autistic Disco, se produit dans des installations artistiques, et cultive une esthétique volontairement dérangeante sur les réseaux sociaux. Il poste des autoportraits, parfois nus, souvent grimés, jouant avec l’image publique qu’il déconstruit joyeusement.
Sa manière d’habiter l’espace public relève presque de l’art performatif. Il dérange, amuse, interroge, mais surtout, il ne laisse jamais indifférent. Une façon de rappeler que pour lui, être acteur, ce n’est pas juste jouer un rôle : c’est incarner un positionnement artistique, quitte à se mettre à nu, littéralement.
Lars Eidinger, un acteur qui ne rentre dans aucune case
Lars Eidinger incarne une génération d’acteurs européens qui refusent les étiquettes. Trop étrange pour n’être qu’un leading man, trop magnétique pour être cantonné au second rôle, il flotte quelque part entre l’art contemporain, le théâtre radical et le cinéma d’auteur. Il agace autant qu’il fascine, mais ne laisse jamais place à l’indifférence.
Avec sa voix grave, ses regards parfois glaçants, et cette capacité à embrasser pleinement l’inconfort, Lars Eidinger continue d’explorer des territoires que d’autres évitent. Il n’a pas peur d’être laid, dérangeant, ou ridicule. C’est peut-être pour ça qu’il touche aussi juste : parce qu’il ose là où d’autres hésitent.