Kim Ki-duk

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Détails

Autre nom 김기덕
Âge
Nationalité
Filmographie 4 films
Récompenses 2 nominations et 2 victoires

Biographie

Kim Ki-duk, né le 20 décembre 1960 à Bonghwa, en Corée du Sud, et décédé le 11 décembre 2020 à Riga (Lettonie), est un réalisateur, scénariste et producteur sud-coréen qui a profondément marqué le cinéma d’auteur international.

Récompensé dans les plus grands festivals (Venise, Cannes, Berlin), Kim Ki-duk a été à la fois acclamé pour la singularité de son regard et critiqué pour la violence de ses récits, un mélange d’ascétisme, de cruauté, de silence et de lyrisme qui divise autant qu’il fascine.

Autodidacte, marginal, solitaire, il a bâti une œuvre à part dans le cinéma coréen, en rupture avec les conventions narratives, techniques ou commerciales. Et même si la fin de sa carrière a été entachée de polémiques graves, son influence sur le cinéma coréen contemporain reste indéniable.

Une trajectoire hors des circuits classiques

Le parcours de Kim Ki-duk est peu commun. Issu d’un milieu rural et pauvre, il abandonne l’école jeune, travaille dans une usine, puis s’engage dans la marine. Ce n’est que plus tard, après avoir étudié les beaux-arts à Paris, qu’il commence à écrire des scénarios. Il réalise son premier film, Crocodile, en 1996, sans formation académique, mais avec une vision radicale du cinéma.

Cette absence de formation classique se ressent dès ses premiers films : les dialogues sont rares, les personnages marginaux, la narration épurée, et la violence, souvent physique, parfois symbolique, est mise en scène de manière frontale, sans fioriture.

Rapidement, Kim Ki-duk devient une figure atypique du cinéma sud-coréen, refusant les codes commerciaux du moment, se plaçant en opposition au système, et ne travaillant qu’avec des équipes réduites, souvent dans des conditions précaires.

Un cinéma de l’ellipse, du silence et de la brutalité

Le style de Kim Ki-duk repose sur un équilibre instable entre beauté plastique et cruauté morale. Ses films sont peu bavards, souvent presque muets, mais portés par une mise en scène précise, minimaliste, où chaque geste, chaque regard, chaque silence compte. Il y explore des thèmes récurrents : la marginalité, la culpabilité, la répression du désir, le rapport entre spiritualité et violence, et surtout, la possibilité de rédemption.

Parmi ses œuvres les plus emblématiques, on retrouve :

  1. L’Île (Seom, 2000), où la violence devient une forme d’expression amoureuse, dans un huis clos lacustre aux allures de cauchemar.
  2. Printemps, été, automne, hiver… et printemps (2003), film plus accessible et contemplatif, qui suit le cycle d’un moine bouddhiste à travers les saisons, une méditation silencieuse sur le temps, le péché et la sagesse.
  3. Samaritan Girl (2004), qui explore la prostitution adolescente et les relations filiales, avec une tension croissante entre pureté et culpabilité.
  4. Pietà (2012), un drame dérangeant sur la maternité, la dette, et la violence sociale, récompensé par le Lion d’or à la Mostra de Venise.

Dans tous ces films, Kim Ki-duk travaille avec une intensité quasi mystique, parfois à la limite du supportable. Il aime montrer les corps, les blessures, les humiliations, mais aussi les silences salvateurs, les rédemptions fragiles et les gestes de pardon.

Une reconnaissance internationale plus que nationale

Fait notable : Kim Ki-duk a été plus reconnu à l’étranger qu’en Corée du Sud. Ses films, souvent mal accueillis par le public coréen pour leur radicalité, ont été plébiscités dans les festivals européens. Cannes, Berlin, Venise… il est l’un des rares réalisateurs coréens à avoir été récompensé dans les trois.

Il n’a cependant jamais vraiment été intégré dans le système du cinéma coréen commercial, dominé par des réalisateurs comme Bong Joon-ho ou Park Chan-wook. Il reste une figure marginale, indépendante, parfois volontairement isolée, tournée vers une forme de spiritualité douloureuse, presque ascétique.

Il réalise parfois plusieurs films par an, avec un budget réduit, des acteurs non professionnels, et une méthode de tournage très libre. Il incarne une forme de radicalité artistique, difficile à classer, parfois difficile à défendre, mais toujours singulière.

Une fin de carrière entachée de controverses

À partir de 2017, Kim Ki-duk est accusé par plusieurs femmes d’agressions sexuelles, de violences sur les plateaux de tournage, et de comportement abusif. Ces affaires suscitent un immense débat en Corée du Sud, dans le contexte du mouvement #MeToo. Si certaines procédures sont abandonnées faute de preuves suffisantes, le doute persiste, et son image publique est largement entachée.

À la suite de ces accusations, il s’exile en Europe de l’Est, notamment en Lettonie, où il meurt en décembre 2020 des suites de la Covid-19. Il travaillait encore sur de nouveaux projets à ce moment-là.

Ces dernières années, sa figure divise : d’un côté, le réalisateur radical au style inimitable ; de l’autre, l’homme accusé d’avoir abusé de son pouvoir dans un univers où les frontières entre autorité artistique et abus réel sont parfois troubles. Nombreux sont ceux qui, tout en saluant l’importance de son œuvre, ne peuvent plus la séparer des faits reprochés.

Filmographie

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