Kirin Kiki

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Détails

Autre nom 樹木 希林
Âge
Nationalité
Filmographie 6 films

Biographie

Kirin Kiki, née le 15 janvier 1943 à Tokyo, reste l’une des figures les plus marquantes du cinéma et de la télévision japonaise. Connue pour ses rôles de vieilles dames excentriques, sages, désabusées ou tendres, elle a su, tout au long de sa carrière, incarner des personnages profondément humains, souvent en marge, mais toujours au cœur du récit. Actrice atypique, à la fois touchante et déroutante, Kirin Kiki a marqué l’histoire du septième art japonais par une présence unique, à la fois familière et insaisissable.

Formée dans les années 1960 au sein de la troupe de théâtre Bungakuza, elle débute sa carrière sous le nom de Keiko Uchida, avant d’adopter le pseudonyme Kirin Kiki dans les années 70, avec une ironie toute personnelle. Ce nom étrange, presque comique, devient vite synonyme de talent brut, d’anticonformisme et de naturel désarmant. Refusant les canons traditionnels de la beauté ou de la féminité idéalisée, elle s’impose dans un paysage artistique souvent normatif, en jouant des rôles que peu auraient osé assumer.

Une actrice de télévision devenue muse du cinéma d’auteur

Dans les années 1970 et 1980, Kirin Kiki devient une figure incontournable de la télévision japonaise, notamment grâce à des drames familiaux où elle incarne des personnages aussi drôles qu’émouvants. Sa capacité à faire basculer une scène du comique au tragique en une seule réplique, sans jamais surjouer, lui vaut l’amour du public. Mais c’est surtout à partir des années 2000 qu’elle trouve sa place dans le cinéma d’auteur, notamment en collaborant avec certains des plus grands réalisateurs japonais contemporains.

Parmi eux, Hirokazu Kore-eda, qui fera d’elle une véritable muse. Leur collaboration commence avec Still Walking (Aruitemo aruitemo, 2008), où Kirin Kiki incarne une mère vieillissante au sein d’une famille dysfonctionnelle. Le rôle est d’une justesse rare : elle y est tour à tour agaçante, lucide, drôle, profondément humaine. Ce type de personnage deviendra sa signature dans plusieurs autres films de Kore-eda, notamment Tel père, tel fils (Soshite chichi ni naru, 2013), Notre petite sœur (Umimachi Diary, 2015), et surtout Une affaire de famille (Manbiki Kazoku, 2018), Palme d’or à Cannes.

Dans chacun de ces films, Kirin Kiki est à la fois le socle et le révélateur : elle ne cherche pas à dominer la scène, mais elle la transforme par sa seule présence. Elle incarne des femmes du quotidien, ni héroïques ni spectaculaires, mais qui résistent, à leur manière, aux épreuves de la vie. Ce sont des grands-mères pauvres, des mères endeuillées, des veuves cyniques, des femmes en retrait... et pourtant, elles captivent.

Une vie discrète, marquée par la résilience

La trajectoire personnelle de Kirin Kiki est à l’image de ses rôles : pleine de fêlures, mais sans pathos. Mariée au rockeur Yuya Uchida, leur relation fut tumultueuse, marquée par des séparations et des retrouvailles, mais jamais totalement rompue. Leur fille, Yayako Uchida, est également active dans le monde artistique.

En 2004, Kirin Kiki est diagnostiquée d’un cancer. Elle affronte la maladie avec un mélange de lucidité, de détachement et d’humour noir très personnel. Elle refuse parfois les traitements les plus lourds, continue de travailler, et n’hésite pas à parler publiquement de son état de santé sans chercher la pitié. Jusqu’à ses derniers jours, elle continue de jouer, avec une intensité tranquille qui fait d’autant plus écho à ses rôles.

Elle s’éteint le 15 septembre 2018 à Tokyo, à l’âge de 75 ans, laissant derrière elle une œuvre dense, profondément ancrée dans le réel. Sa disparition a été largement saluée au Japon, comme à l’international, et ressentie comme celle d’une voix à la fois singulière et universelle.

Kirin Kiki, une actrice en marge devenue essentielle

Ce qui fait de Kirin Kiki une actrice inoubliable, ce n’est pas un rôle en particulier, mais une manière d’être : une honnêteté désarmante, une humilité rayonnante, une manière de ne jamais jouer un personnage mais de l’habiter totalement. Elle ne cherchait pas la performance, encore moins la reconnaissance. Et pourtant, elle a conquis critique, public et cinéastes avec une régularité tranquille, presque à contre-courant du système.

Aujourd’hui, son nom reste associé à un cinéma japonais sensible et profondément humain, celui qui parle de la vieillesse, de la transmission, des silences et des choses qu’on ne dit pas. Une manière de raconter la vie en creux, sans emphase, mais avec une justesse infinie. Une leçon de jeu… et peut-être aussi, une leçon de vie.

Filmographie

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