Kim Jee-woon

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Détails

Autre nom 김지운
Âge
Nationalité
Filmographie 8 films

Biographie

Kim Jee-woon (김지운), né le 27 mai 1964 à Séoul, en Corée du Sud, est un réalisateur et scénariste sud-coréen dont le nom revient souvent lorsqu’on parle du renouveau du cinéma coréen des années 2000. Doté d’une filmographie aussi éclectique que maîtrisée, Kim Jee-woon a su s'imposer comme un véritable caméléon du cinéma, capable de passer du film d’horreur au western, du polar noir au blockbuster d’action, tout en gardant une signature visuelle puissante et une mise en scène toujours ciselée.

Un parcours débuté sur les planches avant d’embrasser le cinéma

Avant de passer derrière la caméra, Kim Jee-woon s’intéresse au théâtre, où il commence sa carrière en tant que metteur en scène. Cette sensibilité théâtrale, très perceptible dans son travail, lui permet de porter une attention particulière au jeu des acteurs, aux décors et à la direction dramatique. Il réalise son premier long-métrage en 1998 avec The Quiet Family, une comédie noire à l’humour très grinçant, qui annonce déjà sa volonté de bousculer les genres. Le film est un succès critique en Corée et attire l’attention grâce à son ton très particulier, mélange de burlesque, d’absurde et de macabre.

Une filmographie traversée par la maîtrise du ton et du cadre

Kim Jee-woon ne se contente pas d'explorer les genres : il les réinvente. En 2003, il réalise A Tale of Two Sisters, un film d’horreur psychologique inspiré d’un conte traditionnel coréen. Visuellement époustouflant, il joue sur les non-dits, les souvenirs flous et les atmosphères oppressantes. Le film s’exporte, devient culte et sera même (comme souvent hélas) adapté aux États-Unis.

Il enchaîne avec A Bittersweet Life (2005), chef-d’œuvre du film noir coréen, porté par Lee Byung-hun. Le long-métrage mêle esthétique ultra-soignée, violence sèche et mélancolie contenue. Il montre un cinéaste au sommet de sa forme, capable d’allier chorégraphie de l’action et élégance narrative. C’est aussi le début d’une collaboration fidèle avec Lee Byung-hun, qu’il retrouvera à plusieurs reprises.

Puis vient The Good, The Bad, The Weird (2008), western déjanté façon spaghetti revisité à la sauce asiatique. On y retrouve tous les ingrédients qui font le style Kim Jee-woon : plans amples, énergie folle, humour décalé et une jubilation évidente dans la mise en scène. Le film est un hommage évident à Sergio Leone, mais avec une touche bien personnelle.

Hollywood, parenthèse musclée mais sans lendemain

En 2013, Kim Jee-woon tente l’expérience hollywoodienne avec The Last Stand, un film d’action mené par Arnold Schwarzenegger. Loin d’être une catastrophe (contrairement à ce que certains ont voulu croire), le film témoigne surtout des contraintes d’un système hollywoodien qui bride un peu la liberté créative du cinéaste. Résultat : un divertissement efficace, avec quelques fulgurances de mise en scène, mais qui ne porte pas vraiment sa patte.

Ce détour par les États-Unis n’aura finalement pas de suite directe, mais il permet à Kim Jee-woon d'étendre son influence à l'international, et de revenir en Corée avec un nouveau regard.

Un retour en force avec des films plus sombres et plus politiques

Avec I Saw the Devil (2010), Kim Jee-woon livre l’un de ses films les plus radicaux. Ce thriller ultra-violent, où un agent secret traque le tueur en série de sa fiancée, plonge dans les abîmes de la vengeance et de la cruauté. Le film, aussi viscéral que moralement dérangeant, explore les zones grises entre bien et mal, et repousse les limites de ce que le public peut tolérer.

Il poursuit dans une veine plus sobre et historique avec The Age of Shadows (2016), un thriller d’espionnage produit par Warner Bros Korea, qui se déroule pendant l’occupation japonaise. Le film allie tension politique, intrigue complexe et esthétisme millimétré. Kim Jee-woon y retrouve sa maîtrise du rythme et des ambiances, tout en racontant une histoire profondément enracinée dans l’histoire coréenne.

Un cinéaste exigeant, à l’aise entre virtuosité formelle et violence stylisée

Le style de Kim Jee-woon repose sur une mise en scène léchée, souvent élégante même dans la brutalité, et une grande capacité à intégrer la violence dans une logique esthétique. Chez lui, les coups ne sont jamais gratuits : ils servent la narration, les émotions ou la psychologie des personnages. Il aime les contrastes — entre le calme et l’explosion, l’humour absurde et l’horreur brute, la beauté du cadre et la noirceur du propos.

Ce qui le rend unique dans le paysage du cinéma coréen (et mondial), c’est cette capacité à mêler le divertissement pur à une réflexion plus profonde sur les émotions humaines, la loyauté, la mémoire, ou la nature du mal.

Filmographie

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