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Film Index

Kim Ki-duk

Casting Réalisation Montage Production Écriture

Nationalité
 Corée du Sud
Naissance
20 décembre 1960
Mort
11 décembre 2020
Âge
59 ans
Autre nom
김기덕
Filmographie
5 films

Biographie

Kim Ki-duk, né le 20 décembre 1960 à Bonghwa, en Corée du Sud, et décédé le 11 décembre 2020 à Riga (Lettonie), est un réalisateur, scénariste et producteur sud-coréen qui a profondément marqué le cinéma d’auteur international.

Récompensé dans les plus grands festivals (Venise, Cannes, Berlin), Kim Ki-duk a été à la fois acclamé pour la singularité de son regard et critiqué pour la violence de ses récits, un mélange d’ascétisme, de cruauté, de silence et de lyrisme qui divise autant qu’il fascine.

Autodidacte, marginal, solitaire, il a bâti une œuvre à part dans le cinéma coréen, en rupture avec les conventions narratives, techniques ou commerciales. Et même si la fin de sa carrière a été entachée de polémiques graves, son influence sur le cinéma coréen contemporain reste indéniable.

Une trajectoire hors des circuits classiques

Le parcours de Kim Ki-duk est peu commun. Issu d’un milieu rural et pauvre, il abandonne l’école jeune, travaille dans une usine, puis s’engage dans la marine. Ce n’est que plus tard, après avoir étudié les beaux-arts à Paris, qu’il commence à écrire des scénarios. Il réalise son premier film, Crocodile, en 1996, sans formation académique, mais avec une vision radicale du cinéma.

Cette absence de formation classique se ressent dès ses premiers films : les dialogues sont rares, les personnages marginaux, la narration épurée, et la violence, souvent physique, parfois symbolique, est mise en scène de manière frontale, sans fioriture.

Rapidement, Kim Ki-duk devient une figure atypique du cinéma sud-coréen, refusant les codes commerciaux du moment, se plaçant en opposition au système, et ne travaillant qu’avec des équipes réduites, souvent dans des conditions précaires.

Un cinéma de l’ellipse, du silence et de la brutalité

Le style de Kim Ki-duk repose sur un équilibre instable entre beauté plastique et cruauté morale. Ses films sont peu bavards, souvent presque muets, mais portés par une mise en scène précise, minimaliste, où chaque geste, chaque regard, chaque silence compte. Il y explore des thèmes récurrents : la marginalité, la culpabilité, la répression du désir, le rapport entre spiritualité et violence, et surtout, la possibilité de rédemption.

Parmi ses œuvres les plus emblématiques, on retrouve :

  1. L’Île (Seom, 2000), où la violence devient une forme d’expression amoureuse, dans un huis clos lacustre aux allures de cauchemar.
  2. Printemps, été, automne, hiver… et printemps (2003), film plus accessible et contemplatif, qui suit le cycle d’un moine bouddhiste à travers les saisons, une méditation silencieuse sur le temps, le péché et la sagesse.
  3. Samaritan Girl (2004), qui explore la prostitution adolescente et les relations filiales, avec une tension croissante entre pureté et culpabilité.
  4. Pietà (2012), un drame dérangeant sur la maternité, la dette, et la violence sociale, récompensé par le Lion d’or à la Mostra de Venise.

Dans tous ces films, Kim Ki-duk travaille avec une intensité quasi mystique, parfois à la limite du supportable. Il aime montrer les corps, les blessures, les humiliations, mais aussi les silences salvateurs, les rédemptions fragiles et les gestes de pardon.

Une reconnaissance internationale plus que nationale

Fait notable : Kim Ki-duk a été plus reconnu à l’étranger qu’en Corée du Sud. Ses films, souvent mal accueillis par le public coréen pour leur radicalité, ont été plébiscités dans les festivals européens. Cannes, Berlin, Venise… il est l’un des rares réalisateurs coréens à avoir été récompensé dans les trois.

Il n’a cependant jamais vraiment été intégré dans le système du cinéma coréen commercial, dominé par des réalisateurs comme Bong Joon-ho ou Park Chan-wook. Il reste une figure marginale, indépendante, parfois volontairement isolée, tournée vers une forme de spiritualité douloureuse, presque ascétique.

