Lance Henriksen
- Casting
Détails
| Autre nom | Lance James Henriksen |
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Nationalité |
| Filmographie | 24 films |
Biographie
Né le 5 mai 1940 à Manhattan, New York (États-Unis), Lance Henriksen est un acteur américain dont la carrière s’est construite loin des projecteurs tapageurs d’Hollywood, mais au cœur d’un cinéma dur, viscéral, et souvent étrange. Avec ses traits marqués, sa voix rocailleuse et son regard intense, Lance Henriksen s’est imposé comme l’un des visages les plus emblématiques du cinéma de science-fiction, d’horreur et de thriller, tout en apportant une gravité humaine à des rôles parfois inhumains.
Un parcours atypique, entre galères et renaissance artistique
Avant de devenir acteur, Lance Henriksen vit une jeunesse chaotique. Fils d’une femme au foyer et d’un marin norvégien absent, il quitte l’école très tôt et enchaîne les petits boulots : menuisier, peintre, mécanicien… Il apprend à lire à l’âge adulte, par nécessité, pour lire ses premiers scripts. Autant dire que sa trajectoire est tout sauf classique, et c’est peut-être cette dureté de vie qui donne à son jeu cette sincérité brute.
Il se forme finalement à l'Actors Studio, et débute dans les années 70 au cinéma, dans des rôles secondaires, souvent dans des drames ou films policiers. Mais c’est dans les genres plus sombres et stylisés qu’il trouve son territoire.
Aliens, Terminator, Near Dark : l’âge d’or avec James Cameron et le cinéma de genre
Le tournant décisif arrive avec James Cameron, qui lui offre un petit rôle dans The Terminator (1984), puis un rôle iconique dans Aliens (1986) : celui de Bishop, l’androïde calme et serviable au cœur tendre... mais dans un univers où les machines suscitent la méfiance.
Contrairement à son prédécesseur Ash dans Alien, Bishop incarne un androïde éthique, presque émouvant. Lance Henriksen lui donne une dimension inattendue : fragilité, retenue, loyauté. Il deviendra l’un des personnages favoris des fans de la saga, qu’il retrouvera dans Alien³ (1992) et Alien vs. Predator (2004), même brièvement.
Entre-temps, il livre une prestation inoubliable dans Near Dark (1987), western vampirique de Kathryn Bigelow. Son personnage, Jesse Hooker, est à mi-chemin entre le cow-boy mythologique et le vampire psychopathe. Une composition glaçante, marquée par un mélange de sauvagerie et de noblesse déchue.
Un acteur de genre fidèle, prolifique, et respecté
Dans les décennies suivantes, Lance Henriksen devient une figure incontournable du cinéma de genre. Il apparaît dans une multitude de films fantastiques, horrifiques ou dystopiques, parfois brillants, parfois très série B, mais toujours avec le même engagement, même pour des films au budget minuscule. Parmi ses apparitions marquantes : Pumpkinhead, Stone Cold, The Quick and the Dead, Scream 3 ou Hard Target.
Son style repose sur une intensité intérieure, une présence physique sèche mais expressive, et une capacité à inspirer à la fois la peur, la tristesse et le respect. Il incarne souvent des marginaux, des survivants, des êtres blessés, et parfois, des machines, mais jamais sans âme.
Il prête aussi sa voix à des jeux vidéo (Mass Effect, Detroit: Become Human) et à des séries animées, où son timbre rocailleux devient un outil d’interprétation redoutable.
Millennium : la télévision à l’image de son cinéma
Entre 1996 et 1999, il tient le rôle principal de la série Millennium, produite par Chris Carter (The X-Files). Il y incarne Frank Black, ancien profiler du FBI capable de "voir dans la tête" des tueurs. Une série noire, cérébrale, et profondément pessimiste, à l’image du style Henriksen. Bien qu’elle n’ait pas connu le même succès que The X-Files, elle est devenue culte pour les amateurs d’univers sombres et psychologiques. La performance d’Henriksen y est unanimement saluée pour sa profondeur mélancolique et son intensité silencieuse.
Lance Henriksen : une gueule, un style, une éthique
Ce qui rend Lance Henriksen unique, ce n’est pas seulement son jeu, c’est sa constance artistique. Il n’a jamais cherché la gloire hollywoodienne, mais a toujours été fidèle à des projets où l’atmosphère, le personnage et le défi priment sur le prestige. Il accepte des rôles dans de petits films indépendants, des productions internationales, ou des séries obscures... tant qu’il y trouve une résonance humaine ou esthétique.
En parallèle, il est aussi sculpteur et céramiste, passion qu’il poursuit avec autant de rigueur que son métier d’acteur. Et il publie en 2011 une autobiographie sobrement intitulée Not Bad for a Human, qui résume bien l’esprit du personnage : humble, lucide, profondément humain.
Un monument discret du cinéma de genre
Lance Henriksen est ce que le cinéma appelle une "gueule" : une figure qu’on n’oublie pas, même après une seule scène. Il n’a jamais été une star au sens marketing du terme, mais il est devenu un symbole durable d’un certain cinéma sombre, exigeant, marginal, mais profondément ancré dans les émotions humaines.
Il est l’un de ces rares acteurs dont la simple présence suffit à créer une atmosphère, à suggérer un passé lourd, une tension sous-jacente, ou une solitude bien réelle.