Kōji Yakusho
- Casting
- Production
Détails
| Autres noms | 役所広司 Kōji Hashimoto |
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| Âge |
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Nationalité |
| Filmographie | 11 films |
| Récompense | 1 nomination et 1 victoire |
Biographie
Kōji Yakusho (役所広司), de son vrai nom Kōji Hashimoto, est né le 1er janvier 1956 à Isahaya, dans la préfecture de Nagasaki, au Japon. Issu d’un milieu modeste, il travaille un temps dans l’administration avant de bifurquer vers le théâtre.
Une reconversion tardive mais déterminante : il entre au Mumeijuku, célèbre école de comédiens fondée par Tatsuya Nakadai, et se révèle rapidement comme un acteur habité, précis, capable de faire passer une émotion sans un mot.
Aujourd’hui, Kōji Yakusho est considéré comme l’un des piliers du cinéma japonais contemporain. Un visage familier du grand écran, autant pour les cinéphiles nippons que pour les spectateurs internationaux, qu’il touche par sa retenue élégante et sa manière unique de rendre les personnages les plus ordinaires… bouleversants.
Premiers rôles et reconnaissance au Japon
La carrière de Kōji Yakusho démarre dans les années 1980 à la télévision, où il se fait connaître avec la série historique Tokugawa Ieyasu. Mais c’est avec des films comme Tampopo (1985) de Jûzô Itami ou Shall We Dance? (1996) de Masayuki Suo qu’il gagne une reconnaissance nationale.
Dans Shall We Dance?, il campe un salaryman introverti qui découvre la danse de salon, dans un rôle tout en nuance. Le film est un énorme succès au Japon, et sa version américaine (avec Richard Gere) en 2004 n’aura pas la même saveur. Preuve que ce que Kōji Yakusho apporte à l’écran est inimitable : une forme de sincérité, discrète mais vibrante.
Le virage cinéphile avec Kiyoshi Kurosawa et Shohei Imamura
Dans la seconde moitié des années 1990, Yakusho entame une série de collaborations avec Kiyoshi Kurosawa, maître du fantastique psychologique japonais. Il brille dans Cure (1997), puis dans Charisma (1999) et Pulse (2001), où il explore les frontières entre réalité, folie et spiritualité. Un acteur caméléon, toujours au service du mystère.
Parallèlement, il reçoit en 1997 le Prix d'interprétation masculine à Cannes pour L’Anguille de Shohei Imamura, Palme d’or cette année-là. Une consécration internationale qui l’installe comme ambassadeur du cinéma japonais de qualité, exigeant mais accessible.
Une carrière internationale, mais toujours fidèle au Japon
Contrairement à certains de ses contemporains, Kōji Yakusho ne s’expatrie pas. Il accepte toutefois des rôles dans des films internationaux comme Memoirs of a Geisha (2005) ou Babel (2006), mais il reste d’abord un acteur japonais au service de récits japonais. Il joue un samouraï digne dans 13 Assassins (2010) de Takashi Miike, un avocat dans The Third Murder (2017) de Hirokazu Kore-eda, un ex-yakuza à la dérive dans Under the Open Sky (2020)… à chaque fois, il donne chair à des personnages ambigus, souvent sur le fil, rarement manichéens.
Il collabore aussi avec des réalisateurs européens, comme Wim Wenders, qui le choisit pour Perfect Days (2023), un film contemplatif où il incarne un agent d’entretien de toilettes publiques à Tokyo. Le film est acclamé à Cannes, et Kōji Yakusho remporte le Prix d’interprétation masculine pour ce rôle minimaliste, mais immensément touchant. Une performance qui résume bien son style : l’art de faire exister un personnage dans le silence, le geste, la répétition du quotidien.
Un acteur du détail, du silence, de l'humanité
Kōji Yakusho n’est pas un acteur démonstratif. Il ne joue pas pour séduire ni pour briller, mais pour faire ressentir. Son jeu repose sur des micros-mouvements, des silences tendus, une intériorité qui passe par le regard ou la posture. On pourrait croire qu’il ne fait rien… jusqu’à ce que tout bascule.
Il donne souvent l’impression d’être un homme "normal", un monsieur tout-le-monde. Mais il parvient à en faire un miroir de l’âme japonaise contemporaine : tiraillée entre tradition et modernité, entre devoir et désir, entre présence et absence.
Kōji Yakusho : une carrière rare et une voix singulière du cinéma japonais
À presque 70 ans, Kōji Yakusho continue de tourner, d’explorer, de surprendre. Il reste fidèle à ses origines, à ses choix, à sa manière de faire du cinéma un lieu d’observation du monde. Pas de scandale, pas de marketing tapageur, pas de personnage fabriqué : juste un homme, un acteur, un artisan du vrai.
Il est de ceux qui laissent une empreinte discrète mais profonde, et dont la filmographie, aussi éclectique que cohérente, raconte mieux que mille discours ce qu’est un grand comédien.
Kōji Yakusho, c’est un regard qui ne lâche pas, une présence qui apaise, une voix que l’on écoute même quand elle ne parle pas. Une figure majeure du cinéma japonais, à voir et à revoir, avec lenteur et attention.
Filmographie
11 sur 11 films