Il réalise parfois plusieurs films par an, avec un budget réduit, des acteurs non professionnels, et une méthode de tournage très libre. Il incarne une forme de radicalité artistique, difficile à classer, parfois difficile à défendre, mais toujours singulière.

Une fin de carrière entachée de controverses

À partir de 2017, Kim Ki-duk est accusé par plusieurs femmes d’agressions sexuelles, de violences sur les plateaux de tournage, et de comportement abusif. Ces affaires suscitent un immense débat en Corée du Sud, dans le contexte du mouvement #MeToo. Si certaines procédures sont abandonnées faute de preuves suffisantes, le doute persiste, et son image publique est largement entachée.

À la suite de ces accusations, il s’exile en Europe de l’Est, notamment en Lettonie, où il meurt en décembre 2020 des suites de la Covid-19. Il travaillait encore sur de nouveaux projets à ce moment-là.

Ces dernières années, sa figure divise : d’un côté, le réalisateur radical au style inimitable ; de l’autre, l’homme accusé d’avoir abusé de son pouvoir dans un univers où les frontières entre autorité artistique et abus réel sont parfois troubles. Nombreux sont ceux qui, tout en saluant l’importance de son œuvre, ne peuvent plus la séparer des faits reprochés.

Filmographie

  • Pieta
    Tout public

    Abandonné à sa naissance, Kang-do est un homme seul qui n’a ni famille, ni ami. Recouvreur de dettes sans pitié et sans compassion, il menace ou mutile les personnes endettées dans un quartier destiné à être rasé. Un jour, Kang-do reçoit la visite d’une femme qu’il ne connaît pas et qui lui dit être sa mère. Pour la première fois de sa vie, le doute s’installe en lui…

    2012 1h44 Réalisateur Monteur Scénariste

  • Arirang
    Tout public

    Arirang est une histoire dans laquelle Kim Ki-duk joue trois rôles. A travers Arirang, je franchis une colline de ma vie. À travers Arirang, j’essaie de comprendre l’Homme, je remercie la nature et j’accepte ma condition actuelle…

    2011 1h40 Self Réalisateur Producteur Scénariste

  • Souffle
    Tout public

    En découvrant l'infidélité de son mari, Yeon décide de rendre visite à un mystérieux prisonnier dont les tentatives de suicide répétées font la une des journaux télévisés. Chen est surpris du retour de Yeon, mais peu à peu, le prisonnier se confie à elle. Yeon avoue sa liaison à son mari, qui, rongé par la jalousie, la suit jusqu'à la prison et lui interdit de revoir Chen. Mais Yeon et Chen sont bien plus proches que son mari ne l'imagine…

    2007 1h24 Prison Warden Réalisateur Scénariste

  • Locataires
    Tout public

    Tae-suk arpente les rues à moto. Il laisse des prospectus sur les poignées de porte des maisons. Quand il revient quelques jours après, il sait ainsi lesquelles sont désertées. Il y pénètre alors, occupe ces lieux inhabités, sans jamais rien y voler. Il va même jusqu'à laver le linge, réparer les objets cassés qui l'entourent. Un jour, il s'installe dans une maison aisée où habite Sun-houa, une femme maltraitée par son mari. Dès qu'il découvre sa présence, il quitte les lieux. Pourtant, ne pouvant l'oublier, il revient sur ses pas pour l'emmener avec lui. Dès lors, d'appartements en villas, de demeures en maisons, le couple partage en silence la solitude qui les unit. Alors que tout le monde cherche à les séparer, un étrange lien aussi puissant qu'invisible semble les confondre.

    2004 1h30 Réalisateur Monteur Producteur Scénario

  • Printemps, été, automne, hiver... et printemps
    Tout public

    Loin des montagnes, un moine et son disciple vivent dans un temple-maison au milieu d'un lac. Par des méthodes rigoureuses, le moine libère le garçon de sa cruauté enfantine et lui enseigne le respect de la vie et de la nature. Le garçon devient un homme lorsqu'un jour une jeune femme rejoint le maître et le disciple, cherchant la paix intérieure. À son retour en ville, le jeune homme la suit, aveuglé par l'amour et le désir. Ignorant les avertissements de son maître, il fonce tête baissée vers sa perte.

    2003 1h43 Adult Monk Réalisateur Monteur Scénariste